Centres-villes : la vacance progresse, mais n'est "pas une fatalité" pour Procos

Hors Île-de-France, le taux de vacances commercial moyen des centres-villes tricolores a l’an passé atteint 11,1 %, contre 9,5 % en 2015 et 7,2 % en 2012. Un constat préoccupant « mais pas une fatalité », pour la fédération du commerce spécialisé Procos, qui appelle à placer les élus et professionnels au cœur des futures mesures gouvernementales destinées à redynamiser les cœurs de ville.

Une journée « ville morte » à Montélimar en 2016 pour alerter sur la désertification du centre-ville - AFP

L’organisme s’inquiétait l’an passé de voir la moitié des villes françaises passer le cap symbolique des 10 % de vacance commerciale dans leur centre. Désormais, ce sont 62 % des villes tricolores qui seraient concernées, contre seulement une ville sur dix au début des années 2000.

Procos indique par ailleurs que, depuis 2013, le chiffre d’affaires des commerces de centres-villes a chuté de 1,18 %. Sur la même période, les loyers ont eux progressé de 1,16 %. « Il s’opère ainsi un transfert de la valeur du commerce vers l’immobilier », pointe sobrement Procos. « A ce phénomène s’ajoute celui de l’accroissement de la fiscalité sur les petites surfaces qui amplifie cet écart. »

Procos

Sans surprise, c’est toujours dans les villes de moins de 200 000 habitants que la plus forte vacance est observée, avec 12,2 % l’an passé, en hausse moyenne de 2,71 % par rapport à 2015. Le taux est de 11,6 % pour les villes comptant de 200 à 500 000 habitants, en progression moyenne de 1,92 %. Les municipalités de plus de 500 000 habitants affichent, elles, un taux de vacance plus réduit de 8,7 % dans leur centre-ville, se renforçant de 1,5 % en moyenne ces deux dernières années.

Mais Procos rompt avec ses habitudes pour ce point annuel sur la vacance commerciale. Notamment parce que les chiffres publiés par le passé ont été utilisés par certains acteurs pour stigmatiser la vente en ligne, le commerce de périphérie et autres. Une logique d’opposition dans laquelle ne veut pas s’inscrire Procos, souhaitant désormais se focaliser sur les évolutions positives, tant sur le plan commercial que socio-démographique et économique.

Procos

« Tout a été cristallisé sur le centre-ville, nous confiait récemment son délégué général, Emmanuel Le Roch. Cependant, nous ne pensons pas que c’est par la réintégration du commerce de périphérie que nous aiderons les centres-villes. Il y a encore un travail à faire sur la logique de commerce de proximité : en alimentaire, les achats récurrents fonctionnent et les gros opérateurs ont ainsi repris place depuis des années dans les cœurs de ville. Il faut aussi comprendre que les choses ne peuvent se faire au niveau national. Dans les métropoles, il faut moderniser, faire de la densité, restructurer. Dans les villes moyennes, il faut inventer de nouveaux modes d’activité, réintégrer des flux autres. Les problématiques sont autres. »

Procos se veut ainsi optimiste, dans ce dernier rapport, pointant que les solutions à la vacance commerciale existe et que les bonnes pratiques se diffusent. Tout en précisant que leur réussite reste conditionnée à l’instauration d’une politique volontariste et globale de la part des collectivités. Parmi les motifs d’optimisme, la fédération pointe la croissance démographique dans les plus grandes des villes moyennes, là où c’est souvent la demande qui fait défaut à l’activité commerciale.

Pour mettre en valeur les actions positives pour les centres-villes, Procos salue le travail entamé dans huit villes françaises - Procos

Et si Procos salue les mesures annoncées dans le cadre du « Plan Mézard », l’organisme pointe qu’elles ne sont que la première étape du travail à mener. Notamment parce qu’elles vont « concerner un nombre réduit de villes sur plusieurs phases de 2018 à 2021 ». Mais également parce que « les acteurs du commerce physique doivent se transformer » face à l’évolution des pratiques de consommation et qu’il est nécessaire d’inventer « un mode de management public-privé multidimensionnel », pour définir une feuille de route partagée.

« Le commerce, s’il est essentiel à l'animation des centres-villes, n'est qu'une des composantes de l'attractivité de ceux-ci. Cependant directement lié au marché, c’est-à-dire aux consommateurs, il est un des symptômes de la santé des territoires, conclut Procos. Ainsi, le commerce ne peut être considéré comme l’unique levier sur lequel appuyer une politique de dynamisation d’un cœur de ville. »

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