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17 déc. 2008
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Dynamite juste avant Noël, la pire des nouvelles pour un grand magasin

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AFP
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17 déc. 2008

La découverte d'explosifs mardi 16 décembre au Printemps, à une semaine des fêtes de Noël, tombe au plus mal pour les grands magasins parisiens qui réalisent 11 % de leur chiffre d'affaires à cette période, d'autant que les consommateurs hésitent à dépenser en raison de la crise.


Vitrine du grand magasin Le Printemps boulevard Haussmann à Paris le 16 décembre 2008 - Photo Jacques Demarthon/AFP

"Dimanche dernier, la fréquentation était exceptionnelle dans les grands magasins. J'espère que ce sera la même chose ce week-end", a assuré Claude Boulle, président de l'Union du commerce de centre-ville (UCV), qui regroupe notamment les grands magasins (Printemps, Galeries Lafayette et Bon marché).

Cinq bâtons de dynamite - sans systèmes de mise à feu - ont été découverts mardi matin au Printemps Haussman à Paris, à l'endroit précis indiqué dans une revendication parvenue à l'AFP, qui exigeait le retrait des troupes françaises d'Afghanistan d'ici la fin février 2009.

Les trois bâtiments du Printemps Haussmann, qui attirent 100 000 clients chaque jour, dont 25 % de touristes, ont été évacués pendant quelques heures mardi, à la suite de cette découverte.

Pour rassurer et protéger le chaland, le magasin a renforcé ses effectifs de sécurité, en uniforme et en civil, et mis en place un contrôle systématique des sacs. Pour l'heure, les portiques de sécurité ne sont pas envisagés.

"Malheureusement, depuis plus de 25 ans, les grands magasins vivent sous un régime de sécurité important", a regretté M. Boulle, en référence aux attentats perpétrés dans de grands magasins dans les années 1980.

Pierre Pelerrey, directeur général du Printemps Haussmann, a refusé d'anticiper un impact quelconque sur la fréquentation, alors que 11 % du chiffre d'affaires des grands magasins est réalisé en décembre.

Mais selon certains vendeurs du Printemps interrogé par l'AFP, il y a déjà une baisse de la clientèle.

"On ne peut pas évacuer un grand magasin pour des raisons de terrorisme sans impact sur le chiffre d'affaires et la fréquentation", a commenté un responsable du secteur, sous couvert de l'anonymat.

Jusqu'à présent et grâce aux touristes notamment, les grands magasins, qui commercialisent vêtements, accessoires de mode, produits de beauté, décoration de la maison, meubles, jouets et alimentation, ont résisté à la crise de la consommation liée au ralentissement économique, contrairement aux grandes chaînes de prêt-à-porter, d'ameublement ou de l'alimentation.

Si les ventes d'habillement, tous circuits confondus, ont chuté de 4,6 % en novembre par rapport au même mois de 2007, les grands magasins ont été les seuls à afficher une hausse (+ 4 %), a annoncé mercredi l'Institut français de la mode (IFM). En comparaison, les petits magasins de prêt-à-porter ont vu leurs ventes dégringoler de 8 % et les grandes chaînes de 5 %.

"Nous sommes tous solidaires de ce qui se passe au Printemps et sommes inquiets, même si nos magasins sont moins souvent la cible de terrorisme", a commenté Lucien Odier, président de la Fédération des enseignes de l'habillement, dont certaines chaînes adhérentes, notamment H&M, Zara ou Gap, sont situées boulevard Haussmann.

"Il ne faut surtout pas que les clients cèdent à la panique. C'est du terrorisme commercial que de faire des menaces dans un quartier marchand comme Haussmann à quelques jours de Noël, à un moment où on n'arrive pas à faire de chiffre d'affaires", a-t-il ajouté.

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