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Des tisseurs asiatiques investissent aussi dans la qualité et les marques

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20 sept. 2005

PARIS, 20 sept 2005 (AFP) - Des tisseurs asiatiques du salon TexWorld ont témoigné mardi de l'explosion de leurs exportations pour le compte de grandes marques européennes, grâce à une main d'oeuvre bon marché mais aussi une qualité qui s'améliore, voire concurrence celle des tisseurs européens.


Un commercial exmine des échantillons de tissus fabriqués à Shanghai Photo : Liu Jin

Au salon international du textile d'habillement TexWorld, qui se tient au Cnit de La Défense à Paris jusqu'au 22 septembre, la moitié des 620 exposants viennent d'Inde (96), de Corée du Sud (85), de Chine (82), ou de Taïwan (73).

"On vient ici pour du grand volume et des petits prix", résume le couturier Olivier Lapidus, venu chercher des tissus pour ses robes de mariées Pronuptia Couture.

Mais TexWorld ne s'apparente plus au grand "souk" de ses débuts en octobre 1997. "Avant c'était un grand bazar. Les soies sauvages ne l'étaient que par leurs défauts. Maintenant il y a une évolution dans la filature, la teinture. En ce qui concerne l'ennoblissement, la qualité est quasi italienne", estime M. Lapidus.

Si bien que TexWorld apparaît presque comme un concurrent du salon Première Vision, réservé aux tisseurs européens visant le haut de gamme, qui se tient à Paris pratiquement aux mêmes dates.

Le président de TexWorld, Michael Scherpe, encourage même les exposants à "intégrer des services", comme ceux d'un agent de représentation, dans leurs prix de vente pour valoriser leurs produits.

Les clients "vont voir les couleurs et les tendances à Première Vision puis ils achètent leurs tissus à TexWorld", rapporte Aloke Kumar Jaipuria, président d'une société indienne de soies brodées Gyan Silk Mills.

Certains exposants de Première Vision ont même des filiales à TexWorld, à l'instar de Carreman Romania, filiale roumaine du tisseur français Carreman.

"Nous misons sur la créativité et la qualité", explique Mme Ding Cai Ling, la vice-présidente du groupe Shandong Ruyi, un des premiers producteurs chinois de textile, qui emploie 25.000 personnes.

Mme Ding signe d'ailleurs un catalogue de tendances sur la laine, dont le volume des exportations progresse de 30 à 40% par an, pour des grandes marques comme Hugo Boss ou Armani.

Venir à Paris permet de traiter "en direct" avec les clients, sans passer par un intermédiaire, précise-t-elle.

L'Europe devient aussi une terre d'investissement: Ruyi envisage de construire des usines à Biella, berceau de la laine en Italie.

Certes, depuis la réinstauration de quotas européens sur certains produits chinois, les affaires "ne sont pas aussi bonnes qu'au premier semestre" pour Yao Guang Textile, une entreprise de 100 salariés spécialisée dans la laine, même si cette catégorie n'est pas directement concernée, affirme son directeur général, M. Gavin. Mais les exportations progressent toujours, de 30% par an.

Les quotas ont surtout perturbé les échanges. "Les vêtements sont fabriqués dans des pays voisins de la Chine, comme le Vietnam. Si bien que nous devons vendre aussi notre tissu dans ces pays", explique Vicent Xu, directeur adjoint de Fujian Zhonghe, spécialisée dans le coton pour les marques Mango, HetM, ou Next.

L'Indien Gyan Silk Mills vend des soies brodées entièrement à la main, dont 65% sont exportées en Europe et aux Etats-Unis, pour Christian Dior ou encore Liz Clairbone.

Une spécificité que défend son président, Aloke Kumar Jaipuria, face aux concurrents chinois, "qui travaillent avec des machines", ou européens, qui ont une main d'oeuvre "plus chère".

Des tisseurs asiatiques innovent aussi, à l'instar de la société philippine Jubanitex, qui propose des tissus en fibre naturelle d'ananas, très prisée par l'aristocratie philippine.

Par Anne RENAUT

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