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Denim Première Vision innove à Milan

Publié le
today 28 mai 2019
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Après Londres en décembre, Denim Première Vision pose ses valises à Milan cette saison. Le salon spécialisé dans la toile bleue a pris ses quartiers du 28 au 29 mai au sud de la ville, via Tortona, au sein des grands espaces lumineux de Superstudio Più, et met l’accent sur le denim écoresponsable et les innovations avec une installation « inspirante » très réussie.


A Milan, Denim Première vision veut offrir une vraie expérience immersive - ph Dominique Muret

 
Dès l’entrée, le visiteur est plongé dans un décor inattendu, qui tient davantage de la performance artistique que du salon traditionnel. L’espace est confiné par quatre écrans géants sur lesquels sont projetées les images d’un film d’inspiration réalisé par l’équipe mode du salon. Passé ce sas, le public se trouve immergé dans une obscurité teintée de lueurs bleues et vertes.
 
Ici, l’espace est délimité par des plaques en plastique striées de couleur bleue suspendues à différents niveaux, derrière lesquelles on devine des vêtements, juste éclairés par un halo de lumière. Par endroits, des écrans diffusent des listes de chiffres et autres signes abscons pour un effet numérique futuriste.

L’idée est d’offrir une expérience à 360 degrés pour présenter les tendances de l’automne-hiver 2020-21 à travers une formule baptisée « A20W21 Laboratory » comprenant le film accueillant les visiteurs, un cycle de trois séminaires et cet espace réalisé par le scénographe et metteur en image Filippo Maria, du studio londonien FLMRS, et le designer italien Kristian Guerra, cofondateur avec sa sœur Laura de la marque conceptuelle et de la plateforme créative Ice Surface Temperature.
 
Ce dernier a conçu une « Smart collection selection », une douzaine de modèles en denim mettant en avant les dernières innovations technologiques et en matière de développement durable. Toutes les pièces ont été réalisées en effet avec une sélection d’entreprises, des tissus aux accessoires, présentes au salon et toutes certifiées pour leur approche écodurable. Elles ont été fabriquées en collaboration avec le producteur FashionArt et le spécialiste du délavage Tonello. « C’est une installation très immersive, l’idée étant de montrer que l’on ne peut plus séparer mode et développement durable aujourd’hui », souligne la directrice mode de Première Vision, Pascaline Wilhelm.
 
« Sur le thème de la durabilité, le denim a été l’un des premiers secteurs à comprendre que l’on pouvait agir et qu'il fallait investir dans cette direction. C’est une question d’approche et nous avons voulu souligner cette démarche dans cette étape milanaise. L’obscurité de l’espace est voulue. Cela incite les gens à venir toucher et voir de près les vêtements », nous explique Guglielmo Olearo, directeur des salons internationaux de Première Vision.
 

Quelques-uns des modèles proposés par le designer Kristian Guerra - ph Dominique Muret


Les créations de Kristian Guerra, avec des pièces en denim aux différentes textures, en relief ou façon caoutchouc, aux effets tour à tour laqués, cirés ou autres, avec leurs imprimés numériques, des décorations au laser ou encore des couleurs inattendues, illustrent toute la gamme des possibles dans le jeans, s’inscrivant dans les trois grandes tendances pour l’hiver 2020-21.
 
La première est le lien humain (Human connection), qui « place les personnes au cœur de la recherche pour une dynamique forte et secoue le monde du denim de manière généreuse, douce et agile ». La deuxième se centre sur l’imperfection digitale (Digital imperfection), où « la technologie se met au service des naturels bruts et affirmés pour un denim hybride et augmenté ». La dernière concerne la perception augmentée (Augmented perception), soit « la connectivité entre le digital et le physique pour développer des produits fusionnés et performants ».
 
« C’est une installation très créative et intéressante », s’enthousiasme Cem Güner, dont l’entreprise de tissage turque Tüsa Group participe régulièrement aux salons de Première Vision. « A Milan, l’espace est beaucoup plus grand qu’à Londres. Il y a une belle ambiance et nous avons vu pas mal de monde, même si la qualité des visiteurs est plus élevée à Paris », glisse-t-il.
 
Cette édition milanaise de Denim Première Vision a su se rendre attractive avec, au-delà de son installation immersive, de nombreuses conférences et des workshops, comme celui animé par Alessio Berto, modéliste denim, qui a travaillé entre autres pour Jean Paul Gaultier, Katharine Hamnett et Chanel, ou l’atelier consacré aux teintures avec Alessandro Maria Butto, expert en colorants naturels. Autre nouveauté, la création de la section Denim dans la marketplace ou plateforme d’e-commerce B to B lancée par Première Vision en septembre dernier, qui intègre pour la première fois les exposants tisseurs du salon dédié à la toile indigo.

Une vue du salon Denim Première Vision à Milan - ph Dominique Muret

 
« Après Londres, Milan était un choix naturel. Nous sommes devenus itinérants pour nous rapprocher des différents acteurs du marché en montrant que le denim est un produit extrêmement versatile. L’Italie compte de nombreux acteurs de cette filière et nous avons une bonne participation d’entreprises locales. C’est aussi l’une des capitales de la mode, où de nombreux créateurs ont réinterprété le denim », souligne Guglielmo Olearo.
 
A en juger par la participation au salon milanais, qui a augmenté de 27 % avec 93 exposants contre 73 en mai 2018, les organisateurs ont gagné leur pari. Comme en témoigne le tisseur italien Michele Cappio, à la tête de Cappio Tessuti : « Nous avons été parmi les premiers à fréquenter Denim Première Vision, d’abord à Paris et ensuite à Barcelone. Puis nous avions cessé d'y aller. Nous sommes revenus cette saison car le salon était à Milan. L’emplacement est beau et il y a pas mal de mouvement ».
 
Dans six mois, la manifestation retournera à Londres, mais cette fois dans un autre site : au Printworks, espace polyvalent situé à l’Est, dans les anciens Docks. « Un lieu merveilleux, qui offrira de nombreuses surprises », promet Guglielmo Olearo.

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