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De Milan à Paris, quand la mode s'interroge sur son avenir

Publié le
28 janv. 2020
Temps de lecture
4 minutes
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Alors que l’urgence climatique menace notre planète comme une bombe à retardement, la mode peut-elle continuer sa course folle comme si de rien n’était ? Rien ne semble changer, à en juger par le marathon des Fashion Weeks, qui viennent de s’achever avec leur habituelle frénésie et calendriers croulant sous une offre explosive et une croissance exponentielle de nouvelles marques. Seules quelques maisons ont semblé s’interroger sur l’avenir du système, ou du moins tenté d’amorcer une réflexion.


Jean Paul Gaultier - Spring-Summer2020 - Haute Couture - Paris - © PixelFormula


A ce titre, il est singulier de noter que la semaine de la Haute Couture, dernière étape de ce marathon de janvier, s’est conclue littéralement par un enterrement. Celui de la carrière de Jean-Paul Gaultier, symbole par excellence de cette mode toute puissante, qui a explosé et débuté sa course effrénée dans les années 1980. Mercredi soir, ils étaient tous là. Le tout-Paris et l’ensemble du monde de la mode s’était pressé au théâtre du Chatelet pour assister au dernier défilé Haute Couture de son "enfant terrible".

Pour ouvrir son show, le styliste avait choisi de projeter les images en noir et blanc d’un enterrement. Celui que l’on voit dans le film Qui êtes-vous Polly Maggoo ?. Une satire de la mode tournée en 1966 par le photographe William Klein, où la protagoniste s’interrogeait au beau milieu d'un cimetière : "Est-ce que Paris est mort ? Je veux dire la Haute Couture… " Et c’est un cercueil, qui faisait son entrée dans la foulée sur le podium, porté par six croquemorts danseurs.

Mise en abyme chez Prada



En début de saison, ce sont les mises en scène de deux autres créateurs qui avaient interpellé. Celles de Miuccia Prada et d’Alessandro Michele chez Gucci. La première a organisé son défilé dans deux arènes, plaçant le public sur des gradins et une passerelle surélevée, l’obligeant ainsi à regarder d’en haut les mannequins aller et venir au niveau inférieur. Comme une mise en abyme, où les protagonistes de la mode font partie du décor, tout en prenant les distances en observant la scène de loin. Une manière d’appeler à un moment de réflexion nécessaire.

Pour le défilé Gucci, Alessandro Michele a choisi de faire défiler ses mannequins dans la pénombre autour d’un énorme pendule, nous signifiant que le compte à rebours a démarré et qu’il est temps d’agir. Chez JW Anderson, une maison stylisée en flammes s’affichait sur certains tee-shirts. "il y a péril en la demeure", nous lançait ainsi le créateur Jonathan Anderson, dont le portrait apparaissait sur des mannequins en plastique regardant le défilé, assis au milieu du public, et portant le même tee-shirt !


Walter Van Bierendonck - Fall-Winter2020 - Menswear - Paris - © PixelFormula


 "On sent clairement que l’on s’approche d’un changement en profondeur, et la réaction est celle de freiner, par peur. Tout est pressurisé. On est au bord du ravin", analyse Patricia Lerat, consultante à la tête de l’agence showroom PLC Consulting. "La mode a produit excessivement ces dernières décennies et cette surconsommation n’a plus de sens aujourd’hui. C’est tout le système qui doit évoluer et affronter ce bouleversement. Les jeunes designers baignent là-dedans, ils sont beaucoup plus éveillés et conscients des nouveaux enjeux", poursuit-elle.

Avec sa collection intitulée W.A.R (Walter: about Rights), le designer artiste Walter Van Beirendonck a été le seul à prendre nettement position, en hurlant haut et fort : "Stop". Pour bien marquer le coup, il a fait défiler sur toute la première partie, des hommes hérissons recouverts de pointes gigantesques sur les épaules, les chaussures et même sur les joues. Des vêtements-carapaces pour affronter le monde d'aujourd'hui et demain.

"I hate fashion copycat"



Le show se terminait par un cortège d’hommes-sandwiches en leggings blancs sur lesquels on pouvait lire "W My Planet, W My Future", affichant une série d’autres messages engagés sur des tee-shirts pancartes : "Stop buying fast fashion" (arrêtons de surconsommer des vêtements), "I hate fashion copycat" (je déteste la mode"), "save the planet" (sauvons la planète), etc.

Il en faudra sûrement plus pour secouer la planète fashion. Cette tournée de défilés semblait même plus hystérique qu’à l’ordinaire. A Paris, en particulier, a été atteint un nombre record de plus de 80 défilés, entre ceux figurant au calendrier officiel et ceux en "off", sans compter les innombrables présentations et la multiplication exponentielle de showrooms, témoignant d’une surabondance de nouveaux labels arrivant sur le marché.


Prada - automne-hiver 2020/21 - Milan - - ph Dominique Muret


"Aujourd’hui, la mode de création n’existe plus. Le prêt-à-porter, c’est devenu surtout du produit, du logo. Le glas de la mode, celle qui existait dans les années 1980 avec des créateurs qui avaient le pouvoir de faire rêver et de donner envie aux gens d’acheter, a sonné", constate la journaliste et experte Antigone Schilling.

L’enterrement évoqué par Jean-Paul Gaultier ne pouvait être plus pertinent, comme pour souligner, au-delà de ses adieux, la fin d’une époque. Les nouvelles générations de designers ne se font pas d’illusions. La fête est finie. Au Pitti Uomo, le styliste anti-mode Telfar Clemens a illustré parfaitement le concept en faisant défiler ses mannequins sur une table de banquet tâchée de vin au milieu des restes de la "grande bouffe".
 

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