DDP se relance avec au style Francisco Terra, le créateur de Neith Nyer

DDP prend un virage fashion. La marque française qui a connu le succès sur le segment streetwear dans les années 1990 et 2000, surtout auprès des ados avec ses célèbres sacs à dos, avant de se recentrer sur le prêt-à-porter féminin en 2009, revient sur le devant de la scène avec un nouveau projet. Fondée en 1995 par Laurent Caillet avec son associé Didier Mauroux, via la société BMC, DDP se relance avec Francisco Terra à la direction artistique, tandis que les fils de l’entrepreneur, Nicolas Caillet à la direction commerciale et le cadet, Antoine, à la direction marketing, prennent la relève aux côtés de leur père.


Une silhouette du défilé DDP - DR

La réédition de quelques pièces emblématiques relayée uniquement sur les réseaux sociaux avait montré la voie l'an dernier, alors que le rappeur américain A$AP Rocky s’affichait en couverture d’un magazine dans une salopette jaune DDP. De quoi convaincre les propriétaires du potentiel de la marque, qui a vu ses ventes reculer ces dernières années, avec un chiffre d’affaires descendu à 23 millions d’euros. D’autant que les pièces phares de la marque, exhumées des archives, comme le pull-over à rayures, la salopette en jean, le baggy ou le sweat à capuche sont totalement en phase avec le filon années 1990 en vogue aujourd’hui.

Pour ce nouveau départ, DDP marque le coup en organisant un défilé en pleine Fashion Week, qui s’est tenu mercredi soir, juste après Kenzo, avec Francisco Terra en chef d'orchestre. « Nous avons rencontré Francisco Terra par hasard, en lui louant un showroom. Nous avons tout de suite accroché avec lui et signé pour une collaboration, en lui confiant dans la foulée la direction artistique », explique à FashionNetwork.com Nicolas Caillet, qui, après 17 ans passés en Chine, à Shenzhen, à la tête d’une entreprise spécialisée dans l’agencement de magasins, s’apprête à revenir à Bordeaux pour réintégrer le siège de DDP.

« Nous souhaitons remettre du style dans la marque. Cette collection est totalement en phase avec ce que nous faisions, avec les couleurs, les imprimés et l’esprit un peu décalé. C’est une ligne un peu plus haut de gamme composée de 70 références, qui va s’adresser surtout à l’export et aux boutiques un peu plus pointues. Francisco Terra va piloter aussi les autres collections, celle grand public avec près de 400 références s’adressant à nos magasins et aux multimarques, et une ligne intermédiaire, baptisée DDP Revival, qui rééditera, via des capsules, d’anciens modèles remis au goût du jour », poursuit l’entrepreneur.


Deux looks DDP signés Francisco Terra - DR

Originaire du Minas Gerais, au Brésil, le nouveau créatif de DDP a voyagé et multiplié les expériences avant de s’installer en France en 2008 pour se former à la mode. Il fait ses classes chez Givenchy avec Riccardo Tisci, puis chez Carven, où Guillaume Henry lui donne le goût du détail et du vêtement bien coupé.
 
En 2015, il fonde sa propre marque, Neith Nyer, du nom de sa grand-mère maternelle, couturière, qui lui a transmis sa passion pour le vêtement. Finaliste du Prix du label créatif de l’Andam en 2018, le designer connu pour son style irrévérencieux mixant les influences les plus diverses, de la couture aux telenovelas et aux sous-cultures, donne un coup de fouet à l’enseigne avec une collection inventive et touffue, où le tailleur-pantalon en caoutchouc jaune, façon ciré de pêcheur, côtoie la robe du soir réalisée en un patchwork de fleurs découpées dans du feutre.

Ces mêmes fleurs un brin Seventies sont déclinées dans des teintes pâles ou vives dans des collants, des robes en jersey, de grandes doudounes. De même, un motif tartan aux tons clairs parcourt cette garde-robe fraîche et joyeuse dans des pantalons, des chemises nouées au cou par un gros nœud et des sacs à dos à accrocher à la taille. Les filles sortent en jogging ou en mini-jupe en maille à rayures arc-en-ciel avec juste un double soutien-gorge coloré sous la veste. Des manteaux trois-quarts en écofourrure ou laine bouclée complètent le vestiaire.


Le costume tartan proposé par le créateur de Neith Nyer pour DDP - DR

Du côté des accessoires, DDP continuera à produire en licence de la maroquinerie et de la papeterie scolaire. L’enseigne s’est par ailleurs dotée d’une nouvelle identité graphique, conçue par le groupe CCC, tandis que ses mascottes ont été redessinées, en particulier le fameux Egg Man.

La production se poursuit en Chine, où un troisième frère, Arnaud Caillet, pilote une usine textile, mais aussi en Inde et pour grande partie à Prato, en Italie. « Relancer DPP est un vrai challenge. Nous sommes en train de remettre une équipe commerciale en place pour consolider notre réseau d’une centaine de boutiques surtout situées dans des petites villes. L’objectif est de développer le réseau d’affiliés et de succursales dans les grandes villes et de s’internationaliser avec la collection du défilé », conclut Nicolas Caillet.

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