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28 sept. 2015
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Défilés femme été 2016 : Milan retrouve des couleurs

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28 sept. 2015

Avec l’Exposition universelle, qui bat encore son plein jusqu’à la fin du mois d’octobre et la Fashion Week dédiée aux collections féminines pour le printemps-été 2016, Milan était au centre du monde cette semaine. Depuis longtemps, on n’avait vu la ville vibrer d’une telle énergie.

« C’était plus mouvementé, avec beaucoup plus de monde que d’habitude, en particulier des acheteurs étrangers. On avait l’impression d’être revenu au bon vieux temps ! Entre événements, rendez-vous, présentations et ouvertures de boutiques, mon agenda était plein », constate Federico Giglio, détaillant palermitain habitué de la Semaine milanaise.

Le défilé Gucci été 2016 a marqué les esprits - © PixelFormula


Cet acheteur, qui détient six boutiques multimarques, a apprécié aussi la qualité des collections « avec des propositions intéressantes et concrètes ». « Même dans les shows les plus spectaculaires, il y avait toujours des idées et des pièces très vendables. Nous sommes optimistes pour la fin de l’année », conclut-il.

Cette Semaine de la mode a donné un coup de fouet à la capitale lombarde, prenant elle-même un coup de jeune. Même les fêtes étaient « plus cool et effervescentes », selon un habitué des nuits milanaises.

De la soirée donnée par François-Henri Pinault en honneur du nouveau directeur artistique de Gucci, Alessandro Michele, véritable star de cette Fashion Week, à l’exclusive soirée organisée par Altagamma, la Bourse italienne et Vogue, en passant par la grande fête organisée en l'honneur de Riccardo Tisci, les happy fews ont été servis.

« Cela a été une des Fashion Weeks les plus réussies depuis des années ! Nous avons eu une semaine très vivante, pleine d’événements et avec une grande affluence. Notre Fashion Hub, installé dans le quartier rénové de Porta Nuova, devenu le nouveau centre névralgique de la Semaine de la Mode, a vu le nombre de ses visiteurs tripler par rapport à la saison dernière », se réjouit le président de la Chambre de la Mode italienne (CNMI), Carlo Capasa.

Le travail sur la matière de Marco De Vincenzo a ébloui - © PixelFormula


Des inquiétudes planaient en ce qui concerne les acheteurs chinois, dont on redoutait une diminution en raison du ralentissement de ce marché. « Mais en fait, ils sont venus en force. Nous avons noté aussi la présence d’acheteurs provenant pour la première fois de certaines zones d’Afrique », note Carlo Capasa.

Le spectacle était au rendez-vous avec des défilés pimpants et énergiques, et surtout une nouvelle vague de jeunes designers promus à la tête des grandes Maisons, qui ont apporté indéniablement un nouveau souffle à la mode italienne. Alessandro Michele, à la tête créative de Gucci, a été plébiscité alors qu’il présentait sa véritable première collection féminine, remarquée pour sa richesse et son originalité, mais aussi pour l’extrême qualité de sa manufacture.

L’arrivée de Peter Dundas chez Roberto Cavalli a, en revanche, moins convaincu. Si la collection a été notablement rajeunie, les pièces proposées, trop simples et presque basiques, ont déçu. De même, le coup d’essai d’Arthur Arbesser chez Iceberg et celui de Massimo Giorgetti chez Emilio Pucci ont été observés avec prudence. Rendez-vous est pris d’ores et déjà pour la saison prochaine.

Dans l'ensemble, les collections semblaient toutes s’adresser à des femmes de plus en plus jeunes, presque des jeunes filles… Lentement, mais sûrement la mode féminine évolue, laissant de côté excès et artifices pour aller toujours plus vers l’essentiel. Les formes et les volumes se font de plus en plus larges pour un plus grand confort. L’influence sportswear n’est jamais très loin.

Les couturiers ont misé sur une simplicité apparente avec moins d’imprimés et de décorations, à l’exception de quelques collections poussant à l’hyper-décor (Gucci, Dolce & Gabbana, Prada entre autres). Ils ont fait appel à de grands blocs de couleurs ou des ensembles monochromes. Parmi les motifs les plus récurrents, les rayures verticales et les épaisses bandes horizontales, mais aussi le monde animal.

L’accent a été mis principalement sur l’accessoire, conçu pour frapper l’imaginaire. Les must have pour l’été prochain seront donc des bijoux format géant, des lunettes carrées, les sandales-pantoufles à plumes, les souliers à lacets de danseuse… sans oublier les micro-sacs.

Quant à la robe-combinaison à fines bretelles, elle sera la pièce incontournable qui devrait figurer dans toute garde-robe qui se respecte.

« Nous vivons un moment de changement. La mode se fait plus décontractée, imparfaite, moins construite. Tout est mixé. Les assortiments se font de manière culturellement plus élevée, insolite », résume Beppe Angiolini, titulaire de la boutique Sugar à Arezzo.

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