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Chic : le rendez-vous chinois de l’habillement poursuit sa mue

Publié le
today 7 mars 2019
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Du 12 au 14 mars, le salon chinois de l’habillement se tiendra au Shanghai National Convention and Exhibition Center, réunissant 1 365 exposants venant de 16 pays. Quelque 100 000 visiteurs y sont attendus, en marge du salon Intertextile. Organisé par la China National Garment Association (CNGA), Chic met en place sur cette édition de nouveaux outils pour les visiteurs étrangers, et indique se pencher notamment sur les attentes des jeunes consommateurs. Car la manifestation, en 25 ans d’existence, s’est transformée pour s’adapter aussi bien à l’évolution du marché chinois qu’à la mutation des modes de consommation.


Chic Shanghai


Chic fut longtemps pour les Occidentaux le rendez-vous clef pour rencontrer les fabricants chinois d’habillement. Depuis, les hausses locales de salaires ont poussé ces mêmes industriels à monter leurs productions en gamme, ainsi qu’à déployer leurs marques propres et marques blanches, afin de répondre à la consommation d’habillement grandissante dans l’empire du Milieu.

Un phénomène appuyé par l’émergence des millennials chinois qui, s’ils conservent l’attrait de leurs aînés pour les créations occidentales, sont également en demande d’originalité "made in China". Une transfiguration du marché chinois de l’habillement donc, qui a amené Chic à être désormais très largement tourné vers les consommateurs chinois, tout en demeurant une porte d’entrée pour les marques étrangères et un facilitateur d’export pour les industriels locaux.

« Chic propose une structure à la fois pour les marques internationales et nationales, explique à FashionNetwork.com Chen Dapeng, vice-président exécutif de la CNGA. Les marques chinoises établies utilisent Chic pour trouver de nouveaux franchisés, introduire de nouvelles collections et gammes sur le marché. Les jeunes marques utilisent notre réseau pour introduire leur marque sur le marché et trouver des partenaires dans la distribution. Et Chic a par ailleurs beaucoup investi dans le développement d'un programme spécial pour ses clients internationaux, les mettant en contact avec d'importantes plateformes de commerce électronique, des showrooms et des agents expérimentés dans la distribution de marques internationales ».

Un programme initié sur cette édition qui permettra aux visiteurs étrangers de consulter une base de données de 50 000 contacts clefs participants au salon, et avec lesquels rendez-vous peut être pris via le portail et l’application mobile du salon. La CNGA indique que quelque 5 000 donneurs d’ordres étrangers reviennent régulièrement sur le salon, des acteurs issus principalement d’Asie du Sud-Est, mais également d’Australie et de Nouvelle-Zélande. « Un groupe de visiteurs que nous prévoyons de renforcer dans les années à venir », indique Chen Dapeng.

Une fenêtre internationale

Des professionnels étrangers qui seront par ailleurs présents au travers de pavillons nationaux, parmi lesquels émergent les marques italiennes et françaises. « Historiquement, le salon servait surtout à vendre les productions chinoises, mais aujourd’hui l’objectif des marques étrangères est d’y trouver un distributeur local, explique Hervé Huchet - directeur international de Promas (office de promotion de l’habillement masculin, ndlr), qui prend part à l’espace Paris Forever - sachant qu’un distributeur en Chine peut facilement avoir 500 magasins. Mais il y a aussi dans l’autre sens des industriels chinois qui veulent travailler avec des marques européennes sous diverses formes. Car, même s’ils ont le savoir-faire, ils cherchent encore ce regard français ou italien. Et aussi parce que c’est valorisant. Ainsi, certains veulent les licences chinoises de marques étrangères, quand d’autres veulent des corners français dans leurs magasins. Même s’il y a la concurrence des marques chinoises, nous avons encore en notre faveur cette image mode liée à Paris ».


Chic Shanghai


Au-delà des origines, le salon a progressivement affiné sa segmentation, avec les espaces "Impulse", dédié aux designers, "Urban View" pour le casual, "New Look" pour la femme, "Heritage" pour le cuir et la fourrure, "Secret Stars" et "Shanghai Bags" pour les chaussures et accessoires, sans oublier les nouvelles zones lancées pour cette édition : "Chic Tailoring", dédiée au haut de gamme, et "Chic Kidz" à l’enfant. Tout cela sans oublier "Chic Young Blood", l’espace destiné aux jeunes consommateurs, qui viennent nombreux assister aux défilés sur sur le salon.

Largeur d’offre

Une largeur d’offre qui, en septembre dernier, avait ravi Eric Mertz, devenu depuis président de la Fédération Nationale de l’Habillement, rassemblant les distributeurs français indépendants. « Chic est une porte qui fonctionne dans les deux sens, permettant de trouver des débouchés en Chine et ailleurs » explique le responsable, qui nous parlait récemment du rapprochement de la fédération avec la filière chinoise. « Ce qui m’a marqué, c’est que l’on a sur place de la création, de la fabrication à valeur ajoutée, des équipements de magasins novateurs, de la mode durable… C’est particulièrement intéressant, y compris par rapport à des salons conventionnels comme ce que l’on peut voir en Europe. Et la juxtaposition qui semble s’être créée avec le salon voisin Intertextile permet de mélanger les innovations en termes de matières et la créativité. Une intégration totale de la filière dont on a sans doute à apprendre ».


Chic Shanghai


Faut-il, face à l’envergure grandissante de Chic, qui tutoie désormais les 120 000 mètres carrés, s’attendre à voir le salon monter en gamme, à l’instar de l’industrie nationale ? « Le niveau de qualité moyen de l’offre de Chic a effectivement beaucoup augmenté au cours des dernières années », souligne Chen Dapeng, rappelant que l’offre a pour vocation d’aller du moyen au haut de gamme. « Le nombre croissant de clients matures joue ici un rôle important. Ils deviennent de plus en plus exigeants en termes de qualité et de design, et les entreprises doivent répondre à cette demande. C’est donc un processus naturel de voir l’offre de Chic s’adapter en conséquence ». Une mutation qui, comme celle de la Chine elle-même, n’est pas encore terminée.
 

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