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Traduit par
Clémentine Martin
Publié le
7 déc. 2021
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7 minutes
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De Pablo Isla à Marta Ortega : analyse d'une transition accélérée chez Inditex

Traduit par
Clémentine Martin
Publié le
7 déc. 2021

La nomination de Marta Ortega à la tête d’Inditex n’est pas ce que l’on pourrait appeler une grande surprise. La nouvelle présidente du groupe fondé par son père, Amancio Ortega, représente la relève générationnelle d’un projet familial qui a été méticuleusement orchestré au cours des dernières années. Sa médiatisation a été progressive et ses responsabilités au sein du groupe, et notamment de sa principale enseigne Zara, ont peu à peu gagné en importance. Mais les derniers événements, eux, ont de quoi faire hausser quelques sourcils, suscitant même les inquiétudes des analystes financiers. Le 31 mars 2022, Pablo Isla quittera la présidence de l’entreprise après dix-sept ans à son poste.


Pablo Isla quittera la présidence d’Inditex en mars prochain - Inditex


La "démission" de ce dirigeant souvent considéré comme le meilleur PDG au monde semble à la fois précipitée et risquée, dans un contexte d’incertitudes sanitaires et de crise de l’approvisionnement, où la transformation digitale et l’écoresponsabilité donnent du fil à retordre aux géants de la fast-fashion.

Pour entrer dans cette étape déterminante, Inditex a jeté son dévolu sur une nouvelle recrue: Óscar García Maceiras, un avocat de Galice ayant connu une longue carrière dans le secteur de la finance avant de rejoindre l’entité il y a quelques mois seulement. Alors, que penser de ce changement de cap qui débouchera sur le départ de l’homme qui a façonné toute la transformation d’Inditex?

"Inditex est une entreprise collective plutôt qu’individuelle", a commencé Pablo Isla dans son discours devant la presse mardi 30 novembre dernier. Il a salué le travail de tous les salariés de l’entreprise et remercié Amancio Ortega et le conseil "pour leur soutien et leur amabilité". Après dix-sept ans à la tête du groupe, dont il est PDG depuis 2005 et président depuis 2011, c’est une "période très fructueuse" qui touche à sa fin. À partir du 31 mars 2022, le dirigeant renoncera à ses responsabilités et à son statut de membre du conseil de l’entreprise. D’ici là, Pablo Isla sera chargé "d’assurer une transition fluide pour conclure son engagement auprès d’Inditex".

Ces "changements judicieux", fruits d’une réflexion propre "aux côtés d’Amancio Ortega", se traduiront par la promotion de Marta Ortega à la présidence du groupe et au conseil dès le 1er avril prochain. "Cela fait quinze ans que Marta est dans l’entreprise, elle a dirigé beaucoup de projets et elle la connaît sur le bout des doigts. Elle restera très impliquée dans le développement produit et supervisera toujours l’offre mode de Zara", a résumé Pablo Isla à propos de sa future remplaçante.

Marta Ortega n’était pas présente lors de la conférence de presse, contrairement à Óscar García Maceiras, qui a prononcé quelques mots de remerciement pour le travail effectué par Pablo Isla. Secrétaire général et membre du conseil d’Inditex depuis mars dernier, Óscar García Maceiras va maintenant devoir assumer la responsabilité des affaires courantes et diriger l’entreprise installée à Arteixo (La Corogne) dans sa nouvelle étape. Nommé directeur général avec effet immédiat, cet ex-avocat d’État et ex-responsable d’entités financières comme Banco Pastor, Banco Popular, SAREB et Banco Santander va prendre la suite de l’un des plus proches collaborateurs de Pablo Isla: Carlos Crespo.

Un départ inattendu qui annonce une nouvelle étape



Après deux ans seulement à son poste, ce dernier va être muté et endossera le rôle de directeur des opérations, de la transformation écoresponsable et du digital. Contrairement à Óscar García Maceiras, Carlos Crespo est l’un des piliers d’Inditex, où il a fait son entrée il y a vingt ans. Ces changements à la direction, annoncés par quelques rumeurs depuis le début de la semaine dernière, ont pris effet mardi 30 à la première heure, comme l’a indiqué un communiqué remis à la CNMV (Commission nationale du marché des valeurs) incluant notamment la "démission" surprise de Pablo Isla. Mais ce ne sont pas les seuls "poids lourds" de l’entreprise à quitter ses rangs. En janvier 2020, le secrétaire du conseil d'administration, Antonio Abril, avait abandonné Inditex après plus de trente ans au service d’Amancio Ortega.


Siège d’Inditex à Arteixo (La Corogne) - Inditex


Malgré la discrétion légendaire et la communication millimétrée à laquelle le groupe espagnol est habitué, cette conférence de presse improvisée (le prochain rendez-vous physique avec la presse reste prévu pour le mois de mars, à l’occasion de la présentation des résultats annuels du groupe) a laissé entrevoir quelques détails d’importance, en plus des courtes déclarations se limitant à répéter le contenu des communiqués de presse soulignant la "continuité du modèle" dans la prochaine étape de l’entreprise.

