Défilés Homme : les 12 collections phare de la saison

La saison des défilés et présentations des collections masculines printemps-été 2018 aura duré 17 jours et s'est achevée dimanche soir à Paris. Un circuit en quatre étapes, comprenant 150 défilés et au moins le triple de présentations. Le voyage a commencé avec une collection collective d'étudiants à Londres, s'est prolongé à Florence, capitale de la Renaissance, avant la trépidante Milan, un peu plus au Nord, pour s'achever dans un Paris qui a retrouvé son optimisme, dans la cour d'un lycée années 1930. Une saison presque complètement débarrassée des cravates, où le volume s'épanouit sans limites et où la rencontre entre les matières techniques du vestiaire sportif et la noblesse du tailleur traditionnel est décrite, disséquée, mise en scène. 

Voici notre sélection, toute subjective, des 12 meilleures collections, par ordre alphabétique : 


Alexander McQueen printemps-été 2018

Alexander McQueen, Paris

Tailleur rock et puissant; styling subversif; découpes laser sur cuir; usage outrancier de fermetures Eclair (notamment sur l'une des tenues total cuir, digne de Joe Strummer) et un pardessus brodé d'un arbre de vie, sublime. Voilà la haute couture pour homme du XXIème siècle à son meilleur.

Dolce & Gabbana, Milan

Personne ne fait une mode plus survoltée et explosive que Domenico et Stefano, dont la collection déjà iconique était portée par des stars d'Instagram nées après l'an 2000. Qu'y voyait-on ? Une nouvelle version du chic, plus connectée, des costumes en soie brillante coupés au rasoir, couleur orange amère ou prune; des pyjamas de soie imprimée de motifs éblouissants de cartes à jouer, ou encore des manteaux de pluie fabuleux recouverts d'un valet de trèfle.

Edward Crutchley, Londres

Le mélange des genres demeure un thème partagé par beaucoup de créateurs, mais Edward Crutchley pousse cette recherche jusqu'à l'obsession. Cet ancien de Louis Vuitton mêle des jacquards sublimes et des soies imprimées de motifs camouflage déments, jetés sur des messieurs en crinolines; il propose aussi des kimonos de geishas et des nuisettes fleuries. Pas le moindre vêtement portable au bureau, mais le meilleur défilé qu'on ait vu à Londres cette saison.


Emporio Armani printemps-été 2018 Emporio Armani - Emporio Armani


Emporio Armani, Milan

Giorgio Armani a toujours regardé vers le Japon pour y trouver son inspiration. On a rarement vu le minimalisme, le sens de la mesure et l'esthétique propres au pays du Soleil Levant s'accorder aussi bien avec travail d'Armani que dans ce show Emporio, parcouru de justaucorps-kimonos, de vestes Hanten (vestes matelassées traditionnelles) à boucles et brandebourgs, de merveilleux smokings dorés et de bombers brodés de chrysanthèmes mémorables. 


Ermenegildo Zegna printemps-été 2018

Ermenegildo Zegna, Milan

Un homme nomade et sophistiqué parcourait le défilé Ermenegildo Zegna, où Alessandro Sartori le bien nommé présentait une silhouette tourbillonnante. Des justaucorps légers comme l'air en cuir perforé ou soie rayée, qui flottaient avec grâce, ou des redingotes en denim très délavé déambulaient sous le cloître rouge brique de l'Université de Milan. Pour un géant qui a bâti son empire sur la vente de costumes à de jeunes cadres dynamiques, il s'agissait d'un show historique.

Fendi, Milan

Le message à retenir de cette saison de défilés européens, c'est que les hommes d'affaires qui ont du style, les nouveaux barons d'Internet ou les apparatchiks de l'art contemporain ne portent plus de costumes en été. À la place, ils veulent des vêtements à la fois précieux et adaptables à chaque situation, confortables pour voyager, agréables à porter dehors, mais suffisamment chauds pour supporter la climatisation. La collection de Fendi était, de ce point de vue, parfaite : la marque romaine a proposé des costumes très légers, respirants, en nylon à motifs madras; des gilets de facteur en cuir velours et des blousons militaires avec écussons Fendi en cuir. La Silicon Valley sur les chemins de la Ville Éternelle.

Hed Mayner, Paris

Un public de 500 invités a attendu debout, sous le soleil brûlant, devant le Palais Brongniart, pour découvrir la première collection de ce jeune créateur israélien. Et ça valait le coup. Un fouillis époustouflant composé de cotons rayés masculins, de toile usée récupérée sur de vieilles tentes et du cuir d'ameublement... le tout réuni avec bon goût sur des gilets évasés ou des vestes immenses et tourbillonnantes, dans une collection unique qui annonce l'arrivée d'une nouvelle star de la mode.
 
J.W. Anderson, Florence

Un tour de force à la Villa La Pietra de Sir Harold Acton. Jonathan Anderson s'est inspiré de la pop culture, de la camelote vendue en souvenirs aux touristes, avec une dose d'ironie. Le créateur originaire d'Irlande du Nord s'est placé lui-même sur un T-shirt, avec un casque de caporal et un titre : « Militant Men Wear J.W. Anderson » (Les hommes combattifs portent J.W. Anderson). Un défilé mémorable, sur les hauteurs de la douce Florence, propice à une méditation politique sur les droits des homosexuels, à l'intérieur d'un jardin débordant de statues de dieux nus. 


Louis Vuitton printemps-été 2018 Pixel Formula - Pixel Formula

Louis Vuitton, Paris

Numéro d'équilibriste chez Louis Vuitton, où Kim Jones a eu le courage de briser quelques règles, même s'il est à la tête du studio Homme d'un empire à sept milliards d'euros. Shorts de plongée pour la ville, costumes ultra amples en laine grise magnifique, avec finitions en équipements d'alpinisme, monogramme bleu lagon sur des sandales parfaites : dans l'art de marier la technique et l'appel du large, Kim Jones reste le meilleur.


Thom Browne printemps-été 2018 PixelFormula - PixelFormula

Thom Browne, Paris

Des hommes en souliers à hauts talons ou enserrés dans des fourreaux en laine gris clair, ou dans des robes-manteaux à rayures craie, ou encore dans des jupes plissées d'institutrices coupées avec élégance. On pourrait croire, à lire ce résumé, que le défilé était un peu grotesque; on se tromperait. Il s'agissait au contraire d'une authentique leçon de mode, où le savoir encyclopédique de Thom Browne sur l'histoire du vêtement amenait la collection sur de nouvelles coupes, des lignes et des proportions inédites dans le tailleur pour homme.
 
Valentino, Paris

Le défilé qui résumait le mieux le vent qui souffle sur le menswear actuellement était celui de Valentino, par le créateur Perpaolo Piccioli. Une collection qui rappelle le style de la rue des années 1980, des hommes en survêtement, parka et blouson fluide, tous ornés de rubans, d'écussons, d'attaches Velcro, de broderies ethniques au verre. En bref, un chic sensible, athlétique, volontaire.
 
Yohji Yamamoto, Paris

« Ma collection parle de la douleur que les femmes peuvent provoquer », disait en souriant Yohji Yamamoto dans les coulisses du défilé, paraissant tout petit, encadré par deux basketteurs stars de la NBA. Pourtant, les images de cette collection magnifique étaient tout sauf fragiles. Des super-héroïnes ou des lionnes tamponnées sur des bombers en cuir, des clichés embrumés d'une Lady Macbeth plutôt sulfureuse ou d'une Mata Hari d'aujourd'hui imprimés sur de longs caftans. Un vestiaire masculin séduisant et artistique.

Traduit par Paul Kaplan

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