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12 janv. 2020
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De N°21 à Marni, les designers subvertissent les codes masculins à Milan

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12 janv. 2020

À Milan, alors que de nombreuses marques ont marqué un net retour à leur ADN se repliant sur leurs fondamentaux, certains designers comme Alessandro Dell’Acqua pour N°21 et Francesco Risso pour Marni, ont esquissé une nouvelle silhouette masculine.


N°21, automne-hiver 2020/21 - © PixelFormula

 
Avec ses fins pull-overs en cachemire s’ouvrant totalement dans le dos, ses chemises en popeline azur dont le col se prolonge en rubans à nouer en nœud autour du cou et ses tee-shirts en dentelles couleur chair ou kaki, Alessandro Dell’Acqua dessine un homme sensuel. Ainsi, la classique chemise en coton blanche est ajourée dans le haut du dos, les pantalons en drap de laine sont noués par une ceinture ultra-longue qui flotte sur le côté, les chandails léopard sont tout doux, en mohair.

"Je suis parti d’une idée de basiques pour créer un nouvel habillement formel. Mais ce 'new formel', il faut le construire. Les jeunes d'aujourd'hui sont attirés par les vêtements formels, mais cela ne doit pas être trop classique. Il faut leur offrir une nouvelle attitude", nous explique le couturier en backstage, qui s'est orienté du coup sur un homme sexy.

La collection est de fait pensée pour être portée aussi par la femme, comme le confie Alessandro Dell’Acqua. Avec ses beaux trenchs, où se détachent en lettres et chiffres géants le logo de la marque, ses pull-overs qui glissent sur la peau, ses jolies chemises d’homme. 
 
Loin des hédonistes de N°21, Marni nous projette, à travers de longs tunnels métalliques, dans un univers sombre et vaguement hostile, ambiance fin du monde. Une foule informe se meut dans l’obscurité, balayée par le faisceau d’une lueur bleutée. Les mouvements sont ralentis comme si les corps étaient englués.
 
La lumière éclaire ici et là des personnes aux contours indéfinis, comme les vêtements qu'ils portent. Des tricots échancrés ou des mini polos moulants se superposent à des maillots à manches hyper longues, quand ils ne laissent pas voir directement le nombril. À l'inverse, des chemises aux imprimés hypnotiques se dilatent, ainsi que des pantalons ultra-larges.
 

Marni, automne-Hiver 2020/21 -PixelFormula


Quelques têtes dépassent d’une énorme écharpe où le cou s'engonce. Autre look singulier, la veste oversize, la maxi-chemise et le gros pull, endossés façon mini-robes, les jambes nues chaussées de solides bottes en cuir. Une silhouette, qui rappelle singulièrement celle en caleçon de N°21.
 
Une veste à carreaux, trop lâche, s'effiloche vers le bas. Une autre semble mitée. Un trench en coton ou un manteau en laine sont luisants sur le col, comme si une averse s’était abattue sur les épaules et les manches. Avec leurs bords brunis, certains vêtements semblent consumés ou brûlés.

Dans cette chorégraphie signée par l'artiste danseur Michele Rizzo, où deux groupes finissent par se former allant à la rencontre l’un de l'autre, cette étrange communauté se croise sans jamais se toucher, hommes et femmes se dévisagent d'un air hagard, presque sidéré.
 
Le directeur artistique Francesco Risso poursuit ses expérimentations, où l'imperfection dessine une nouvelle esthétique en devenir. Comme l'illustrent ces vêtements hybrides, du manteau court croco côté gauche et maxi en cuir vert côté droit au cardigan long à boutons d’un côté et micro de l'autre.
 

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