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24 sept. 2013
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Défilés femmes: le réveil de Milan

Publié le
24 sept. 2013

Une nouvelle énergie souffle sur Milan, qui se repositionne comme une importante capitale de la mode au terme d’une semaine intense et haute en couleurs. La Fashion Week dédiée aux collections de prêt-à-porter féminin du printemps-été 2014, qui vient de s’achever, a été couronnée comme l’une des éditions les plus réussies de ces dernières années.

Avec 74 défilés et plus de 140 collections présentées en cinq jours chargés (du 18 au 23 septembre), les nombreux événements parallèles et les deux salons White et Super, qui ont attiré respectivement 12 000 et 5 500 acheteurs, le riche programme de cette semaine a suscité une insolite effervescence en ville et dans les showrooms.

Prada, printemps/été 2014


"Positive", "bien organisée", "une grande réussite" … Tels sont les commentaires récurrents pour qualifier cette édition. Pour la première fois, les autorités locales se sont affichées clairement aux côtés de la Chambre de la Mode, lui apportant un important soutien dans l’organisation. La ville de Milan a mis à disposition de nombreux palais et monuments historiques. En particulier, le Palazzo Reale, qui a été réservé aux défilés des jeunes créateurs. La mairie a aussi organisé, en collaboration avec Condé Nast, la soirée de gala à la Scala en ouverture de la Fashion Week. Le maire Giuliano Pisapia s’est même rendu dans la célèbre rue Tortona, l’un des nouveaux quartiers de la mode à Milan, pour inaugurer le salon de recherche White Milano samedi (21 septembre).

"Je suis surpris par les compliments que je continue à recevoir, y compris de la part de personnes n’appartenant pas au monde de la mode, sur cette édition et sur les effets positifs qu’elle a eu pour la ville. Je ne pouvais m’imaginer atteindre un tel résultat en six mois. Il y a eu une incroyable énergie. Ce succès s’explique par la qualité des défilés, les multiples événements, mais aussi par les innombrables inaugurations et réouvertures de boutiques, signe de vitalité pour tout le secteur", se réjouit le président de la Chambre de la Mode italienne Mario Boselli.

Massimiliano Bizzi, le patron de White et le maire de Milan Giuliano Pisapia lors de l'inauguration du salon


"Nous avons enregistré une croissance des acheteurs italiens et étrangers, provenant notamment de l’Asie", poursuit-il sans donner de détails chiffrés. Un grand succès pour la Camera della Moda, qui a renouvelé son conseil de direction en mai dernier avec l’élection de grands noms du Made in Italy, tels les patrons de Prada et Tod’s, Patrizio Bertelli et Diego Della Valle ou encore Angela Missoni et Ermenegildo Zegna.

"Nous avons assisté à une renaissance à laquelle franchement je ne m’attendais pas. La présence de nombreux jeunes stylistes dans le calendrier a apporté un nouvel état d’esprit et de la fraicheur à la mode italienne en stimulant et réveillant tout le secteur", renchérit le président honoraire de la Camera della Moda Beppe Modenese.

Les représentants de la nouvelle génération du Made in Italy, dont les défilés ont été pour la première fois étalés tout au long de la semaine et programmés à de "bons" horaires, ont pu bénéficier d’une grande visibilité. Au-delà des nouveaux noms intégrant pour la première fois le calendrier officiel, tels Fay, Tod's, Fausto Puglisi, Msgm, Angelo Bratis, Uma Wang, Stella Jean et Philipp Plein, auxquels il faut ajouter Ludovica Amati défilant dans le cadre du salon White, d’autres jeunes stylistes talentueux mais encore peu connus du grand public ont su séduire plus d’un acheteur, tels Marco De Vincenzo ou Andrea Incontri, dont les collections ont été particulièrement applaudies.

Une proposition du styliste émergent Andrea Incontri


"J’ai trouvé très intéressantes les nouvelles propositions des jeunes stylistes sélectionnés par Vogue et Kering. J’ai ressenti une grande positivité et vu de très nombreux acheteurs étrangers, des collègues asiatiques, allemands, américains, russes. Milan reste la vraie capitale de la mode, où se fait vraiment le business. Paris privilégie davantage le spectacle. En Italie, on soigne beaucoup le produit et la portabilité", estime Federico Giglio, qui détient six boutiques à Palerme.

"Cela a été une semaine exceptionnelle, marquée par un retour à l’optimisme alors que l’édition de l’an dernier avait été très décevante. Avec mes collègues, nous avons constaté un début de reprise, car en août nous avons bien travaillé. Du coup cela m’a encouragé à augmenter mon budget d’achats et à insérer de nouvelles marques dans ma boutique. J’achète moins de produits mais je passe des commandes plus importantes sur des pièces plus coûteuses et particulières. La classe moyenne n’achète plus, quant aux clients plus riches, ils veulent des produits exclusifs. La mode logo ne marche plus", explique Pancrazio Parisi, titulaire de sept magasins à Taormine.

"C’est sans doute l’une des meilleures éditions à laquelle j’ai assisté. Paradoxalement, durant cette Fashion Week, on a respiré un climat euphorique de forte croissance, qui ne correspond absolument pas à la réalité de l’actuel marché italien", constate Giulio di Sabato, président de Assomoda, association regroupant les agents et les distributeurs italiens. "Nous avons assisté à un retour du bon goût avec des produits élégants et raffinés. Aujourd’hui la valeur ajoutée du Made in Italy justifie le coût plus élevé des produits et ce prix est accepté", poursuit-il.

Focus sur le savoir-faire artisanal italien. Ici, une proposition de Fendi


"Il y a une forte positivité envers l’Italie et les produits de très haute qualité avec une grande attention à l’apport artisanal, qui se marie aux nouvelles technologies pour aboutir à un produit contemporain", souligne Brunello Cucinelli. Le patron de la griffe homonyme spécialisée dans le cachemire de luxe, se félicite lui aussi pour cette semaine "très réussie" et ne cache pas son enthousiasme pour sa campagne de ventes, qui vient de s’achever avec succès.

"D’une manière générale, il y plus de luxe. Le produit a changé. Il est plus élégant et classique. Il valorise davantage l’artisanat italien avec des décorations plus riches, comme les pierres, les éléments dorés et surtout la dentelle", résume Beppe Angiolini, président de l’association des acheteurs italiens et propriétaire de l’enseigne "Sugar".

Msgm, l'un des nouveaux noms défilant pour la première fois à Milan


Broderies et dentelles opèrent en effet un grand retour et s’affichent comme la grande tendance de l’été prochain. Non pas les vieilles dentelles de grand-mères, mais des petits chefs d’œuvres de sophistication revisités dans un esprit contemporain. Pour le reste, les collections présentées à Milan se sont caractérisées par une nouvelle élégance à la fois plus dépouillée et relâchée, où le vêtement n’entrave jamais le corps, lacets et rubans prenant le relais du bouton. Les tenues sont monochrome dans des teintes neutres, ponctuées ici et là de couleurs intenses. Parfois les stylistes ont recours aux imprimés, en particulier à motifs floraux. Les longueurs hésitent entre le total look mini ou maxi. Tout est beaucoup plus aérien, ventre et dos se dénudant volontiers, pour un été 2014 qui s’annonce chaud.

A l’arrivée, cette semaine de la mode milanaise a mis en avant le travail important de recentrage effectué par chaque maison sur sa propre identité, sans trop se laisser influencer par les tendances de saison. Les acheteurs citent notamment les collections de Prada et de Fendi comme les plus innovantes et d’un très fort impact.

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