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Collants Well au Vigan (Gard) : vives inquiétudes des salariés sur l'emploi

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AFP
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14 nov. 2006

LE VIGAN (Gard), 14 nov 2006 (AFP) - Les salariés de Textiles Well SA au Vigan, ancienne capitale cévenole du bas de soie, sont en proie à une forte inquiétude après l'annonce fin octobre par la direction de la possible suppression de 300 emplois dans l'entreprise qui produit bas, collants et lingerie.


Modèle "Fleurs gourmandes" de Well

"Si l'usine, principal employeur de la région, est fermée, c'est une catastrophe pour l'économie du pays. Tout se meurt ici, il va nous rester les personnes âgées et le tourisme", déplore une salariée, Sylvie Baillez.

Myriam Diaz, ouvrière depuis 1981 chez Well, se demande "ce que les habitants vont pouvoir dire à leurs enfants et quelles perspectives ils vont leur offrir".

"60 % des salariés qui ont quitté l'entreprise au cours de divers plans sociaux ces dernières années (1995, 1998, 2003), sont à la CMU", souligne la CGT qui envisage avec la CFTC, CGC, FO et la CFDT, "plusieurs actions" pour conserver l'outil de travail, dans une ville déjà frappée par un taux de chômage de 17 %.

"S'il y a 300 licenciements, ce taux passera à 25 %", résume la CGC.

Selon l'intersyndicale, l'actionnaire unique de Well (438 salariés), Natexis Industries, filiale de la Banque populaire, a estimé que les produits "n'étaient plus rentables" et qu'une structure de 150 personnes suffisait "pour revenir à la rentabilité en 2010".

Le 12 septembre, la direction de l'entreprise a signé avec les syndicats CFTC (majoritaire) et CFE-CGC, un "accord de méthode" prévoyant dans le cadre d'un "plan social pour l'emploi" (PSE), 149 "départs volontaires" d'ici à 2008. "60 % du personnel l'avait approuvé", souligne Laurent Carré (CGC).

Mais le 27 octobre, coup de théâtre : "la direction nous a annoncé qu'elle suspendait le PSE au vu de menaces futures", a indiqué mardi à l'AFP Patrick Valette, délégué syndical CGT.

"Et le 31 octobre, lors d'un comité central d'entreprise extraordinaire (CCE), elle a déclaré qu'elle portait à 300, le nombre de partants et entendait fermer l'outil de production", a-t-il souligné.

La direction de l'entreprise s'est refusée à toute déclaration, avant le prochain CCE prévu le 27 novembre.

Selon les syndicats, "aujourd'hui, tricotage, confection, conditionnement et expédition" des bas et collants sont faits au Vigan de même que la conception et l'expédition de la lingerie. Mais l'entreprise a déjà confié la finition de 15 % de ses collants à des sociétés en Tunisie, Italie et même en Ukraine.

L'entreprise du Vigan, lancée en 1927, sous le nom "Bas de France", a connu divers repreneurs : un groupe lyonnais l'a rachetée en 1970 et a lancé la marque Well en 1972. Devenue Cogetex (Compagnie générale textile), elle a été vendue en 1992 à un groupe anglais, Harstone qui l'a revendue à l'anglais Courtaulds. En 1995, la société est devenue "Textiles Well SA". En 2001, à la suite d'une OPA du groupe américain Sarah Lee sur Courtaulds, l'entreprise a été vendue à Natexis.

Well est le deuxième fabricant de bas et collants en France, derrière DIM (groupe Sarah Lee) : l'entreprise a produit plus de 50 millions de paires en 2005, pour un chiffre d'affaires de plus de 49 millions d'euros. En lingerie, elle a produit 2,6 millions de pièces pour un ca de 16 millions d'euros.

Par Anne-Marie CHAPELAN

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