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De la 3D et des algues au salon mondial de l'optique Silmo

Par
AFP
Publié le
today 25 sept. 2015
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Réalité virtuelle pour tester de nouveaux verres, impression 3D sur-mesure ou montures en plastique à base d'algues : le salon mondial de l'optique Silmo, qui s'est ouvert vendredi à Villepinte, donne un aperçu du futur d'un secteur en pleine forme.


Visuel Silmo 2015


Le Français Essilor, numéro un mondial du verre ophtalmique, y présente sa dernière innovation : « Nautilus », un casque immersif à réalité augmentée. Commercialisé à partir de janvier prochain en France et en Europe, cette sorte de périscope permettra aux opticiens de faire tester et comparer à leurs clients les effets des différents verres du groupe, avec une vision 3D et une correction personnalisée, pour mieux faire son choix.

« Cela va bouleverser l'expérience d'achat en magasin, en permettant des achats plus éclairés », pronostique Ludovic Mathieu, le directeur général d'Essilor France. « Dans deux ans les opticiens se demanderont comment ils faisaient avant, quand ils n'avaient que des brochures et la parole » pour convaincre, estime-t-il.

De 3D il est aussi question chez Roger Bacon, une start-up néerlandaise qui propose de scanner la morphologie de votre tête à l'aide d'une tablette numérique, pour fabriquer avec des imprimantes 3D des lunettes épousant parfaitement les courbes de votre visage.

En démocratisant le sur-mesure, l'impression 3D « va transformer l'industrie des lunettes », prédit Pieter Jonckheer, ingénieur de formation et cofondateur de Roger Bacon, qui après les Pays-Bas vise les marchés britannique et français dès l'an prochain. Il faut quand même débourser « entre 280 et 350 euros » pour avoir de telles montures, mais « comparé à des lunettes faites à la main, le prix est raisonnable », assure Pieter Jonckheer.

Lunettes aux algues made in Bretagne

Autre « révolution » annoncée, les montures de lunettes conçues en plastique extrait d'algues : Naoned, opticien-créateur de Nantes, a lancé vendredi cette « première mondiale », qui se veut une alternative verte aux matériaux pétro-sourcés.

Car les algues, récoltées au large de la Bretagne, sont rapidement renouvelables, compostables et leur culture ne nécessite aucun traitement chimique ni apport en eau. D'où un « capital-sympathie dingue autour de cette matière », selon Jean-Philippe Douis, le créateur de la société nantaise. Il reste toutefois discret sur le procédé de transformation en plastique, sous-traité à une entreprise bretonne, Algopack, tout en assurant qu'il est « peu énergivore ».

Le résultat donne des montures ressemblant à de la corne de buffle, légèrement veinées, légères et flexibles, pour un prix oscillant entre 250 et 300 euros. « On n'a pas envie de donner une notion élitiste à ce matériau », mais les coûts actuels de fabrication sont forcément plus chers que les solutions classiques, justifie Jean-Philippe Douis.

Dans les matériaux toujours, une autre innovation vient cette année du Portugal, où la petite société Cara D'Pau propose des montures de luxe partiellement composées de liège, un bois jusqu'alors exclu du domaine de l'optique car jugé pas assez résistant, mais dont le Portugal est le premier producteur au monde.

« Nous utilisons un vernis spécial pour protéger le liège » des intempéries, assure Tiago Silva, le patron de Cara D'Pau, qui vante surtout la légèreté du matériau : « Les montures en liège ne pèsent que 17 grammes, contre 25 à 30 grammes pour des montures ordinaires ». Beaucoup moins léger s'annonce en revanche le prix de vente, gardé confidentiel.

Quant aux lunettes connectées, « on pensait qu'elles seraient beaucoup plus présentes mais on s'est rendu compte que le produit n'était pas encore prêt », surtout au niveau du design et de l'intérêt pour les consommateurs, relève Eric Lenoir, le directeur du Silmo, qui attend environ 35.000 visiteurs jusqu'à lundi.

La leçon de l'échec des très technophiles Google Glass a été bien retenue par la coopérative des opticiens Atol, qui vient de lancer « Téou », des lunettes connectées mais répondant à un besoin basique: retrouver ses montures égarées, grâce à un système électronique discrètement embarqué dans une branche, relié à une application de géolocalisation sur smartphone.

« Téou, c'est d'abord des lunettes de consommateur traditionnel, faites pour bien voir », affirme Eric Plat, le PDG d'Atol, qui voulait avant tout des montures « légères, confortables et esthétiques », car « le consommateur a horreur des trucs compliqués ».

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