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Coronavirus : Les groupes de luxe mettent la main au portefeuille pour aider leurs salariés

Publié le
3 avr. 2020
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Maintien des emplois et salaires, dividendes supprimés, réduction de la rémunération des dirigeants, initiatives solidaires… Le luxe fait front face à la pandémie du Coronavirus. De Chanel à Hermès, en passant par L’Oréal, Tod’s ou encore OTB, certains grands groupes ont joué la carte de la solidarité et choisi de protéger leurs salariés, tout en multipliant les initiatives à leur encontre.


Chanel a été la première maison à s'engager auprès de ses salariés - © PixelFormula

 
De nombreux acteurs se sont engagés en particulier en France, sans attendre l’appel lancé le 31 mars par la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie, Agnès Pannier-Runacher, demandant aux entreprises ayant recours au chômage partiel de faire preuve d’exemplarité en diminuant de 25 % la rémunération de leurs dirigeants.
 
Alors que plusieurs maisons ont mis une partie de leurs salariés au chômage partiel, Chanel a été la première à renoncer à cet expédient, n’hésitant pas à sacrifier son bilan. Elle s'est engagée à maintenir à 100 % le salaire de ses 8500 employés en France pendant huit semaines, jusqu’au 8 mai. La griffe, dont le chiffre d’affaires frôle les dix milliards d’euros, aurait pu prétendre pourtant au dispositif mis en place par Bercy pour préserver les emplois, alors qu’elle a fermé toutes ses boutiques dans l’Hexagone, ainsi que ses ateliers français, où elle emploie 7 500 personnes.

Cette mesure "est un acte citoyen fort afin de ne pas peser sur les comptes publics et de permettre à l'État de se concentrer sur l'aide aux entreprises plus vulnérables et le système de santé", a expliqué Bruno Pavlovsky, président de Chanel SAS, dans un entretien accordé au Point.
 
Même démarche pour L’Oréal. Le groupe de cosmétiques a annoncé fin mars son intention de se passer des dispositifs d’aide du gouvernement. Il a décidé lui aussi de maintenir "la totalité des emplois", sans avoir recours "au chômage partiel en France jusqu’à fin juin malgré l’arrêt partiel ou total d‘activité de plusieurs catégories de personnel dans de nombreux domaines (forces de ventes et animation des magasins, baisses de commandes qui impacte les usines et les centrales d’expéditions, etc.)".
 

Maintien à 100% de la "rémunération fixe" chez l'Oréal



Le géant piloté par Jean-Paul Agon s’est, par ailleurs, "engagé depuis la mise en place du confinement", à maintenir à 100 % "la rémunération fixe" de "l’ensemble de ses collaborateurs en France – soit 13 400 personnes", dont plus de 3 000 sont actuellement privés d’activité. Il a précisé entre autres qu’il ne procéderait "à aucun report de charges sociales ou fiscales (cotisations, impôts etc.) durant cette période".

Pas de licenciements envisagés non plus pour Brunello Cucinelli. Comme l’a indiqué le fondateur de la griffe de cachemire italienne à Class CNBC, "nous ne couperons aucun poste de travail. Je l’ai dit à nos employés ‘vous ne perdrez pas votre travail car nous avons du travail'. Nous essaierons d’être concentrés et en 2021 nous allons tout récupérer’."
 
Hermès fait également partie de ces acteurs du luxe qui se sont montrés les plus généreux, en cette période de crise. Le groupe a fait savoir qu’il "maintiendra le salaire de base de ses 15 500 collaborateurs en France et dans le monde sans avoir recours aux aides publiques exceptionnelles des différents États, notamment en France en renonçant au dispositif de soutien de l'activité partielle".

La maison de la rue du Faubourg Saint-Honoré a fermé au-delà de ses boutiques en France aussi l’ensemble de ses usines sur le territoire, à l’exception du site Hermès Parfums de Vaudreuil (Eure) mobilisé pour produire du gel hydroalcoolique.  

Côté financier, les gérants du sellier renoncent à l'augmentation de leur rémunération fixe versée en 2020 et de leur rémunération variable attribuée en 2020 au titre de 2019. Le montant total de leur rémunération pour 2020 sera identique à celui perçu en 2019 malgré une hausse de 9 % du résultat net à 1,528 milliard d'euros. Quant au dividende, son montant pour l’exercice 2019 proposé "sera ramené de 5,00 à 4,55 euros par action", soit le même que celui distribué sur l’exercice 2018.

Pas de compensation financière pour les dirigeants chez Tod's, ni de dividendes



Les frères Diego et Andrea Della Valle, respectivement président et vice-président du groupe Tod’s, vont dans le même sens. Ils ont annoncé lors du conseil d’administration, réuni le 30 mars en procédure d’urgence, qu’ils allaient renoncer "à la compensation qui avait déjà été décidée en leur faveur pour l’exercice 2020". Ils perçoivent habituellement 1,8 million et 1,3 million d’euros de rémunération annuelle, leur famille détenant 71 % du capital de l’entreprise.

Par ailleurs, compte tenu de l’aggravation du scénario d’épidémie mondiale du Covid-19 et de l’urgence sanitaire actuelle, le conseil d'administration de Tod's a décidé de ne pas verser de dividendes au titre de l’exercice 2019, alors que la société italienne avait déjà approuvé le 12 mars, la distribution d’un dividende de 60 centimes par action pour une contrevaleur de près de 20 millions d’euros. En 2019, le chausseur de luxe a réalisé un chiffre d’affaires de 916 millions d’euros et dégagé un bénéfice net de 46,3 millions, dont 1 % sera destiné à des initiatives de solidarité.

Le groupe de mode italien OTB (Diesel, Maison Margiela, Marni, etc.) a institué pour sa part le fond de congés solidaire "Brave OTB" en faveur de ses employés. En accord avec le patronat de la filière mode-textile italienne Confindustria Moda et la confédération des dirigeants Federmanager, l’initiative prévoit que les dirigeants italiens de la société présidée par Renzo Rosso, donnent de manière volontaire un minimum de cinq jours de leurs propres congés en termes de valeur économique afin de permettre de créer un fonds.

La somme ainsi récoltée sera répartie entre les employés à plus faibles revenus ou parmi les plus touchés du point de vue professionnel par l’épidémie du coronavirus.
 
 

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