Défilés Homme à Milan : un homme décontracté et "concret"

La Fashion Week Homme de Milan s’est achevée mardi sur un bilan positif, avec des collections automne-hiver 2016-17 variées et de bonne facture, appréciées dans l’ensemble par les acheteurs. Même si dans les rues du centre-ville et à l’entrée des shows, on ne sentait pas d’effervescence particulière, pas plus qu’on ne voyait la foule habituelle de la fashion planète...

La tendance cocooning s'installe pour l'hiver prochain. Ici, un look de Fendi - © PixelFormula

La raison de ces désaffections notées sur certains shows est due à une  sélection importante des personnes accréditées sur les défilés, pour des raisons de sécurité. Quelques griffes sont allées jusqu’à supprimer totalement les « standing », c’est-à-dire les places debout, ce qui a contribué à accentuer l’impression de vide dans quelques salles habituellement bondées. Des griffes ont choisi quant à elles volontairement des espaces réduits, jouant la carte de l’exclusivité.

Néanmoins, les institutions de la mode transalpine se disent satisfaites. « Les acheteurs japonais et coréens sont revenus en force à Milan cette saison. Avec son offre renouvelée, un peu plus jeune et internationale, la place milanaise est en train de redevenir trendy, tirée aussi par des marques comme Prada et Gucci, dont les propositions dictent les tendances », se réjouit le président de la Chambre de la mode italienne, Carlo Capasa.

Au sein du salon de recherche White, dédié à la Femme et à l’Homme, qui s’est tenu du 16 au 18 janvier en parallèle de la Fashion Week, le nombre des visiteurs étrangers a bondi de 22 %, indiquent les organisateurs.

La capitale lombarde a été choisie aussi par de grandes marques pour y lancer leurs nouveaux projets, comme la collection de ville du sportif Rossignol ou la ligne urbaine Peuterey Studio du spécialiste de la doudoune italien, qui a recruté pour l'occasion le designer Federico Curradi.

Force est de reconnaître que Milan s’est donné davantage de moyens pour mettre en avant la jeune création, et pas seulement italienne, s’ouvrant à l’international. La Chambre de la mode (CNMI) a ainsi apporté son soutien à de nouvelles marques étrangères, comme le label londonien Helen Anthony, lancé en juin dernier, qui a pu organiser dans la capitale lombarde son tout premier défilé, en clôturant la semaine ce mardi 19 janvier.

Prada ose le costume classique avec les gants de laine - © PixelFormula

Parmi les marques ayant choisi Milan pour présenter leur collection figuraient de nombreux noms étrangers, dont la plupart faisaient leurs premiers pas sur la scène mode tels que l'Ouzbek Ferutdin Zakirov, les Turcs Serdar et Les Benjamins, le Chinois Miaoran ou encore le Franco-Italien Sunnei.

Cet afflux de nouveaux noms a contribué à élargir une gamme de propositions éclectiques et innovantes, tandis que sur les podiums dominait une garde-robe assez « consensuelle », entre formel et sportswear.

« Les propositions étaient très concrètes », résume un acheteur italien. « Mais le marché a besoin de concret en ce moment », souligne-t-il. Du caban marine à la parka kaki, en passant par le manteau en tweed poivre et sel et les costumes à carreaux, l’homme imaginé par les couturiers milanais pour l’hiver prochain semble surtout peu inspiré.

Il se cache derrière un vestiaire traditionnel aux tons sombres, où les registres masculins les plus classiques et rassurants sont reproposés jusqu’à la nausée : du style militaire, avec pléthore de pièces kaki et boutons métalliques, au monde du sport avec chaussures de trekking (à lacets rouges de préférence) et vêtements de plus en plus performants, confectionnés dans des matières techniques et affublés de poches, zips et autres sangles destinés à rendre l’homme connecté d’aujourd’hui toujours plus mobile.

L'homme veut s'habiller concret. Ici, Diesel Black Gold - © PixelFormula

Ne manquent à la panoplie, ni le style « navy » avec des tenues de mousses vues chez Prada et Ermanno Scervino notamment, ni la sempiternelle référence à la nature (Missoni est allé jusqu’à faire défiler ses mannequins sur un tapis de feuilles mortes). 

Parmi les tendances les plus inattendues, celle « cow-boy » proposée par Dolce & Gabbana et Antonio Marras, et celle spatiale avec de jolies tenues argentées. Ici et là, en effet, un manteau, un pantalon ou encore un blouson en argent étincelant sont venus illuminer des collections, dans l’ensemble, bien sages.

L’homme de demain semble se concentrer toujours plus sur un vestiaire essentiel et pratique. En témoignent les nombreux ensembles monochromes ainsi que les collections construites juste autour de quelques pièces incontournables.

Dans cette quête à la simplicité demeure une exigence : celle du confort absolu, qui s’est traduite par une large utilisation de la maille avec des pantalons-caleçons et de nombreux chandails prenant le dessus sur la chemise. Le gilet sans manche porté bras nus devient un must.

Les ensemble pyjama de Dolce & Gabbana - © PixelFormula

Cette recherche du confort donne une allure toujours plus décontractée à l’homme, qui confine souvent au cocooning. Les tendances oversize et tricot de l’hiver dernier perdurent et semblent même s’installer durablement.

Dans cet esprit, la cape, réinterprétée à toutes les sauces, devient la pièce phare de la nouvelle garde-robe de l’homme. De même, les couvertures-châles jetées sur les épaules sont partout, tout comme les bonnets et les gants en laine.

Toujours dans le filon « cocooning », le « nightwear » entrevu lors des saisons passées fait désormais partie du quotidien de l’homme, qui rêve de s’habiller en ville exactement comme à la maison.

Exit le vulgaire jogging. Place au costume-pyjama, totalement démocratisé, aux pantoufles fourrées banalisées par Gucci, et au manteau-robe de chambre qui a fait un tabac sur les podiums milanais !

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