Centres commerciaux : Procos dénonce une hausse injustifiée des loyers

Alors que l’érosion de la fréquentation menace de plus en plus d'enseignes physiques, les acteurs du commerce spécialisé pointent « l’absence de vraie réaction » de la part des centres commerciaux, alors que ces mêmes enseignes doivent faire face à un renchérissement des coûts d’exploitation.


Le centre commercial Les 4 Temps - Shutterstock

« Le smartphone et Internet modifient profondément les habitudes et les parcours d’achat et transforment l’acte de consommer, pointe la fédération du commerce spécialisé Procos dans une tribune adressée à la presse. Pourtant, toutes les études le montrent, les consommateurs de tous les âges souhaitent se rendre en magasin pour toucher les produits, tester, vivre des expériences, bénéficier de conseils personnalisés... (…) Les enseignes recherchent les meilleurs flux mais leurs décisions stratégiques dépendent de la rentabilité du rapport coûts/chiffres d’affaires, notamment en matière de coûts le loyer. C'est ce que l’on continue d’appeler le « taux d’effort ».

Respectivement délégué général et président de Procos, Emmanuel le Roch et François Feijoo rappellent que l’observatoire Procos/Stackr relève une chute annuelle de la fréquentation des centres commerciaux de 5 % en moyenne ces cinq dernières années. Ce qui n’aurait pas empêché les loyers de croître dans la plupart des complexes commerciaux, exception faite de ceux connaissant le plus de difficultés. Un contexte dans lequel Procos s’étonne de voir certaines foncières se féliciter encore de l’accroissement du taux d’effort supporté par leurs enseignes locataires. 

« Se sont-elles aperçues que mathématiquement, le taux d’effort augmente lorsque les chiffres d’affaires baissent ? Les vieux réflexes résistent, déplore l’organisme. La gestion financiarisée doit faire place à une approche commerciale et marketing, revenir à la seule raison d’être des centres : créer du flux, combiner merchandising et communication pour être attractifs. Deux obsessions devraient remplacer la valorisation financière : redynamiser les flux et adapter les coûts à la réalité de l’activité des magasins. Or, aujourd’hui, on parle de digital, d’applications mobiles, de réalité virtuelle, d’accès aux données clients des enseignes... mais quid d’actions profitables au business des commerçants ? »

Pour Procos, il convient par ailleurs de s'interroger sur les actions menées dans les centres qui trouvent leur source de financement dans les budgets marketing des enseignes. Tout en précisant que la solution ne peut être recherchée systématiquement dans les offres promotionnelles qui impactent les comptes d’exploitation. Est par ailleurs souligné le rôle nocif d’une relation centralisée par les bailleurs au détriment des liens noués entre les commerçants.

Un enjeu de taille à l’heure où 9 % du commerce de détail tricolore se passe en ligne. « Ce taux atteint 17 % en Grande-Bretagne, souligne Procos. C’est maintenant qu’il faut s’adapter. Plus tard, ce sera trop tard ! ». La fédération représente 300 enseignes générant 35 % du chiffre d’affaires du commerce spécialisé hors grandes surfaces, dont parmi elles Zara, H&M,Etam, Devred, Orchestra ou encore Lacoste. Un réseau qui génère 750 000 emplois et un chiffre d’affaires annuel de 95 milliards d’euros.

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