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Covid-19 : la mode italienne a perdu 3,5 milliards d’euros au premier trimestre

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12 mai 2020

La mode italienne dresse un bilan assez négatif au sortir du confinement. A l’occasion d’une conférence vidéo, Sistema Moda Italia (SMI), qui fédère les entreprises du textile et de l’habillement italien, a présenté ce lundi une étude sur l’impact qu’a eu jusqu’ici la crise du Covid-19 sur toute la filière. Le made in Italy a perdu notamment plus de 3,5 milliards d’euros en termes de chiffres d’affaires sur le premier trimestre 2020.


L'été 2020 vu par la marque italienne MSGM - msgm.it


Sur l’ensemble des entreprises sondées pour cette étude, 49 % ont accusé un recul de leurs commandes situé dans une fourchette entre 20 et 50 % par rapport à la même période un an plus tôt, et 29 % d’entre elles, une diminution de 10 à 20 % de leurs commandes. Tels sont les chiffres dévoilés par le président de SMI, Marino Vago, qui a déclaré s’attendre à un recul encore plus prononcé sur le reste de l’année.  

Selon les estimations de Sistema Moda Italia, l’export, considéré comme la locomotive du textile-habillement transalpin, pourrait chuter de 20 % en 2020, soit l’équivalent d’un manque à gagner de 6 milliards d’euros. Si l’on prend en compte les répercussions de ce recul des exportations sur l’ensemble de la chaîne de production, l’ensemble de la filière pourrait bien essuyer une perte de 7 à 9 milliards d’euros de son chiffre d’affaires.

Entre le 7 et le 17 avril, période à laquelle elles ont été interrogées, 76 % des entreprises ont déclaré être encore à l’arrêt, tandis que 24 % poursuivaient des activités administratives et de commerce en ligne. A noter que 13 % ont pu reconvertir leur production pour réaliser des dispositifs de protections individuelles (masques, etc.). "Des investissements ont été faits en vue de cette reconversion, qui pourrait se transformer en un business pour les entreprises compte-tenu de la forte demande en masques pour les mois à venir," a commenté à cet égard le directeur général de SMI, Gianfranco Di Natale.

Près de 95 % des entreprises interrogées ont eu recours aux amortisseurs sociaux, notamment le chômage technique, et pour 65 % d’entre elles, ces mesures ont touché plus de 80 % de leurs effectifs. De fait, la demande prioritaire du patronat de la mode italienne adressée au gouvernement est une aide en termes d’amortisseurs sociaux, ce qui témoigne pour les dirigeants de la fédération "d’une vraie volonté de vouloir sauvegarder la force de travail du made in Italy".


Le président de SMI, Marino Vago, durant la conférence - ph Dominique Muret


Au deuxième rang des requêtes, les entreprises demandent des "politiques de garantie des liquidités", autrement dit davantage de facilités dans l’accession aux emprunts, suivies par "des politiques fiscales". "Si le gouvernement s’abstenait de demander dans les mois qui viennent l’acompte fiscal sur les futurs bénéfices des entreprises, cela leur permettrait d’injecter immédiatement des ressources au sein de la filière, en payant leurs fournisseurs, etc., tout en créant un cercle vertueux", note Marino Vago.

Parmi les principales problématiques engendrées par la crise du coronavirus, les entrepreneurs du made in Italy placent en tête de leurs préoccupations "les relations avec leurs clients", autrement dit la détérioration des rapports entre les différentes entreprises de l’amont et de l’aval au sein de toute la chaîne de production, avec des abus, en particulier, comme le soulignent les dirigeants de Sistema Moda Italia, de la part des grands groupes usant de leur position dominante.

Les problèmes financiers et de liquidités n’arrivent qu’en deuxième position, suivis par la lourdeur de la bureaucratie et l’annulation des principales manifestions et autres salons intéressant le secteur. Ce regret est interprété positivement par SMI, qui voit dans cette dernière préoccupation un signe d’optimisme de la part des entreprises italiennes, "qui veulent aller de l’avant en dépit de la situation".

En revanche, Marino Vago a fustigé durant la conférence le manque de cohésion entre les différentes entreprises et districts italiens, qui une fois de plus ont fait entendre des voix discordantes au lieu de s'afficher unis. Il a mis en avant aussi la distribution inégale de la valeur sur toute la chaîne de production, pénalisant souvent les industries de l'amont, tels les tisseurs.

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