Chanel part en croisade contre deux sites de luxe d’occasion américains

Chanel déterre la hache de guerre contre les sites de luxe de seconde main. Coup sur coup, en l’espace de quelques mois, la maison de mode française a intenté une action en justice devant un tribunal fédéral de New York à l’encontre de deux plateformes américaines spécialisées sur le marché de l’occasion haut de gamme, What Goes Around Comes Around et The RealReal, pour « publicité mensongère et contrefaçon ».


Une série de sacs Chanel proposés par The Real Real - therealreal.com

Le premier est l’extension d’une célèbre boutique new-yorkaise, fondée en 1993, réputée pour la revente d'articles de luxe de seconde main. Le deuxième est l’un des sites les plus populaires dans ce domaine. Dans un cas comme dans l’autre, Chanel dénonce le manque de transparence de la part des deux sites, les accusant notamment d’avoir vendu de faux sacs Chanel en affirmant qu’ils étaient authentiques. La marque leur reproche d’induire les clients en erreur, en leur faisant croire que ces produits seraient commercialisés avec, d’une certaine manière, l’accord de la griffe.

« What Goes Around Comes Around et The RealReal ne sont ni des distributeurs agréés, ni des revendeurs de produits Chanel et ont tout mis en œuvre pour donner l’impression sur le marché de s’associer à notre marque et de pouvoir authentifier de véritables produits Chanel », met en avant la maison parisienne dans un communiqué.

« Lorsque ces détaillants laissent croire à leurs clients que leurs soi-disant experts authentifient les produits réels de la marque, ils les trompent. Nous avons trouvé plusieurs sacs contrefaits sur TheRealReal », fustige Chanel, en rappelant que seule la maison dispose de la formation et des connaissances nécessaires pour authentifier les produits Chanel, tout en recommandant aux consommateurs de se fournir auprès des points de vente autorisés.

Selon le site américain thefashionlaw.com, Chanel a découvert que The RealReal avait vendu « au moins sept sacs » contrefaits. Elle conteste en particulier l’affirmation selon laquelle le site emploierait des experts dûment formés pour authentifier ses produits et souhaite que le portail indique très clairement que ses produits ne sont pas authentifiés par la maison.

Compte tenu de certaines sommes astronomiques dépensées par les consommateurs pour s’emparer d’un produit griffé, y compris de seconde main, on comprend que les maisons puissent s’inquiéter. Chanel, qui est l’un des noms les plus prisés de ces sites de luxe d’occasion, n’apprécie pas forcément que ses produits aillent enrichir la concurrence.

De fait, ces portails spécialisés se sont recentrés sur les griffes de luxe ces dernières années, bien plus attrayantes et rentables. Comme en témoigne le directeur du magasin new-yorkais What Goes Around Comes Around dans un reportage paru dans Grazia, qui confirme que « le cœur de notre chiffre repose sur trois marques : Chanel, Louis Vuitton et Hermès ».

Face à un tel potentiel, certaines maisons sont en train d’adopter une stratégie inverse à celle de Chanel, en misant sur un éventuel rapprochement. A l’instar de Kering. « Sur la seconde main, nous travaillons en particulier avec The RealReal, en premier lieu avec Saint Laurent », expliquait ainsi spontanément en février dernier le PDG de Kering, François-Henri Pinault, à l’occasion de la présentation des résultats 2017. « Nous sommes en train de tester des choses », précisait alors le dirigeant.

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