Casino va céder les murs de 55 magasins Monoprix

Paris (Reuters) - Le groupe de distribution Casino a annoncé lundi avoir signé une promesse de vente en vue de céder les murs de 55 magasins Monoprix pour un produit net de 565 millions d’euros, poursuivant son programme de cessions d’actifs destiné à réduire sa dette.


Monoprix

Le distributeur a précisé dans un communiqué que cette cession à un investisseur institutionnel engendrerait des loyers annuels totalisant 27 millions d’euros.

Attaqué par le fonds Muddy Waters à la fin 2015 pour manque de transparence et pile de dettes, Casino avait été contraint de céder ses très rentables actifs asiatiques en 2016 pour alléger son bilan. Mais à la fin 2017, la dette financière nette du groupe s’était à nouveau alourdie, totalisant 4,1 milliards d’euros, contre 3,37 milliards un an plus tôt.

A nouveau mis sous pression par le marché au printemps dernier face aux inquiétudes sur son endettement et celui de sa maison mère Rallye, Casino a lancé en juin un deuxième plan de cession d’actifs de 1,5 milliard d’euros avant d’être à nouveau dégradé par l’agence Standard & Poor’s.

Le groupe a réitéré ses objectifs financiers 2018 et réaffirmé prévoir une amélioration de son résultat opérationnel courant en France en 2019 à un rythme comparable à celui de2018, malgré les loyers des Monoprix qu’il aura désormais à verser.

Ces coûts supplémentaires seront absorbés par « la poursuite des bonnes performances opérationnelles et le déploiement progressif des nouveaux leviers de rentabilité », affirme Casino, qui cite sa nouvelle alliance aux achats avec Auchan et Metro, la « monétisation des données » recueillies par CDiscount ou le « développement externe accéléré » de sa filiale d’énergie GreenYellow.

« Pas une solution durable »

Les analystes de Raymond James, qui rappellent que la vente des actifs asiatiques n’a pas suffi à régler le problème de la dette, estiment que Casino doit faire mieux du point de vue de sa performance opérationnelle.

« Dans un marché français très concurrentiel, la possession des murs des magasins constitue un avantage compétitif (...) La vente d’actifs qui comptent parmi les mieux valorisés ne constitue pas une solution durable au problème de génération de trésorerie et de désendettement », estiment-ils dans une note. Si cette opération peut alléger à court terme la pression sur Casino, « il est préoccupant de voir le groupe céder ses actifs les plus valables », ajoutent-ils.

A la Bourse de Paris, le titre Casino gagne 0,66 % à 36,46 euros à 12h40, chutant de 27,9 % depuis le début de l’année, pour une capitalisation boursière d’un peu plus de 4 milliards d’euros.

Après s’être effondrée jusqu’à 25,37 euros à la fin du mois d’août, un plus bas depuis plus de 20 ans, la valeur a regagné du terrain en septembre, grâce notamment à l’annonce d’une ligne de crédit pour Rallye à l’approche d’une importante échéance de remboursement de dette.

Le titre Casino compte parmi les plus vendus à découvert de la Bourse de Paris. Selon les données de IHS Markit, au 25 septembre, 40,11 % du flottant du groupe faisait l’objet de ventes à découvert de la part de hedge funds.

Avec la vente de 15 % de Mercialys annoncée en juillet, la cession des murs annoncée ce lundi portera à 778 millions d’euros les cessions réalisées à ce jour.

Le produit de cession devrait être encaissé d’ici le 27 décembre au plus tard et Casino a également déclaré avoir reçu des offres indicatives concernant d’autres actifs, « qui pourraient se matérialiser d’ici la fin de l’année ».

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