Corbier Agostini se lance à Paris

Corbier Agostini s’apprête à prendre son envol avec une première collection engagée, luxe et pleine de maturité. Normal car, derrière cette nouvelle venue dans le luxe tendance avant-gardiste, se cache un duo créatif touche-à-tout, qui a longtemps œuvré pour des maisons de luxe parisiennes comme Thierry Mugler, Jean Paul Gaultier et Junko Shimada.

Une première collection après plus de 20 ans à travailler pour les autres, voilà qui ne manque pas de sens. "Nous ressentions le besoin de nous exprimer depuis environ un an, explique le duo. Mais tout est allé très vite depuis quelques mois… Il fallait que ça sorte", ajoutent-ils en souriant. Plus facile, du reste, de se lancer en ayant gagné la confiance des fournisseurs au fil des années. "Nous avons été très agréablement surpris de l’accueil que nous ont réservé les fabricants dans notre projet", confirme ce tandem qui travaille ensemble depuis déjà près de 30 ans. Cette première collection, précisent-ils, n'est que la première étape d'un projet sur le long terme. "On aimerait créer des collections de vaisselle", avouent Christophe Corbier et François Agostini, insatisfaits des propositions actuelles en la matière.

Corbier Agostini printemps-été 2014

"Tout est fabriqué en France, à part l’impression sur drap de soie, effectuée en Italie", expliquent-ils. "Trop de maisons françaises disparaissent sans que personne ne s’en inquiète", déplore le duo qui a fait appel à une manufacture bretonne pour sa maille et à un atelier du Xe arrondissement pour une partie de la confection.

La cible Corbier Agostini est pointue par le style du produit, qu’on imagine plutôt porté de nuit par des femmes de tête. L’inspiration principale : "Les mille femmes que nous admirons, de Janis Joplin aux héroïnes d’Hitchcock". On retrouve d’ailleurs le thème du corbeau sur l’une des robes qui, comme beaucoup de pièces proposées, adopte un patronage dérivé du pancho, tantôt sur les hanches ou les manches.


A qui s'adresse donc ce duo de faux débutants ? "Notre cliente, nous l’imaginons forte, sexy, cultivée et avouons-le… un peu tordue", plaisantent Christophe Corbier et François Agostini. La qualité des produits frôle donc l’hystérie et sles matières de rient du mélange des genres, entre satin duchesse, cuir, dentelle chantilly ou encore cuir de kangourou sur des pantalons de rockeuse, "pour le côté plus dur et plus roots de ce cuir". Plus rare aussi.

Les dentelles qui dénudent le cou de certaines robes vestales témoignent d’une sophistication telle qu’on peut presque compter les heures de travail à l’œil nu. "Grâce à une vraie fée de la dentelle", témoigne le tandem à propos de leur brodeuse, collaboratrice qu'ils ont connue dans un autre temps, au sein d'une grande maison...

Au-delà d'un discours créatif passionné et d'un produit érudit à l'extravagance assumée, la priorité de Corbier Agostini semble avant tout respecter la (future) cliente en proposant un produit "honnête et artisanal au sens propre", qui valorise les savoir-faire français qui ont forgé le talent du duo. Les professionnels pourront juger d’eux-mêmes sur rendez-vous du 29 septembre au 3 octobre, au 23 rue Saint-Roch à Paris (Ier).

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