×
Publicités
Publié le
1 déc. 2022
Temps de lecture
4 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

Comment la Société des grands magasins repense sept unités Galeries Lafayette

Publié le
1 déc. 2022

Jeune foncière créée en 2018, la Société des grands magasins a été initiée par Frédéric et Maryline Merlin, fondateurs de la société lyonnaise l'Avenue Développement Immobilier en 2015. Spécialiste de la revitalisation d'actifs commerciaux de centre-ville, l'entreprise a franchi un cap en annonçant en 2021 la reprise en affiliation de sept magasins Galeries Lafayette en France, dont elle a acquis les murs au passage. L'objectif? Redynamiser et rénover ces lieux de shopping d'hyper-centre, pour répondre aux nouvelles attentes des consommateurs.


Les Galeries Lafayette de Reims - SGM


La SGM a officiellement mis la main en mai 2022 sur les unités d'Angers, Dijon, Grenoble, Le Mans, Limoges, Orléans et Reims. Soit 80.000 mètres carrés en tout. "Des magasins qui n'étaient pas déficitaires mais qui ont besoin de se réinventer pour exploiter tout leur potentiel", exprime Karl-Stéphane Cottendin, directeur des opérations de la foncière. Des travaux de modernisation ont déjà été engagés dans toutes les adresses, pour remettre au goût du jour chaque rez-de-chaussée (sol, plafond, éclairage…), soit la première impression laissée à un visiteur.

"Être gestionnaire sur le plan immobilier et en même temps opérateur nous permet d'avoir les mains libres pour faire évoluer le lieu et l'offre, indique-t-il. Les Galeries Lafayette nous laissent procéder, mais nous partageons nos idées avec eux". L'heure est au passage en revue des marques en place, avant de décider des évictions à réaliser, lorsque certaines ne fonctionnent plus. "Nous souhaitons les remplacer par des marques demandées dans les villes en question, et aller chercher des griffes émergentes et des créateurs, dans les domaines de la lingerie ou des bijoux par exemple, qui cherchent un relais physique. Cela nous permettra aussi d'attirer une clientèle plus jeune".

Faire entrer des enseignes en shop-in-shop



Une rationalisation des bâtiments est aussi à l'ordre du jour, pour identifier et exploiter des surfaces inoccupées (réserves, sous-sol…) afin d'y installer des marques ou enseignes en shop-in-shop. "L'idée est de faire entrer des acteurs complémentaires de l'offre Galeries Lafayette, par exemple une chaîne de sneakers, une enseigne de beauté accessible, un spécialiste de la distribution sport… et pourquoi pas un salon de coiffure ou de l'alimentaire".

Le renouveau de l'offre au sein des points de vente se fera sentir dès 2023, tandis que la fin des travaux engagés est prévue pour l'été prochain. La SGM alloue à ces transformations "des budgets importants", sans en dévoiler le montant.               


L'unité de Dijon, et son décor des fêtes - GLDijon/Facebook

  
En outre, ces magasins "tous très bien placé en centre-ville" ont vocation à devenir davantage des lieux de vie, par l'ouverture dans chacun d'entre eux d'un bar central, où l'on pourra déjeuner ou boire un verre. "Aujourd'hui les Galeries Lafayette ne parlent pas à une audience assez large. Nous devons séduire les étudiants qui veulent travailler en buvant un café, la maman qui souhaite acheter une nouvelle paire de baskets à son enfant, ou un sportif qui veut s'entraîner…", énumère Karl-Stéphane Cottendin.

Toutes les adresses afficheront selon lui en 2022 un montant de chiffre d'affaires supérieur à l'avant-crise, en 2019. "Nous partageons notre feuille de route avec les équipes des magasins (soit 800 salariés en tout) et ils adhèrent au projet. C'est capital, car la motivation des équipes agit directement sur la concrétisation des ventes. Un grand magasin n'est pas un libre-service."

De la mode aux loisirs



Outre les sept Galeries Lafayette, la foncière exploite une dizaine de centres commerciaux urbains qu'elle a acquis lorsqu'ils étaient sur la pente descendante, pour certains "à moitié vides", en raison "d'un mauvais positionnement ou de d'un manque d'investissements". Selon leur localisation, la SGM a opéré des changements d'ampleur. Par exemple, le site de Lille Les Tanneurs, coincé entre le mastodonte Euralille (mass-market) et le chic Vieux-Lille, se transforme en un lieu de restauration et de loisirs, avec l'ouverture à venir d'une halle alimentaire, d'un centre de fitness et d'un site de loisirs Speedpark.

Dans la même veine, à Saint-Quentin-en-Yvelines, le pôle SQY Ouest se déleste de toutes ses enseignes de prêt-à-porter pour accueillir une salle d'escalade, un escape game, un simulateur de Formule 1, ou encore des restaurants. Il devrait changer de nom en 2023 pour signifier au grand public son évolution. "Les loyers des acteurs des loisirs sont certes moins élevés que ceux de l'univers textile, mais nous indexons une partie du loyer sur leurs revenus, et ils nous permettent de générer du trafic dans le centre", indique le directeur des opérations.

La recette n'est pas la même partout. A Roubaix, à l'Espace Grand-Rue, c'est un virage mass market et low cost qui a été pris, avec l'arrivée des chaînes Action, Normal, New Yorker, ou Snipes. Le centre serait passé de 3 à 5 millions de visiteurs annuels entre 2019 et 2022.

La SGM, qui s'attache aussi à installer dans ses sites des tiers-lieux, magasins éphémères et commerçants locaux, entend poursuivre ses acquisitions de centres commerciaux en 2023. En se focalisant toujours sur des actifs à réinventer.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2023 FashionNetwork.com