Dolce & Gabbana sort le grand jeu

Dans le brouhaha, les lumières s’éteignent. Sur un grand écran défile un film en noir et blanc. Zoom sur l’atelier de Domenico Dolce et Stefano Gabbana s’affairant au milieu de leur équipe, l’un penché sur un dessin muni d’un crayon, le mètre de couture suspendu à son cou, l’autre maniant ciseaux et aiguille. Savoir-faire, tradition, précision, passion. Tout est dit dans ce film-manifeste projeté en ouverture du défilé.


Dolce & Gabbana, automne-hiver 2019-20 - © PixelFormula

Comme lors du défilé masculin de janvier, Dolce & Gabbana a voulu célébrer l’élégance dans toute sa splendeur et fait appel à nouveau à un maître des cérémonies pour présenter sa collection de prêt-à-porter féminin pour l’automne-hiver 2019-20, un peu comme le faisaient les maisons dans le passé, annonçant les différents modèles lors de chaque passage.

Derrière son pupitre, à la droite de la scène tapissée de grands rideaux de velours rouge et surplombée d’un immense lustre, ce Monsieur Loyal explique au public que la collection « est dédiée à l’élégance féminine, que l’on trouve dans de nombreux chefs-d’œuvre de la peinture italienne, des portraits de Léonard de Vinci, Raphaël, Botticelli aux célèbres madones d’Antonello de Messine ». Une longue et illustre filiation esthétique, aboutissant à cette collection, où sont conviés tous les savoir-faire et métiers du made in Italy.

La parade, de près de 130 silhouettes, s’ouvre sur les notes mélancoliques du film La Strada de Federico Fellini avec une série de costumes masculins. Coiffées d’un Borsalino en feutre, avec nœud papillon de rigueur, les femmes revêtent des pantalons taille haute et des vestes croisées impeccablement taillées, enveloppées dans de maxi-manteaux en drap de laine noir ou blanc. Leurs smokings ou leurs costumes trois pièces sont naturellement faits sur mesure. Des redingotes et de vastes capes complètent le tableau avec un chapeau haut de forme.

Après l’allure masculine, changement radical de registre. La maison nous plonge dans une ambiance boudoir ultra-chic avec des tenues douillettes et soyeuses au tons pastel : robes et chemises de nuit en satin coloré intercalé de dentelles, pyjamas vaporeux en mousseline de soie bordés de vison, manteaux-peignoirs. Sans oublier nuisettes et robes-bustier en voile transparent, portées avec des pèlerines nouées au cou par de longs rubans.


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Dolce & Gabbana, automne-hiver 2019-20 - © PixelFormula

Le guépard et le léopard font ensuite leur apparition dans une série de modèles, telles des robes en chiffon, des pantalons en laine ou en empiècements dans des robes noires. Le thème animalier se décline aussi à travers des costumes ou tailleurs en tissu brocart ou moiré, des robes à franges scintillantes ou une longue cape noire décorée de motifs dorés. Les fleurs, thème cher aux designers, sont également convoquées en grands bouquets multicolores, s’étalant sur des robes évasées ou plus près du corps, descendant jusqu’aux chevilles.

Les tissus masculins (tweed, prince-de-galles, laine poivre et sel, chevrons, pieds de poule) reviennent en force dans le chapitre suivant avec une série de tailleurs et costumes à l’allure rétro rigoureusement en black and white, où s’invitent aussi les pois, grand classique de la maison. Après le noir et blanc, place à la couleur avec des tenues monochromes aux couleurs intenses : vert pétrole, fuchsia, moutarde, rouge coquelicot, rubis, jaune d’or, etc.

Ne manquent à cette collection ni les robes de mariage, avec cinq modèles taillés dans des kilomètres de tulle, ni les tenues de soirées, alternant des robes étincelantes couvertes de strass, paillettes et sequins, ou dorées incrustées de perles et de pierres précieuses avec des costumes masculins en brocart.

Le défilé s’achève sur le thème icône de Dolce & Gabbana, « Nero Sicilia » (noir Sicile), interprété notamment par la robe noire, pièce forte de la maison. Toute simple, sans décorations superflues, suivant avec douceur les courbes de la femme, elle représente à elle seule l’emblème de cette élégance à l’italienne un peu rétro et méditerranéenne, que l’on retrouve aussi dans les sublimes tailleurs noirs années 1950.

Au rayon des accessoires, à noter ce sac lilliputien de la taille d'un timbre ou d'une médaille que ces belles en robe de dentelle noire balancent au bout d'une chaîne dorée comme un encensoir.

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