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25 nov. 2022
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Denim Première Vision fait le plein à Milan

Publié le
25 nov. 2022

Après Berlin en mai, Denim Première Vision pose ses valises à Milan cette saison. Le salon spécialisé dans la toile bleue a pris ses quartiers du 23 au 24 novembre au sud de la ville, via Tortona, au sein des grands espaces de Superstudio Più, mettant l’accent plus que jamais sur le thème du développement durable. Comme en témoignent les nombreux slogans des exposants centrés sur le mot waste (déchet en anglais), à l’instar de celui-ci: "denim is never a waste" (le denim n’est jamais un déchet).
 

A Milan, Denim Première Vision a vu ses participants et visiteurs bondir - © Lucia Sabatelli


En fin d’après-midi, lors de la fermeture jeudi, les allées sont encore animées et les stands ne désemplissent pas. Les exposants ne cachent pas leur satisfaction. "La première journée, en particulier, a été exceptionnelle, en termes de qualité et de quantité avec de nombreux visiteurs internationaux, dont Allemands, Français et Anglais", nous confirme le commissaire du salon Fabio Adami Dalla Val, qui dirige depuis six ans les salons de Denim Première Vision. De nombreuses maisons de luxe ont fait le déplacement, dont Hermès, Chanel, Gucci, Prada, Armani, Alexander McQueen, Kering ou Zegna, mais aussi des marques comme Lacoste, Hugo Boss, Beaumanoir,  Diesel et Guess, ainsi que les géants du mass market tels Asos ou Zara.

Au total, le salon a attiré 2.027 visiteurs issus de 50 pays, soit une hausse de 27% par rapport à l'édition berlinoise de juin 2022 et de 65% par rapport à l'édition milanaise précédente d'octobre 2021. 

Les exposants aussi ont fortement progressé passant de 47 lors du dernier rendez-vous milanais il y a un an à 67 aujourd’hui. Le salon ne récupère pas encore son niveau d’avant Covid, lorsque la session de Milan accueillait 94 exposants, mais il n’en est pas loin. Au-delà des entreprises italiennes et turques venues en force, on assiste au retour des Chinois et des Japonais, tandis que les fabricants du Pakistan et du Bangladesh sont moins nombreux cette année, car ils font face à une importante baisse de leurs volumes.
 
A ces 67 exposants s’ajoutent quatorze marques et créateurs de jean, qui bénéficient pour la première fois d’un espace dédié, juste à l’entrée du salon, le "Denim Fashion District". On n’y trouve pas les grands labels du denim, mais des acteurs reconnus pour leur qualité et créativité, telles les marques milanaise Blue of a Kind, britannique Denzilpatrick et allemande Fade Out Label. Côté français, sont présents la plateforme d’upcycling Revibe avec le label Resap.
 
"Cet espace spécifique est la grande nouveauté du salon. A Berlin, ces marques n’étaient que 10 et éparpillées un peu partout. Dans le denim, la filière a toujours été courte et unie. L’idée est de favoriser les synergies et les rencontres. Nous avons ainsi commencé à inviter aussi des détaillants et des showrooms", indique Fabio Adami Dalla Val. "Nous sommes encore en phase d’exploration, mais c’est un filon sur lequel nous voulons investir", précise-t-il. Les marques complètent ainsi le parcours de Denim Première Vision, qui accueille habituellement tous les acteurs de la filière en amont, filateurs, tisseurs, confectionneurs (délaveurs, finisseurs), fabricants de composants et d’accessoires, développeurs de technologies, ou encore producteurs d'outils machines, tel l’Espagnol Jeanologia.
 

Le jean B210 du Turc Calik Denim se dissout totalement en absence d'oxygène - © Lucia Sabatelli


Autre nouveauté, l’approche radicalement différente par rapport à l’éco-responsabilité. "Auparavant, le développement durable était surtout un argument marketing. Aujourd’hui le greenwashing n’a plus de sens. Les producteurs sont beaucoup plus concrets proposant des solutions innovantes", constate Fabio Adami Dalla Val. De fait, les nouveautés étaient nombreuses dans tous les domaines. Participant pour la première fois à Denim Première Vision, l’Italienne Casati Flock, spécialisée dans la production de flocage, a par exemple mis au point un système pour transformer des chutes et sous-produits de denim en une poudre textile de flocage servant à réaliser de nouveaux produits, comme du papier en denim.
 
Parmi les innovations ayant suscité un grand engouement, le tissu en jean B210 entièrement biodégradable lancé par le fabricant turc Calik Denim. Grâce à une substance non toxique appliquée sur la fibre et le tissu durant le finissage, la toile bleue arrivée en fin de vie parvient à se dissoudre en 210 jours dès lorsqu’elle n’est plus en contact avec l’oxygène.

Isko présente une innovation tout aussi révolutionnaire avec son tissu Ctrl+Z, entièrement réalisé à partir de fils de coton et de polyester recyclés et de fibres de cellulose régénérées grâce à une technologie mise au point par l’entreprise turque permettant de séparer et récupérer les fibres mélangées au sein des déchets postindustriels, c’est-à-dire les textiles mis au rebut ou les stocks non vendus.
 
Ce thème de la durabilité est également présent à travers les stands particuliers de quatre entreprises n’appartenant pas au monde du denim, mais apportant des contenus inspirants au salon, tel celui de Tessitura La Colombina, qui a remporté un vif succès avec l’exposition de l’un de ses anciens métiers à tisser manuel datant de 1860, auquel s’essayent avec joie et curiosité les visiteurs. Ou encore l’installation de la ferme biologique Cotone Organico Sicilia, qui avec quelques autres agriculteurs méridionaux a réintroduit la culture du coton en Italie.

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