Christian Audigier, star du streetwear, est décédé

Le créateur de mode d'origine française Christian Audigier est décédé jeudi à Los Angeles à 57 ans. Génie du marketing, il a fait fortune en faisant porter ses T-shirts et casquettes aux plus grandes stars.

« C'est quelqu'un qui a changé la mode et le streetwear qui était porté par toutes les célébrités », a commenté auprès de l'AFP une amie proche, l'attachée de presse Michèle Elyzabeth.

Audigier a rendu son dernier souffle à l'hôpital Cedars-Sinai de Los Angeles jeudi, où il était traité pour un cancer de la moelle osseuse.

Le créateur autodidacte, fêtard invétéré et ami des vedettes, avait « commencé avec Britney Spears et fondé la marque de Johnny Hallyday, Smet », a-t-elle rappelé.

Le chanteur français, qui vit également à Los Angeles, a pour sa part rendu hommage sur Twitter à celui qui était son ami : « RIP (Rest in peace, ndlr) #ChristianAudigier mon ami de toujours. Tu vas terriblement me manquer. Je t'aime. Johnny », ajoutant une photo où Christian Audigier pose en souriant avec lui et sa femme Laetitia Hallyday.

Né en Avignon dans une famille modeste, il avait commencé tout en bas de l'échelle en travaillant dans une simple boutique de vêtements, avant d'oser présenter quelques créations.

Il a travaillé pour des marques de jeans en France avant de partir aux Etats-Unis en 2000. Il y a relancé la marque Von Dutch, ses casquettes de camionneurs aux logos de style années 1950 se retrouvant sur les têtes des plus grandes célébrités à travers le monde.

En 2008, il avait raconté son histoire à l'AFP, parlant d'un coup du destin qu'il avait su saisir. « J'ai rencontré Britney Spears sur un trottoir, elle a porté la première casquette (Von Dutch). Trois jours plus tard, j'ai rencontré Justin Timberlake dans une boîte de nuit et je lui ai donné une casquette aussi. Trois semaines après, ils se séparaient et se sont retrouvés en couverture de People magazine (3,5 millions d'exemplaires) avec les deux casquettes. »

Il a lancé en 2004 une marque inspirée du maître du tatouage californien Don Ed Hardy. « Avec l'aide des mêmes stars, j'ai appelé tout le monde, j'ai envoyé des vêtements à Madonna, Paris Hilton, Nicole Richie... »

Kim Kardashian, Sylvester Stallone, Mariah Carey et même Michael Jackson, dont il était devenu proche... Le Gotha de la pop-culture s'arrache alors ses T-shirts bariolés à têtes de mort ou de tigres.

Les créations d'Audigier font alors le tour du monde par l'intermédiaire de la presse people. Pour les approcher, le styliste s'était « servi d'un réseau de paparazzi, de maîtres d'hôtels, de managers de restaurants, qui recevaient toujours un paquet cadeau et un mot gentil » en échange de leurs « tuyaux », avait-il expliqué à l'AFP.

Selon les médias américains, il avait vendu sa marque Ed Hardy à Iconix Brand Group en 2011 pour 62 millions de dollars.

Celui qui se faisait surnommer « Le Vif » par ses proches était un pilier du VIP Room, célèbre boîte de nuit de Saint-Tropez, où il faisait couler le champagne à flots. La presse lui attribue un passage en prison à Bali avant son arrivée aux Etats-Unis, quelques procès et des amitiés parfois sulfureuses.

Deux hommes tués sur la Côté d'Azur dans des règlements de compte apparents, Régis Mijatovic et Joseph Rivituso, avaient ainsi côtoyé le créateur quand ils vivaient dans la Cité des Anges.

Audigier était marié à la mannequin brésilienne Nathalie Sorensen et avait quatre enfants.

Par Véronique Dupont

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