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8 juil. 2010
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Couture : Gaultier embauche l'effeuilleuse Dita Von Teese

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AFP
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8 juil. 2010

PARIS, 7 juil 2010 (AFP) - Le public frissonne et retrouve, défilé après défilé, un Jean Paul Gaultier intensément vivant. Parmi ses velours noirs, cuirs et fourrures, il ne peut s'empêcher de faire exploser des couleurs vives et saturées qui célèbrent des femmes en parfaite maîtrise de leur séduction.

Jean-Paul Gaultier, Dita von Teese
Jean Paul Gaultier et Dita Von Teese - Photo : AFP

Simple intermède dans un défilé de près de 50 silhouettes, la célèbre effeuilleuse Dita Von Teese arrive en noir de la tête au pied, retirant ici une manche, là un bout de mousseline, sous le regard attendri de son compagnon Louis-Marie de Castelbajac, au premier rang aux côtés de son père couturier.

En corset rose poudré recouvert d'armatures noires, comme une cage soulignant les os du squelette, elle présente ses fesses rebondies et son immense sourire rouge poudré au public, conquis et déchaîné.

"C'est presque un prétexte", s'amuse Jean Paul Gaultier en coulisses après le spectacle, "en fait, Dita aime se déshabiller pour mieux s'habiller".

"En couture, on utilise le terme de désossement pour évoquer les structures d'un vêtement", dit-il, expliquant avoir, tout au long de la collection, voulu "montrer les articulations", sur le corset de Dita comme sur des tenues plus classiques.

"J'ai joué sur des effets de carrure", explique-t-il, estimant être revenu à une certaine "sobriété" et en tout cas à "quelque chose de plus rigoureux, de moins explosé, moins baroque".

Au premier rang, Catherine Deneuve en satin anis, mais aussi Inès de la Fressange ou le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand admirent les silhouettes aux turbans années 1940, construits à partir d'un anneau de feutre de différentes couleurs.

Sur des airs de Barbara, "le Bois de Saint Amand", et de Juliette Gréco, "si tu t'imagines" et autres "j'suis toute nue sous mon pull", défile beaucoup de noir pour cette collection automne-hiver.

Des matières chaudes, une large étole en renard dans laquelle on rêve de mettre le bout du nez, un tailleur en cuir couleur "cognac" dont les poches sont en fermoirs de porte-monnaie.

Sur un ensemble pull-pantalon bleu gris, surviennent des seins en vison noir, rappelant ceux que le couturier avait créé pour Madonna mais en plus ronds, moins obus. Soulignant les fesses, une autre incrustation de fourrure. C'est ça du Gaultier sobre?

Premiers applaudissement spontanés pour une jupe longue en tweed brodée de plumes d'autruche noires et blanches, aérienne malgré l'épaisseur du tissu. Comme pour la première explosion de couleur, cette robe en satin-cuir vert éclatant dénudant les épaules et sa pelisse assortie, doublée de fourrure.

Puis un smoking au pantalon brodé de paillettes: Le modèle défile un porte-cigarette interminable au bout des doigts.

Un boléro en plumes recouvre un corset moulé sur le buste, en cuir couleur chair: De loin, on croit voir la peau du mannequin. Au dos, des lanières noires pour le lacer.

Enfin la mariée. En robe-trench ivoire, elle traverse les rideaux de velours noir un violon sur l'épaule. Quelques notes comme pour s'échauffer et elle se lance dans la marche nuptiale, mimant le mouvement sur une bande son puissante.

"C'est peut-être une prétention", prévient Gaultier. Mais "la couture est censée être comme un Stradivarius: un peu agressif, un peu rebelle mais virtuose".

Par Gersende RAMBOURG

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