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Clap de fin pour les souliers JB Martin

Publié le
16 juin 2020
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3 minutes
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Un acteur historique de la chaussure en France disparaît. JB Martin, né il y a 99 ans à Fougères, vient de cesser ses activités. La marque-enseigne de souliers a été liquidée par le tribunal de commerce de Paris le 2 juin dernier. Un triste dénouement précipité par la crise sanitaire du Covid-19, qui scelle une phase critique traversée par l'entreprise depuis son redressement judiciaire ouvert en 2017.


JB Martin était notamment réputé pour ses chaussures à talons. - DR


Sur le plan humain, 120 salariés sont en passe d'être licenciés. Soit une quarantaine d'employés au sein de l'entreprise JB Martin (conception), et 80 personnes appartenant à la société JB Martin Diffusion, qui gère le réseau de boutiques. Seul le second groupe peut bénéficier d'un PSE, mais il sera peu attractif, selon Ouest France : l'actionnaire Francis Lagarde aurait été encouragé par le juge liquidateur à y abonder, mais ce dernier n'aurait obtenu aucun retour.

Côté réseau, ce sont donc dix magasins à l'enseigne qui baissent le rideau, de même que quatre outlets, auxquels s'ajoutent une trentaine de corners installés aux Galeries Lafayette et au Printemps. JB Martin disposait également d'une belle présence en multimarque, représentant environ 200 adresses dans l'Hexagone, ainsi qu'une poignée à l'export.

Le tribunal a décidé que la liquidation ne s'accompagnait pas d'une poursuite temporaire d'activité. Celle-ci a cessé tout net, mais, à l'issue de la procédure de liquidation, certains actifs pourraient être repris, notamment les fonds de commerce et surtout le nom de marque. Car JB Martin s'appuie sur un véritable patrimoine dans le monde du soulier, même si son usine de fabrication française avait été fermée en 2009.

Son activité a débuté en 1921 sous l'impulsion de Jean-Baptiste Martin, au cœur d'un bassin historique d'Ille-et-Vilaine centré sur le chausson et la chaussure depuis les années 1850. Fougères ayant compté jusqu'à une cinquantaine d'usines faisant travailler près de 10 000 personnes au total. JB Martin, qui a employé jusqu'à 1 200 personnes dans la ville bretonne (dans les années 70), a su tirer son épingle du jeu avec une collection pour femme milieu de gamme et ses fameux 'escarpins Louis XV', tout en développant aussi une marque pour homme, nommée Christian Pellet.

Depuis plus d'une dizaine d'années, l'entreprise connaissait des difficultés. Jusqu'à un dépôt de bilan en 2009, avant que ne soit déclenché en 2018 un plan social entraînant la suppression d'une centaine de postes.

Depuis à peine deux mois, Pascal Franchet avait pris la présidence du directoire de JB Martin, succédant à une série de dirigeants depuis le redressement judiciaire prononcé en 2017 (Guillaume de Feydeau, Avelino Machado et Yvan Le Dour). Le plus récent chiffre d'affaires annuel de l'entreprise n'est pas révélé : le dernier bilan connu faisait état de 49 millions d'euros de ventes en 2016. Un montant qui se serait fortement dégradé ces deux dernières années.

La défaillance de JB Martin fait écho aux difficultés majeures rencontrées par d'autres chausseurs, notamment celle d'André, qui est actuellement en  redressement judiciaire et en quête d'un repreneur. La chaîne La Halle, dont une partie de l'activité se concentre sur la chaussure, subit la même procédure et attend son verdict quant au périmètre qui pourra être repris.

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