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22 sept. 2014
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Défilés femmes été 2015 : Milan se projette dans le futur

Publié le
22 sept. 2014

Entre crachin et grand soleil, la Fashion week de Milan s’est achevée lundi sur un sentiment un peu mitigé. "Peut mieux faire" est l'impression qui se dégage au terme d'une semaine raccourcie à cinq jours et demi, particulièrement chargée avec 67 défilés (auxquels s’ajoutaient 4 shows hors calendrier) et 78 présentations pour un total de 138 collections, ainsi que 36 événements parallèles, ouvertures de boutiques et autres fêtes, sans oublier les trois salons White, Super et Mipap.

Milan célèbre les Seventies, ici Roberto Cavalli (photo : Pixel Formula)


Cette Semaine de la mode dédiée aux collections de prêt-à-porter féminin du printemps-été 2015, qui s’est tenue du 17 au 22 septembre, a effectivement provoqué des mécontentements et laissé les habitués du circuit fashion sur leur faim.

En quelques jours, ces derniers n’ont guère eu le temps, en effet, de tout voir et ont dû jongler avec des journées comptant jusqu’à 13 shows, se superposant parfois l’un sur l’autre ou se déroulant d’un côté à l’autre de la ville.

"Le problème, c'est qu'il n’y a pas que les défilés ! Milan a présenté pas moins de 140 collections, qui méritaient toutes d’être vues. Or, en moins de six jours, c’était impossible", convient le président de la Camera della Moda, Mario Boselli. "Il faut qu'à l'avenir les couturiers se mettent d’accord pour s’étaler de manière équilibrée sur l’ensemble de la semaine, surtout en vue de l’Exposition universelle l’an prochain", déclare-t-il, en se réjouissant néanmoins de cette édition.

"Cette Semaine a été positive surtout pour la qualité de l’offre, notamment de la part des jeunes stylistes, qui ont présenté des collections intelligentes, étudiées aussi en fonction du marché avec une vraie attention aux besoins du public. Aujourd'hui, les jeunes designers ne se cantonnent plus au seul acte créatif, mais raisonnent sur l’ensemble du développement de leur marque", analyse Mario Boselli.

Stella Jean fait partie des nouveaux talents italiens qui se sont illustrés à Milan (photo : Pixel Formula)


Près de 15 nouveaux noms du made in Italy se sont ainsi insérés dans le calendrier officiel. Jamais la mode milanaise n’avait connu un tel renouveau.

La Camera della Moda a voulu donné un coup de pouce supplémentaire à ces "15 nouveaux talents de la mode" en leur consacrant un fascicule qui a été distribué durant la Fashion Week. D'Alberto Zambelli à Uma Wang, ces jeunes designers, qui ont tous fait montre d’une bouillonnante inventivité et d’une grande attention à la qualité, ont montré qu'ils n'avaient pas de complexe à avoir par rapport à leurs aînés.

Dans l’ensemble, les collections ont plu aux acheteurs. "Les stylistes ont abandonné le show pour le show avec des vêtements superlatifs mais importables. Chacun a suivi sa propre identité en proposant des pièces portables, peut-être moins importantes que par le passé, mais plus quotidiennes et donc vendables", constate Federico Giglio, qui détient six boutiques à Palerme.

Le style est d’une manière générale plus décontracté, avec des volumes amples et des matières fluides. Le filon sportif et le registre masculin s’inscrivent une fois de plus idéalement dans cette veine. La garde-robe est composée de pièces presque basiques : pantalons, vestes, t-shirts, débardeurs, shorts, minijupes portefeuille, maxi robes plissées et quelques tricots. Sans oublier le trench, indispensable pour les étés pluvieux. Dans cet esprit très pragmatique, Trussardi a composé l’une des collections les plus malines avec des pièces très quotidiennes, toutes déclinées dans toutes sortes de cuirs.

Les robes tableaux d’Antonio Marras (photo : Pixel Formula)


Certaines maisons sont parties de l’origine du vêtement, en proposant des tenues d’une grande simplicité, presque monacales, pour les décliner ensuite dans des versions enrichies, comme Prada, Marni, Salvatore Ferragamo ou encore Bottega Veneta, dans une démarche parfois conceptuelle. D’autres marques, entre autres Dsquared, Fendi et Antonio Marras, ont puisé leur inspiration dans l’art, les habits servant de toile à des compositions picturales abstraites aux couleurs vives.

Les pièces cintrées et très structurées ont pratiquement disparu des podiums. Le chic un peu bourgeois avec silhouette fifties n’est plus de mise. Le nouveau mot d’ordre décrété par les couturiers italiens est "liberté". "A bas les contraintes", semblent-ils proclamer à l’unisson. Plus besoin de s’embêter avec les ourlets. Les bords sont coupés franc, tandis que coupes en biais, jeux de panneaux et autres superpositions sont utilisés pour construire des vêtements sculpture difficilement imitables.

Dans ce contexte, beaucoup ont choisi la facilité en surfant à fond sur la vague (déjà amorcée les saisons précédentes) des années 1970 et en proposant des looks raffinés de néo-hippie avec silhouettes fleuries hyper échancrées, mini ou maxi-jupes tournantes, épaules et ventre dénudés, top et robe noués au cou, brassières et soutiens-gorge bandeaux. Sans oublier le retour en force du daim, utilisé absolument dans toutes les pièces de la garde-robe.

Milan exalte les détails : ici le micro sac et la montre fourrée de Fendi (photo : Pixel Formula)


"Les seventies, il n’y a que ça ! C’est la même tendance vue et revue à New York et Londres avec une pléthore de robes longues et mi-longues flottantes", confirme en riant un brin lassé Ken Downing, fashion director de Neiman Marcus.

Seule manière de se distinguer dans cette tornade seventies mondiale, c’est de miser à fond sur le made in Italy et son savoir-faire artisanal et créatif, comme le souligne Beppe Angiolini, titulaire de la boutique Sugar à Arezzo. "J’ai noté un effort important entrepris pour rendre la mode italienne plus glamour à travers des détails et des accessoires très particuliers, qui ne peuvent être réalisés que dans notre pays".

Le petit détail original, presque invisible, qui rendra le look unique. On l’a vu, en particulier dans les sacs miniatures, qui s’annoncent d’ores et déjà comme le hit de l’été prochain, et dans les talons transformés en véritables petits chefs-d’œuvre. Dolce & Gabbana parvient à y nicher des ex-voto, Marni invente le talon deux-roues, tandis que Salvatore Ferragamo revisite son historique modèle de sandales Rainbow (1938) avec un plateau formé de plusieurs couches de liège.

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