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17 juin 2016
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Contrefaçon : l'Unifab condamne le changement de ton d'Alibaba

Publié le
17 juin 2016

Jack ma, médiatique fondateur du géant chinois de la vente en ligne Alibaba, soulignait il y a quelques jours que le vrai problème avec les contrefaçons chinoises est qu’elle sont de meilleure qualité que les originaux. Des propos qui marquent un virage à 180° pour un groupe jurant jusque-là tout faire contre le phénomène, et qui ont outré l’Union des Fabricants (Unifab).

Jack Ma - AFP


Face à ses investisseurs, Jack Ma a ainsi expliqué que « le problème est que les produits contrefaits sont aujourd'hui de meilleure qualité et à un meilleur prix que les produits authentiques qui proviennent des vraies Maisons… », que « les produits proviennent exactement des mêmes usines, leur fabrication est réalisée à partir des mêmes matières premières... » et que « Alibaba est le meilleur dans le monde quand il s’agit de lutter contre la vente de contrefaçons ».

« Il est essentiel de rappeler que les produits de contrefaçons sont illicites, qu’ils sont très souvent fabriqués dans des conditions déplorables avec des matériaux de piètre qualité, qu'ils trompent les consommateurs et peuvent être dangereux pour leur santé et leur sécurité, qu’ils portent préjudice aux économies nationales et aux efforts collectifs de développement durable, et que leur production est souvent tenue aux mains des réseaux criminels, plus particulièrement des réseaux terroristes », répond l’Union des fabricants pour la protection internationale de la propriété intellectuelle.

Reste qu'il pourrait s'agir d'un audacieux retournement de veste pour un groupe mettant jusque-là tout en oeuvre pour se départir de son image de nid de contrefaçon. Notamment via le recrutement en début d'année d'un directeur de la propriété intellectuelle, Matthew Bassiur, chargé d'incarner la lutte anti-faux du groupe. Le responsable est même venu à Paris le 12 février pour installer une « task force » commune avec l'Unifab. De quoi expliquer le ton mesuré employé par l'organisme pour condamner les propos de Jack Ma, laissant ainsi la porte ouverte à un travail commun.

Nombreux ont été les épisodes de ce feuilleton. Le ministère américain du Commerce a émis plusieurs rapports pointant la mollesse des dispositifs d'Alibaba, tandis que les fédérations locales appellent de longue date à des sanctions. Ce qui n'a pas empêché Washington de retirer Alibaba de sa « liste noire ». Depuis, c'est à Wall Street que s'est déplacé le conflit, le gendarme de la bourse américaine a lancé une enquête sur les pratiques financières de l'entreprise. Mais les critiques viennent aussi de Pékin, avec début 2015 un document accusant le groupe d'être peu regardant sur les faux.

Mais le déclencheur de ce revirement de discours semble pourtant venir de la Coalition Anti-Contrefaçon. Alibaba annonçait fièrement en début d'année être le premier pure player à rejoindre l'organisation. Evénement dont le paroxysme devait être un discours de Jack Ma lors d'une conférence américaine sur la lutte anti-faux. Mais alors que l'adhésion d'Alibaba était suspendue après que trois signataires, dont Tiffany&Co, ont quitté la Coalition, Jack Ma a tout bonnement annulé sa prise de parole. Parole qui semble donc s'en être trouvée beaucoup plus libre. Voire honnête, comme se le demandent désormais les observateurs.

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