Pablo Isla a mentionné plusieurs fois Amancio Ortega, désireux de souligner leur étroite relation, avec une familiarité inhabituelle. Il a aussi salué le travail de certains responsables des enseignes d’Inditex, dont aucun ne forme partie de la nouvelle équipe de direction: Carlos Crespo, déjà mentionné, Pablo del Bado Rivas (directeur général de Pull&Bear), Miguel Díaz Aranda (directeur financier et des opérations de Zara), Ignacio Fernández Fernández (directeur général des finances d’Inditex), Javier García Torralbo (directeur général du e-commerce de Zara), Begoña López-Cano (directrice générale des ressources humaines d’Inditex), Beatriz Padín Santos (directrice de Zara femme), Jorge Pérez Marcote (directeur général de Massimo Dutti) et Óscar Pérez Marcote (directeur général de Zara).

"Nous abordons actuellement cette transition parce que nous considérons que le moment est opportun et que l’entreprise est solide. Nous la préparons depuis quelque temps de manière discrète. Le modèle d’activité et les valeurs de l’entreprise restent inchangés", insiste Pablo Isla, se voulant rassurant.

Mais les investisseurs, eux, n’ont pas accueilli les changements d’organisation avec autant d’optimisme et les actions du groupe, numéro un de la Bourse espagnole, ont dévissé de plus de 6% le jour de l’annonce, malgré des bénéfices de 9,5% depuis le début de l’année. Chez Bankinter, on estime qu’après une première réaction négative, l’équipe de direction du groupe devrait conserver la même ligne stratégique; mais chez IG, le son de cloche est tout autre: l’entreprise a, selon les spécialistes, subi "un dur revers avec l’apparition de la pandémie, presque forcée de changer de modèle d’activité". Face aux doutes du secteur financier, le président nuance: "J’ai toujours été convaincu que le cours des actions devait être étudié à long terme et j’ai pleinement confiance en l’avenir".

L’homme qui a accompagné le succès d’Inditex



Pablo Isla est entré chez Inditex à 41 ans, en 2005, présenté à Amancio Ortega par le chasseur de têtes Carlos Alemany. Vice-président, PDG et homme de confiance du milliardaire espagnol, ce diplômé de l’université Complutense de Madrid pouvait déjà se targuer d’une trajectoire brillante: tout d’abord en tant qu’avocat d’État de 1989 à 1991 puis, dans le secteur financier, en tant que conseiller pour plusieurs institutions de Banco Popular. Après un retour de deux ans dans la fonction publique en tant que directeur général du Patrimoine de l’État au ministère de l’Économie et des Finances, Pablo Isla a été nommé secrétaire général de la banque espagnole avant de devenir président du conseil d’administration du fabricant de tabac Altadis et d’assumer la direction de Logista. Six ans seulement après son arrivée chez Inditex, le dirigeant madrilène en prenait la présidence, assurant la relève du fondateur du groupe.

Tout comme l’avait à l’époque fait son prédécesseur, José María Castellano, qui avait orchestré l’introduction en Bourse d’Inditex, Pablo Isla quittera dans quelques mois une entreprise en meilleure forme que lorsqu’il y est entré. Avec une gestion rigoureuse et un modèle intégré fonctionnant comme un coucou suisse, le géant du textile affiche une position internationale consolidée après être passé de 3.000 à plus de 6.000 boutiques physiques aujourd’hui et avoir multiplié sa valorisation boursière par 10. " Je ne veux pas m’arroger le mérite. Je crois que le travail que nous avons effectué en équipe au cours des dernières années a été exceptionnel. Nous avons relevé des défis très difficiles, comme la crise financière ou celle du Covid-19", conclut Pablo Isla lorsque l’on évoque ses faits d’arme pour le groupe.

D’après le rapport annuel de rémunération fourni par Inditex à la CNMV, le dirigeant quittera le groupe avec un confortable plan épargne retraite de 9 millions d’euros, à ajouter aux près de 2 millions d’actions (valorisés autour de 55 millions d’euros) qu’il possède depuis sa nomination en tant que président. Pablo Isla n’a pas évoqué son propre avenir et s’est contenté de sourire. Durant les prochains mois, il sera concentré sur le processus de transition dans l’entreprise dont il fait encore partie. En tout cas, son précieux talent n’entrera pas au service de ses rivaux pendant au moins deux ans: une clause de non-concurrence non respectée pourrait lui valoir une pénalité de deux annualités (près de 6,5 millions d’euros).

Cet homme discret qui préfère rester dans l’ombre quittera l’entreprise et le secteur textile en mars prochain. À 57 ans, on peut lui prédire une brillante carrière à un poste dédié à la transformation sociale ou à l’innovation. En tout cas, les offres ne devraient pas manquer.

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