Canada Goose : un dossier d'entrée en Bourse instructif

Canada Goose est bien engagé dans son processus d'introduction en Bourse. La marque canadienne de parka et doudounes haut de gamme, détenue à 70 % par Bain Capital depuis 2013, a en effet déposé ses dossiers de présentations auprès des Bourses de Toronto et New York dans l'objectif d'une double introduction sous le sigle GOOS.

Canada Goose veut se développer hors de l'hiver - Canada Goose

Là où les analystes tablaient sur une levée de 200 à 300 millions de dollars, la société n'évoque « que » 100 millions de dollars, sans toutefois définir ce montant comme un objectif définitif.

En revanche, la lecture des documents nommés Form F-1, déposés par Canada Goose Holdings, permet d'entrer dans le détail des chiffres de la marque, mais aussi de sa stratégie.

Ainsi, sur son dernier exercice complet, clos fin mars 2016, la marque a vu les Etats-Unis devenir son premier marché. En hausse de plus de 75 % par rapport à l'année précédente, le pays atteignait 103,4 millions de dollars canadiens, le Canada (+15 %) pesait 95,2 millions et le reste du monde 32,2 millions (+42 %). Le groupe explique que dans le monde, son e-commerce représente un total de 11,4 % de ses ventes sur son dernier exercice, avec des versions locales aux Etats-Unis, au Canada, en Angleterre et en France.

La marque connaît un nouveau bond de ses ventes sur l'exercice en cours, selon les chiffres annoncés. Sur les neuf premiers mois de son exercice, clos au 31 décembre, elle a vu ses ventes approcher les 353 millions de dollars canadiens, contre près de 249 millions à la même période un an plus tôt. Son résultat opérationnel est passé de 44 à plus de 60 millions de dollars. Et son résultat net s'est fixé à 45 millions contre moins de 36 millions un an plus tôt.

En termes de stratégie, la marque vise clairement un développement sur le marché américain. Elle explique notamment que sa notoriété est encore faible sur ce marché (16 % contre 76 % au Canada) et donc qu'elle a de fortes parts de marché à conquérir. Bien implantée dans le Northeast, elle compte séduire les réseaux multimarques dans les régions Mid-Atlantic, Midwest et Pacific Northwest.

Elle glisse aussi qu'elle entend développer son activité de vente directe aux consommateurs. Après avoir ouvert ses premiers magasins à Toronto et New York, l'entreprise annonce « avoir l'intention d'ouvrir d'autres points de vente dans les centres urbains majeurs et dans les destinations outdoor premium où nous pouvons nous installer en étant profitables ».

En Europe, la marque relève une belle dynamique en Grande-Bretagne et en France. « Nous avons finalisé une belle action de développement via nos partenaires retail, mais nous avons encore à développer pleinement le réseau multimarques et nous sommes uniquement dans la phase initiale de notre stratégie de shops in shop. Nous avons aussi identifié l'Allemagne, l'Italie et la Scandinavie comme des marchés à beau potentiel ». Hors d'Europe, la marque entend se développer au Japon et en Corée du Sud via de nouveaux distributeurs.

Au-delà du développement géographique, la marque annonce sa volonté de renforcer une présence tout au long de l'année. La marque veut apparaître comme un acteur crédible de la doudoune légère et des vêtement de pluie. Elle regarde aussi sur un potentiel de développement sur la maille, les polaires, mais aussi la chaussure et les accessoires de voyage.

Reste à voir si ces ambitions fortes séduiront les investisseurs des Bourses de Toronto et New York.

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