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23 févr. 2022
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Chez Louis Vuitton, Bruno Le Maire et Bernard Arnault s'accordent sur l'industrialisation de la France

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23 févr. 2022

Ce mardi, les préoccupations étaient tournées vers l'Est de l'Europe. Et en pleine inauguration de nouveaux ateliers Louis Vuitton dans le Loir-et-Cher, Bruno Le Maire a logiquement réagi, en tant que ministre de l'Economie et des Finances français, aux déclarations de Vladimir Poutine, qui selon ses propos "a fait le choix de l'escalade", dans le cadre des fortes tensions dans le dossier géopolitique ukrainien.


Lors de la présentation du site d'Azé à proximité de Vendôme, le 22 février 2022 - FNW



Pourtant, la thématique du jour devait être tout autre pour le ministre. Venu découvrir les sites d'Azé et de Vendôme où Louis Vuitton produit notamment ses sacs en peaux exotiques, Bruno Le Maire comptait, en compagnie du PDG de LVMH, Bernard Arnault, valoriser les capacités productives hexagonales. Les deux sites devant à terme employer 500 personnes.

"Il faut suivre l'exemple du luxe", a lancé le ministre, qui avait préalablement rappelé que Louis Vuitton est la première marque française et que le groupe LVMH est la première capitalisation boursière d'Europe. "C'est 24 milliards de balance commerciale positive, dans un pays qui fait 80 milliards de déficit commercial. LVMH est un modèle de création de valeur, de création d'emploi et d'exportation de cette valeur et de la culture française. La France a été désindustrialisée de manière scandaleuse et stupide. Nous arriverons à retrouver un excédent commercial en exportant la valeur France".

Les propos de Bruno Le Maire, qui a demandé devant un auditoire d'élus, de dirigeants et de salariés en blouse crème de Louis Vuitton à être "pardonné pour faire un peu de politique", mettaient en valeur le géant du luxe, qui a réalisé cette année un chiffre d'affaires de 64,2 milliards d'euros, et son PDG, notamment en glissant "Nous avons vu ici des salariés avoir une fierté à défendre cette excellence française. Je remercie LVMH et Bernard Arnault de leur engagement au service de l'excellence française". On notera toutefois que la luxe et la mode, malgré l'excellence décrite ce 22 février, ne font pas partie des cinq secteurs critiques (la santé, l’agroalimentaire, l’électronique, les intrants essentiels de l’industrie et la 5G) qui bénéficient de l'enveloppe de 850 millions d'euros du plan (Re)localisation.

Le PDG de LVMH, accompagné de Michael Burke, patron de Louis Vuitton, mais aussi pour l'occasion de son fils Frédéric, directeur général de Tag Heuer, "venu s'instruire sur la maroquinerie", ne lui en a pas tenu rigueur et a détaillé son approche quant aux 18 et bientôt 20 ateliers répartis en France. "Avec LVMH nous continuons de nous fixer des objectifs avec le développement de l'emploi et la sauvegarde des savoir-faire, a-t-il précisé. La valeur de nos produits se joue dans cette alchimie entre la matière noble et la main de nos artisans. On ne devient pas maroquinier en un jour. Ce sont des compétences rares, c'est pourquoi nous investissons et continuerons d'investir dans la formation.(...) Le cours de bourse est une conséquence. Le profit est une conséquence. C'est ce qui arrive lorsque l'on travaille bien".


Bernard Arnault, PDG de LVMH et Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances - FNW



A quelques semaines du premier tour de l'élection présidentielle dans l'Hexagone, le ministre de l'Economie et des Finances a pour sa part livré quelques perspectives qui pouvaient résonner comme des propositions.

"Au cours des trente dernières années nous avons perdu du terrain en matière industrielle. Nous voulons regagner ce terrain. Cela suppose d'avoir des conditions favorables à la reconquête industrielle. Condition d'abord en matière de formation. C'est un enjeu majeur qui implique la valorisation du savoir-faire manuel, a avancé le ministre dans une démonstration en trois points. Il faut aussi offrir un cadre de compétitivité qui soit le meilleur en Europe. Nous avons commencé. Nous avons réduit les impôts de production de 10 milliards d'euros, nous avons baissé l'impôt sur les entreprises de 33,3% à 25%. Nous sommes favorables à baisser la part des impôts de production en France que ce soit la CVAE, la C3S pour un montant compris entre 10 et 15 milliards d'euros. Cela nous parait raisonnable au niveau des finances publiques et cela va améliorer encore l'attractivité du territoire français et la compétitivité de notre industrie. Le troisième point: l'innovation. Nous devons investir dans l'innovation, la recherche, les technologies de rupture si nous voulons réussir notre réindustrialisation. Notre objectif est de ramener la part de l'industrie dans la richesse nationale de 12 - 13% aujourd'hui à 20% dans les prochaines années".


Bernard Arnault - FNW



Un discours apprécié par Bernard Arnault qui a pour sa part avancé que "Vuitton est une réussite industrielle française exemplaire. Grâce aux textes français qui s'améliorent régulièrement, en particulier à la suite des efforts du gouvernement et du Ministre des Finances, nous trouvons un environnement propice au développement de nouveaux ateliers et on constate que la France est devenu le pays en Europe qui attire le plus les investisseurs étrangers. La France est un pays de plus en plus solide économiquement, et l'avenir de la France est lié à l'industrie en lien avec les services et les nouvelles technologies, qui sont très utilisés par le groupe".
 

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