Dentelles : vers une structure Darquer-Noyon intégrant Desseilles ?

Pascal Cochez, industriel valenciennois, se propose de reprendre les dentelliers Noyon et My Desseilles, ainsi que la teinturerie Color Biotec. Trois structures actuellement en redressement judiciaire. Une nouvelle qui intervient alors que la période de redressement de Color Biotech et My Desseilles arrivent à leur terme le 12 septembre.


Desseilles

L’industriel a rencontré le 4 septembre les représentants du personnel de My Desseilles. Sa proposition définitive doit être présentée d’ici le 9 septembre. Pour l’heure, sur les 73 salariés, le projet impliquerait dix emplois, principalement administratif, destinés à rejoindre le giron de Noyon. Deux machines leavers dites « hauteur 144 », inventée par Desseilles, rejoindraient par ailleurs l’outil de production de Noyon. Le candidat à la reprise s’engage par ailleurs à prioriser l’embauche de 15 ex-Desseilles dans la nouvelle structure, qui pourrait s’appeler Darquer-Noyon. Un engagement accueilli avec scepticisme par le personnel, qui garde à l’esprit que le dossier Noyon se terminera également par des suppressions de postes.

« Le projet de reprise de Noyon a été présenté à l’administrateur judiciaire », explique à FashionNetwork.com Henri-Philippe Durlet, dirigeant de Noyon. « Nous attendons désormais la décision du tribunal de commerce concernant son évaluation, qui vient d’être repoussée du 12 au 23 septembre en raison du délai très court. Ce n’est en effet que le 12 août que Pascal Cochez, qui s’était déjà proposé pour reprendre l’aciérie Ascoval, aurait pris connaissance des difficultés des deux denteliers. Ce qui alimente plusieurs questions parmi leurs personnels respectif.

« Monsieur Cochez m’a personnellement fait une bonne impression, mais il y a ce sentiment qu’il ne sait pas trop où il met les pieds », s’inquiète Marc Bohler, directeur qualité de Desseilles. « Il est question de s’orienter vers la robe, or on sait les difficultés de ce marché, que les marges ne sont plus celles d’antan. Nos clients sont responsables de cette situation, à force d’avoir fait du prix le critère numéro 1. Desseilles ne dégageait plus aucun profit, tout se vendait à perte. Ce n’est pas pour rien si une structure si petite perdait quand même de l’argent. Aux prix qu’on nous demandait, même une production chinoise n’aurait pu répondre ».


Noyon

Reste le cas de Color Biotech, qui sera fixé sur son sort le 12 septembre. Un spécialiste de la teinture qui, nous rappelait Henri-Philippe Durlet en juillet, est la seule alternative au dispositif de teinture du groupe Holesco, lui-même propriétaire du dentelier Sophie Hallette.

De leur côté, les salariés de Desseilles réclament la liquidation, là où d’administrateur judiciaire appuierait une reprise, moins coûteuse pour la trésorerie. Au-delà des emplois et du savoir-faire, se pose aussi la question de la disparition du nom Desseilles, installé dans le paysage calaisien depuis 1947. Selon nos informations, il pourrait survivre sous la forme de collection My Desseilles dans l’offre de la future entité Darquer-Noyon. Subsistance toute symbolique dans un univers de la dentelle nordiste au devenir encore incertain.

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