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Traduit par
Paul Kaplan
Publié le
23 déc. 2020
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Colette: un documentaire disponible sur l'histoire du magasin parisien

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Paul Kaplan
Publié le
23 déc. 2020

Alors que Colette semblait sombrer peu à peu dans l'oubli, voici que sort Colette Mon Amour, un documentaire — à la limite de l'hagiographie — sur la célèbre boutique parisienne (et pas sur la femme de lettres qui vivait à quelques encablures).


Illustration - Colette Mon Amour - Photo: AFP


L'influence du magasin était telle qu'on rapporte le cas d'un touriste japonais qui aurait donné à sa fille le nom de la boutique de la rue Saint-Honoré. On y trouvait des collections capsules si exclusives qu'un client belge aurait campé quatre jours dans sa voiture pour pouvoir s'offrir une édition spéciale des Stan Smith d'Adidas...

Les personnalités invitées à témoigner dans le documentaire — parmi lesquelles Pharrell Williams, Kanye West, Futura 2000, Yoon Ahn ou Chitose Abe, aux côtés de toute une bande de branchés parisiens, Guillaume Henri, Lucien Pagès, Caroline De Maigret ou Marco Giami, le patron du légendaire Water Bar au sous-sol —, peinent à retenir leur enthousiasme.
 
"Ce qui rend ce lieu si unique, c'est l'intensité du goût de Sarah... Elle invente nos envies d'achats, sans même que nous le sachions", entonne Pharrell Williams. 

Colette ouvre ses portes en 1997, quand une mère et sa fille — Colette Roussaux et Sarah Andelman — repèrent un grand espace vide au coin de la rue, à deux pas des Tuileries. La sélection de la boutique mêle produits de luxe et gadgets branchés, d'Hermès et Chanel aux magazines hip hop et indépendants, et réinvente du même coup le paradigme du shopping de mode, avant de fermer ses portes le 20 décembre 2017.

"À mon avis, ce sont les deux personnes qui travaillaient le plus à Paris", s'émerveille le chroniqueur de mode Loic Prigent.

Au cours de ces deux décennies, leur ADN ne varie jamais: style, design, art et mode. Même si la multiplicité des collaborations et des éditions limitées a de quoi déconcerter. Le magasin est instantanément reconnaissable, en partie grâce à ses sacs blancs à pois bleus, et à son ambiance très détendue — aucun de ses 100 employés ne portait d'uniforme. Une majorité d'entre eux ont depuis été engagés par la maison Yves Saint Laurent, qui a repris le bail du magasin.


Un sac de la capsule Colette Mon Amour


Réalisé à toute allure et avec humour par Hugues Lawson-Body et produit par La Pac et Highsnobiety, Colette Mon Amour est, malgré une bande-son irritante composée de flûtes médiévales, une œuvre pleine de charme, qui dresse le portrait de deux femmes vraiment uniques, et de leur vision inclusive et rock'n'roll de la vente au détail. Ceux qui se délectent des méchancetés et des piques de The September Issue ne les retrouveront pas dans Colette Mon Amour.

Le documentaire relate les six derniers mois du magasin, quand Sarah Andelman a eu l'idée originale de confier le deuxième étage à six marques, dont Balenciaga, Sacai et Thom Browne, qui se le partageaient à raison d'un mois chacune.

L'avant-dernier mois avant sa fermeture, la boutique a invité la maison Chanel — et c'est la dernière fois que l'auteur de ces lignes s'est rendu chez Colette, pour animer un podcast avec Pharrell. Après ces dernières lueurs d'une institution dont personne n'imaginait la fin, on se demande encore pourquoi il a fallu qu'elle mette la clé sous la porte.

Le film a été lancé dimanche sur Colettemonamour.com ; on peut le louer ou l'acheter. 

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