Decathlon célèbre la capacité d'innovation de ses marques propres

L'innovation comme moteur. Chez Decathlon, il s'agit d'un mantra concernant la croissance future, mais aussi la cohésion des équipes. Avec ces trophées de l'innovation, l'enseigne de sport française a su créer l'émulation entre ses différentes marques et attiser l'intérêt de ses clients.


L'équipe d'Itiwit victorieuse - FNW

Mis entre parenthèse l'an passé, l'événement s'est tenu le 14 juin au Decathlon Village de Bouc-Bel-Air, à proximité de Marseille, un concept mêlant un magasin Decathlon de plus de 8 000 mètres carrés et des lieux de pratique sportive opérés par 33 partenaires sur 35 hectares. Cette année, 18 innovations étaient présentées, allant de la chaussure de basket junior aux poteaux de rugby gonflables en quelques secondes, en passant par le repose-cervicales pour les abdominaux, le jeu de battes de cricket, la balle de golf reproduisant le comportement sur un green ou le skate adapté aux enfants.

Pour choisir les gagnants de ces trophées, le groupe a demandé à ses équipes à travers le monde et à ses clients de voter pour leur produit phare. Des présentations dans ses magasins ont notamment égrainé la semaine précédente. Une approche collective et fédératrice qui s’est ponctuée par un événement jeudi soir, retransmis en direct pour que ses collaborateurs du monde entier (des équipes de traduction oeuvraient en coulisses) puissent suivre ce moment. Manière aussi de créer des ponts entre équipes de développement produit et les équipes de vente qui s’approprient le produit.

Et à voir la joie des équipes d’Itiwit, qui ont remporté le premier prix pour leur kayak gonflable nouvelle génération, la compétition est prise très au sérieux en interne. C'est même avec des trémolos dans la voix que Nicolas Senie, ingénieur produit et leader du projet, a remercié les équipes réunies sur la scène. Entre études et développement, le projet a occupé celles-ci pendant près de deux ans et demi. « Pour le développement, nous sommes même allés assez vite, glisse l'ingénieur. Mais entre la mousse, le composite, la création des moules pour les cale-pied, cela nécessite de nombreux échanges et l'implication de tout le monde. Au début, on nous disait que ce ne serait pas possible, mais on a eu l'écoute de la production. Car sans un lien fort avec eux, un produit comme ça ne peut pas sortir. Et ensuite le produire en série, c'est un truc de dingue. »


Les deux produits les plus plébiscités sont des produits outdoor - FNW

C'est certainement pour cela que les participants présents apparaissaient si investis. Venues d'Hendaye, des Hauts-de-France ou de Sallanches, les équipes créatives défendaient le fruit de longs mois de recherche, de défrichage.

« L'an passé, nous avons remis à plat notre offre camping », explique Fabien Marescaux, chef de produit qui développe ces produits chez Quechua, la marque outdoor du groupe, qui est arrivée second avec sa popote MH500, un set de camping perfectionné. « Cela semble anodin, mais par exemple, pour imaginer la meilleure poignée, Floriane, qui est ingénieure, et Jérémy, qui est designer, ont travaillé longuement pour trouver les fonctionnements les plus pratiques et sécuritaires. Ensuite, cela demande souvent plusieurs moules pour créer la bonne pièce plastique, puis trouver la matière la plus appropriée ». Un challenge d'autant plus grand qu'avec l'internationalisation du groupe, les produits doivent répondre aux attentes et exigences économiques, culturelles et normatives des différents marchés. Ce projet d'une popote de cuisine a ainsi lui aussi demandé plus de deux années de travail.

Au final, Decathlon a défini son approche. Il recherche trois types d'avancées. L'innovation discrète qui facilité la pratique sportive, l'innovation qui vient améliorer un produit et enfin l'innovation de rupture qui ouvre les champs d'une pratique nouvelle ou s'ouvrant à de nouveaux pratiquants. Chaque marque du groupe (près de 80 aujourd'hui) a donc pour défi d'imaginer de nouveaux produits pour ses pratiques sportives. Au niveau global, le groupe français explique compter 850 ingénieurs et 300 designers. Ils sont aussi présents dans la structure Decathlon qui apporte les ressources et infrastructures, avec le Sports Lab, basé dans la périphérie lilloise, ou l'Add Lab, spécialisé notamment dans l'impression 3D pour créer des prototypes. Le groupe explique avoir déposé en 2018 45 brevets ou extensions de brevets.

L'atout du groupe est d'être acteur aux points clés de la vie d'un produit de sa naissance, avec ces équipes R&D, à sa commercialisation grâce à son réseau de magasins. « A présent que le Kayak Strenfit X500 fonctionne, nous travaillons sur un deux places et un canoé, explique Nicolas Senie. Mais maintenant, ce n'est plus de notre ressort. La balle est dans votre camp pour le présenter au mieux à nos clients. », a-t-il lancé aux équipes commerciales.

SI le groupe n'est pas identifié par le grand public comme un leader de la R&D, ces projets lui ont permis de renforcer son modèle et son image de proximité avec ses clients. Même si ses ventes se sont légèrement affaissées en France en 2018, l'enseigne figure toujours parmi les préférées des Français..

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