Coperni se relance avec grâce

Coperni revient sur le marché pour la plus grande joie des Parisiennes et pas seulement. Après une parenthèse de trois ans et demi, Sébastien Meyer et Arnaud Vaillant, qui ont dirigé le style de Courrèges entre 2015 et 2017, relancent leur marque de prêt-à-porter féminin avec le soutien de l’agence Tomorrow London Holdings. Ils ont fait un come-back remarqué mardi, avec un projet mûrement réfléchi, à la fois créatif et pensé pour le marché.


Le vortex, thème de la collection Coperni, s'empare d'une jupe - ph Dominique Muret

Le duo a proposé une garde-robe équilibrée, composée de quelque 90 pièces à la fois simples et faciles à porter : des costumes, plusieurs chemises en coton, des chemises-body, des jupes courtes, quelques manteaux et des robes. A chaque fois, les modèles sont rehaussés d’un petit détail original. Un col s’incruste dans le revers d’un autre col dans la veste d’un costume en toile de laine ou d’un manteau bleu marine. Les poches d’une veste sont comme inversées en trompe-l’œil. Le revers en flanelle marine à rayures, façon costume de banquier, s’incruste dans une robe-chemise en coton blanc.

Autre trouvaille, le twin-set deux en un, avec le tricot en maille prolongé par le cardigan, à porter l’un sur l’autre ou en nouant le cardigan à la taille. On retrouve aussi les manches fines et extra-longues de Coperni, tout comme la silhouette près du corps.

Le thème de la saison est le « vortex », ce grand trou noir en forme de spirale représentant le monde actuel avec son flux infini d’informations et d’images, mais aussi ce nouvel univers dans lequel les créateurs nous invitent à plonger. Ainsi, une spirale se dessine en relief sur une mini-jupe, ce même motif est repris dans les imprimés d’une robe toute simple en jersey et lurex. Pour accentuer cette impression de mouvement, certaines robes et tops voient leur silhouette s’arrondir ou s’échapper comme si elles étaient fouettées par un coup de vent.
 
Sébastien Meyer et Arnaud Vaillant - ph Dominique Muret

Pour présenter la collection, le duo a choisi un espace minimaliste, soignant particulièrement l’installation afin de livrer d’emblée une image cohérente de la marque. Les vêtements sont suspendus au centre de la salle, dans un meuble-penderie modulable dessiné par l’entreprise suisse USM. Sur les murs blancs sont accrochées les photos en noir et blanc du lookbook et de la campagne shootée par le jeune photographe Julien Martinez Leclerc, tandis que sur la paroi de gauche défilent les vidéos tournées pour le projet digital accompagnant le lancement.

Une histoire à suivre sur le compte Instagram de la marque, qui se développe de manière interactive selon les choix de l’internaute, le menant de rencontre en rencontre à travers l’univers et la communauté des deux créateurs. « C’est une histoire sans fin, pensée pour faire découvrir la collection de manière ludique, les protagonistes portant nos vêtements », nous explique Arnaud Vaillant.

En prenant une participation minoritaire dans la société et en lui mettant sa plateforme de fabrication et de distribution à disposition, Tomorrow permet à Coperni de se relancer dans de très bonnes conditions. De leur côté, les deux designers ont évolué et travaillé sur un produit intelligent, fabriqué en Italie, en France et un peu au Portugal.

« Nous avons mûri dans notre approche à la mode. Ce nouveau projet est une sorte de Coperni 2.0, avec l'expérience de la communication digitale acquise chez Courrèges et le côté chic parisien qu’a toujours eu Coperni », résume Sébastien Meyer.


Coperni mise sur une palette sobre et portable - ph Dominique Muret

« Nous avons réfléchi à faire des vêtements vraiment portables, avec des petites collections. Le tout accompagné par une attitude consciencieuse aussi bien dans la production, avec la recherche de processus durable, que dans l’approche au marché. Nous avons voulu être très réalistes, avec des prix qui restent abordables. » Les pantalons sont autour de 400 euros, les vestes 600, les pull-overs entre 200 et 300. La marque propose aussi des tee-shirts à partir de 90 euros.

Toujours dans ce même esprit très concret, des pièces unisexes sont proposées aussi pour l’homme. Quant à la la palette, elle est ultra réduite à quelques couleurs de base (noir, gris, marine, blanc), hormis deux robes-chemises en jersey de soie jaune et mauve. « Nous nous sommes concentrés sur les couleurs que les gens mettent le plus. Le plus important pour nous, c’est que nos vêtements soient portés », conclut Sébastien Meyer.

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