×
Publié le
21 janv. 2016
Temps de lecture
3 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

David Hart : "Un jeune designer devrait commencer par rejoindre une marque"

Publié le
21 janv. 2016

L'année 2015 fut riche en événements pour David Hart. Le jeune designer new-yorkais, qui s'était fait remarquer par ses cravates, noeuds papillon et pochettes, a été designer par GQ comme l'un des meilleurs designers menswear des Etats-Unis, puis a été finaliste du Woolmark International Prize, et plus récemment finaliste du CFDA Vogue Fashion Fund. Et tandis qu'il était choisi pour être l'ambassadeur du salon Première Vision New York, il finissait l'année avec une collection capsule réalisée pour Gap. Une aura sur laquelle il développe sa signature.

David Hart - Première Vision New York


FashionMag : En tant que jeune designer, que retirez-vous de ces différents concours ?

David Hart : J'ai beaucoup appris. Tout spécialement dans le cas du CFDA/Vogue, qui est un process très intense, avec cette possibilité de dialoguer avec des spécialistes parmi les plus influents de la mode américaine, comme Anna Wintour, Steven Coe, Diane von Furstenberg... Cela force l'humilité. Et le plus grand défi était de trouver l'équilibre entre le business, la compétition et l'aspect créatif. Les designers apprennent beaucoup de ces concours. Car s'ils ne peuvent pas surmonter ces défis, comment pourraient-ils faire du business. Si on ne peut pas parler de sa propre marque avec éloquence, comment sommes-nous supposer la vendre au consommateur ?

FM : Qu'avez-vous retiré de votre expérience avec Gap ?

DH : C'était incroyable de se confronter à la puissance de Gap. De devoir prendre des choses que j'avais créées pour les adapter au mass market, au sourcing, et à tout ce qui vient avec. Et au final, vous retrouvez vos créations dans les magasins de 17 pays, et sur Internet, et tomber rapidement en rupture de de stock. En tant que designer, cela permet de prendre conscience que l'on tient quelque chose que les gens veulent porter, mais aussi de gagner en humilité.

FM : L'extension vers le womenswear est-il dans vos projets ?

DH : Ce fut l'un des principaux enseignements du CFDA. Anna Wintour et Jenna Lyons m'ont toutes deux conseillé d'aller vers le féminin, m'expliquant que c'est à travers le marché féminin que vous attirez l'attention du secteur. Mais avant cela, il s'agit d'amener le masculin à une stabilité suffisante pour introduire l'offre féminine. Car le marché féminin est saturé, et il faut donc un point de vue fort pour y exister. Et être un créateur émergent, c'est faire face à tous les challenges, comme ces usines avec lesquelles vous ne pouvez pas travailler faute d'atteindre la commande minimale requise.

FM : D'où l'intérêt de d'abord se forger auprès de marques ?

DH : En sortant de l'école, un jeune designer devrait commencer par rejoindre une marque, à mon avis. Si possible une marque que vous respectez et que vous admirez. J'ai travaillé pour Anna Sui, Tommy Hilfiger et Ralph Lauren, et toutes avaient leur propre façon de faire. L'expérience vous apprend alors le rythme des saisons, la justesse des coupes, comment réunir tous les éléments. Si votre idée est d'avoir votre propre marque, n'abandonnez jamais cette idée, et faites vos croquis le soir après le travail. Commencez avec une catégorie de pièces, un produit phare. Sacs, chaussettes, cravates, t-shirts... Avoir un grand produit sur lequel vous pouvez développer votre activité et d'autres produits.

FM : Quelle sera l'étape suivante de votre développement ?

DH : En 2015, nous avons été très concentrés sur les retombées presse, pour nous faire un nom. Maintenant, pour 2016, l'heure sera au déploiement de notre stratégie de distribution. Nous aimerions nous développer vers le Canada, l'Australie, mais aussi les Etats-Unis, où nous ne sommes présents que dans les grandes villes. Or, à l'heure des réseaux sociaux, ce n'est plus pertinent de ne s'adresser qu'à quelques villes clefs. Par ailleurs, il est difficile de percer sur le marché européen, ne serait-ce que pour obtenir des rendez-vous, ou pour se rendre à Paris ou sur le Pitti Uomo. Il est difficile de rencontrer ces acheteurs en personne. 

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2021 FashionNetwork.com