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9 juil. 2010
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Comme le foot, la mode allemande s'ouvre aux créateurs venus d'ailleurs

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AFP
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9 juil. 2010

BERLIN, 9 juil 2010 (AFP) - A l'image de l'équipe de foot nationale, qui a ouvert ses portes aux joueurs issus de l'immigration, le petit monde de la mode allemande fourmille de talents venus d'ailleurs, qui s'exposent cette semaine à la "Fashion Week" de Berlin.


Défilé Lala Berlin P/E 2010

Dans l'atelier de la franco-allemande Johanna Perret et de la Suisse d'origine vietnamienne Tutia Schaad, l'agitation règne avant le défilé de samedi.

Agées de 27 et 28 ans, sorties de l'école de stylisme il y a un an et demi, les deux créatrices en sont à leur deuxième participation à la semaine des défilés berlinoise.

Ce duo précoce est qualifié de "nouvelles Jil Sander" par la presse, tant leurs vêtements aux lignes épurées et aux teintes discrètes rappellent la papesse du minimalisme.

"Cela nous flatte mais nous suivons notre propre voie", martèlent les deux jeunes filles dans un entretien à l'AFP.

"Il n'y a pas spécialement d'influence asiatique visible dans mon travail", dit Tutia Schaad dans son français mélodieux, entrecoupé de mots d'allemand. "De ma vie en Suisse j'ai gardé un grand intérêt pour les matières et les textures, car il y a là-bas une industrie textile très innovante", poursuit-elle.

Johanna Perret dit avoir reçu de sa famille française, côté paternel, "un certain sentiment pour la mode, pour la façon de s'habiller". La Munichoise (sud de l'Allemagne) ajoute: "On ne se sent pas étrangères à Berlin, c'est un bain de gens venus de partout".

Par exemple de Minsk, comme Katja Filipovich, 33 ans et installée depuis dix ans dans la capitale allemande. Après une vie de jeune fille au pair, partagée entre études et stages dans de prestigieuses maisons comme Martin Margiela, elle tente désormais de lancer sa marque "Nome Propio".

Cette année, ses créations ont été sélectionnées pour le concours de jeunes créateurs "Designer for tomorrow" dans le cadre de la Fashion Week.

Pour l'instant, Katja vend à ses amis. Mini-jupe matelassée, petite robe fluide ou tops transparents ultra-structurés: "Mes vêtements portent l'empreinte d'une ironie mélancolique très slave", explique la jeune femme à l'AFP.

Loin de cette styliste débutante, deux marques bien établies, qui ont défilé mercredi à Berlin, illustrent également l'arrivée en force de créatrices d'origine étrangère en Allemagne.

Le label "Kaviar Gauche", piloté par une Allemande et une Germano-suédoise, est une figure de proue de la mode berlinoise, avec son sac culte "Lamella" et ses défilés toujours remarqués qui, par exemple, mettent en scène des mannequins nus afin de ne valoriser que les accessoires, ou déclinent le thème nuptial en vêtements exclusivement blancs, sur fond de rock lourd du groupe Rammstein.

Incontournable également, la griffe "Lala Berlin" a été créée par une styliste née en 1970 à Téhéran et venue enfant en Allemagne avec sa famille.

En 2003, Leyla Piedayesh a tourné le dos à son métier de journaliste pour la chaîne musicale MTV et s'est mise au tricot. Très vite ses créations se sont arrachées, et jupes, pantalons ou foulards ont rejoint les pulls en maille aérienne des débuts.

Les origines de celle qui n'aime pas se définir comme "immigrée" se retrouvent dans la typographie légèrement orientale de son label.

Il y a quelques années, Leyla Pidayesh avait conquis jusqu'à Hollywood en dessinant un keffieh, foulard emblématique de la cause palestinienne. Sa version cachemire et soie s'adresse davantage aux fashionistas qu'aux activistes: elle coûte 249 euros.

Par Aurélia END

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