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Publié le
19 juin 2022
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5 minutes
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Défilés homme: l’urgence climatique se fait sentir à Milan

Publié le
19 juin 2022

Alors que les températures s’élèvent un peu partout dans le monde, sur les podiums milanais la question de l’urgence climatique a surgi dès l’ouverture de la Fashion Week Homme, vendredi soir, pour se poursuivre samedi, avec des collections pour le printemps-été 2023 misant toutes sur de fortes chaleurs. De Neil Barrett, qui a pris le désert comme thème, au soleil rougeoyant embrassant un podium couleur sable chez Dsquared2 ou le look caleçon/tricot de corps adopté par Dolce & Gabbana, le ton était donné. Comme l’ont illustré notamment les défilés de 1017 Alyx 9SM, MSGM et Emporio.  



Streetwear minimaliste pour le label - 1017 Alyx 9SM

 
 
C’est au bord de la piscine désaffectée du centre sportif Scarioni, que Matthew M. Williams a dévoilé la collection pour l’été prochain de son label 1017 Alyx 9SM. Le grand bassin vide avec son carrelage bleu délavé et craquelé, envahi par feuilles sèches et mauvaises herbes rendait assez bien l’idée de ce qui pourrait nous attendre dans quelques années avec le réchauffement de la planète. D’autant que même en fin de journée, la chaleur étant encore torride, et qu'elle s'est fait sentir, le show débutant avec plus d’une heure de retard empêchant le public de se rendre à temps au défilé suivant.
 
On pouvait noter, entre autres, parmi les spectateurs, la créatrice londonienne Martine Rose et le patron de Moncler, Remo Ruffini, avec qui le styliste américain a travaillé dans le cadre du projet Moncler Genius. Matthew M. Williams, qui est aussi le directeur artistique de Givenchy, défile à Milan depuis janvier dernier. Il revient cette saison à un streetwear chic minimaliste avec une attitude un brin plus cool. Même si les mannequins, la tête engoncée dans leur capuche et flottant dans des gilets carrurés sans manches, se donnent des airs de bad boy rebelles, affichant parfois sur leur tee-shirt le logo de la marque transformé en signe de la paix.

Les total looks blancs ou noirs dominent, avec d’amples pantalons unisexes en coton, cuir ou tissus techniques, simples, zippés ou à grosse poche. Le créateur joue sur les superpositions de tricots ultrafins, vestes sans manches, sweaters et gros blousons de motards en cuir. Parfois les mannequins s’affichent torse nu, avec juste un sweatshirt à capuche noué autour du cou. Aux pieds, des chaussures encombrantes, qui définissent la silhouette. Différents modèles de baskets réalisés avec Nike et d’énormes boots en caoutchouc.
 
Les femmes sont cantonnées pour la plupart au registre sexy dans une palette rose et jaune pastel, avec mini jupes en cuir, micro tenues moulantes froncées ou longues robes asymétriques taillées dans des tissus élasticisés pour maillot de bain. Le maillot de bain une pièce, ou body à manches longues, complète d'ailleurs la garde-robe.
 

Inspiration jungle urbaine pour MSGM - PixelFormula


Même décor inédit chez MSGM, qui investit le nouveau quartier Brenta, surgi ces dernières années au sud de Milan, avec ses édifices modernes tout en verre et béton. Là encore, les mannequins défilent au bord d’un bassin. Cette fois, l’eau est présente, mais verdâtre bordée de joncs, façon jungle urbaine.
 
"J’ai pensé à une île imaginaire, mais située au centre de Milan, une parenthèse insouciante et colorée pour transformer la dystopie en utopie", confie en backstage le directeur artistique Massimo Giorgetti, en citant "La possibilité d’une île" de Michel Houellebecq. Sa collection très estivale mélange les genres avec joie et humour. Les cravates "Regimental" sont démesurées et leurs larges rayures aux teintes vives se marient idéalement avec les polos et sweaters de rugby.
 
Ailleurs, le styliste puise dans le registre cow-boy avec chemises western et chapeaux texans, ou dans un esprit plus exotique avec des pull-overs et cardigans jacquard aux motifs amérindiens, dans lesquels s’invitent des palmiers aux teintes pop, et via des costumes bermudas gris ou noirs décorés de fleurs d’hibiscus et bananes esquissées à la peinture blanche, sans oublier les dauphins virevoltant dans le dos.
  
Tout est facile, léger et ultra frais. En particulier, le designer raccourcit les chemisettes en popeline, à fines rayures ou grandes fleurs tropicales, d’un coup de ciseaux radical, les transformant en crop-top rehaussés de colliers de coquillages, et remplace les shorts par de simples caleçons froncés à la taille, tellement plus pratique. Palmiers et autres crocodiles sont dessinés au laser, avec un effet déteint, sur des ensembles en denim.


Grand bleu et grande classe pour la ligne - Emporio Armani


On retrouve la même atmosphère estivale et nonchalante chez Emporio, la ligne plus jeune et sportive de Giorgio Armani, qui nous plonge d’emblée dans le grand bleu, entre le ciel azur de l’été et les mille nuances de la mer. Cette sensation de chaleur estivale est accentuée par divers détails, tels ces bérets ou mouchoirs de marin noués au cou, ces imprimés aquatiques inspirés du fond des piscines, les reflets miroitants de certains pantalons à coulisse, taillés dans des tissus effet brocart, ou encore ces vagues ou nuages bleu délavé dessinés à l’aquarelle sur des sweat-shirts ou tissés dans des tricots-filets texturés.
  
Les chemises et vestes sont impalpables, tout comme les vestes, effleurant à peine les corps. Des fentes aèrent tricots et pantalons. Les vêtements flottent avec sensualité. Des ensembles pantalons gris bleuté, amples et fluides, aux tricots ajourés rappelant les filets de pêcheurs, en passant par les chandails marine enfilés sur de confortables pantalons rayures à coulisse, tout respire la liberté et les vacances. Comme semble le souligner les grands sacs-housses exhibés par ces Messieurs, ton sur ton avec leur costume.
 
Pour le soir, l’homme Emporio endosse d’élégants total looks blancs, ou associe sa veste de smoking noire à un pantalon en coton immaculé, d’un très grand chic. Sans oublier cette référence à Venise avec deux modèles à rayures horizontales noires et blanches, qui font penser aux gondoliers. Notre homme ose parfois sortir torse nu et se donne un ton original cette saison en se tressant des mini-nattes façon rasta et en chaussant de gros chaussons-sabots en caoutchouc blanc.

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