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24 mars 2022
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E-commerce: les dirigeants inquiets face à une conjonction d'écueils

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24 mars 2022

Difficultés d’approvisionnement, hausse des coûts de livraison et inflations sont au cœur des inquiétudes des dirigeants de portails de vente. C’est ce qu’indique une enquête Opinionway lancée quelques jours avant l’invasion de l’Ukraine, et qui montre que 35% des répondants sont moins optimistes en 2022 que l’année précédente. Une part en hausse par rapport à l’enquête menée sur le sujet début 2021, et qui vient compléter les conclusions de l'enquête Nelly Rodi/Lectra sur les grands chantiers du sourcing mode.


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Pour cette enquête dédiée à la vente en ligne, une centaine de dirigeants de portails (enseignes, pure-players…) ont été interrogés pour la Fevad et LSA entre le 14 février et le 4 mars. Une période charnière au milieu de laquelle la Russie a envahi l'Ukraine, sans pour autant altérer les résultats de l'étude, précisent ses auteurs. Ainsi, les problèmes d'approvisionnement et les hausses de prix de celui-ci, notamment venant d’Asie, sont jugés très préoccupants pas 70% du panel. Auxquels s’ajoutent 18% trouvant le sujet assez préoccupant.

Comme le pointait FashionNetwork.com, la crise ukrainienne a dopé le prix du fret aérien, tandis que le fret maritime peine à retrouver ses niveaux d’avant-crise, et que l’industrie chinoise vit dans l’inquiétude de suspensions de production liées à la politique du "Zéro Covid". Le coût du carburant joue également sur l’inquiétude concernant les coûts de livraison de l’e-commerce. Coûts qui arrivent deuxième au classement des "phénomènes préoccupants", avec respectivement 60% et 26% jugeant ce problème très ou assez préoccupant.

Le troisième point d’inquiétude est sans surprise la baisse de la consommation des ménages, liée au pouvoir d’achat. Ils sont 24% à juger ce point assez préoccupant, et 57% à l’estimer très préoccupant (en progression de 20 points par rapport à l’enquête menée un an plus tôt). Là encore, quelques signaux faibles se sont déjà manifestés dans ce domaine. L’Alliance du Commerce (enseignes mode/chaussures) fait ainsi état d’une contraction des ventes sur la dernière semaine de février. Rassurant, le délégué général de la Fevad, Marc Lolivier, indiquait il y a quelques jours à FashionNetwork.com que cet impact ne sera très vraisemblablement que temporaire.

Autre facteur extérieur cité, la crainte de mouvements sociaux est mentionnée comme "très préoccupante" par 33% des dirigeants, et "assez préoccupante" par 28%. Le sujet occupe ainsi la septième place parmi les sujets d’inquiétude.

Facteurs de craintes légales et structurelles



Les autres sujets évoqués par les professionnels portent davantage sur des sujets plus structurels propres à l’e-commerce, et des enjeux pour certains identifiés de très longue date. Au 4e rang arrivent ainsi la fragmentation des règles applicables à la vente en ligne selon les pays, et les "distorsions de concurrence générées pour les acteurs opérant en France" (48%: très préoccupant. 33%: assez préoccupant). Vient ensuite la question du durcissement de la fiscalité et des réglementations encadrant l’e-commerce (46% et 33%). Puis la montée en puissance des plateformes spécialisées dans l’import de produits chinois (45% et 24%).


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Au huitième rang s’invitent les craintes liées à la déconsommation et aux modes de consommation alternatifs (30% et 28%). Suit l’impact du DSP2 sur les taux de conversion (28% et 39%), la limitation environnementale des flux logistiques dans les zones urbaines (24% et 36%), avec un recul de sept points par rapport à l’étude précédente. Sont sans surprise citées les restrictions à l’installation d’entrepôts logistiques en France (20% et 26%), après notamment la récente tentative sénatoriale de bloquer les créations de sites.

Au douzième rang des inquiétudes, c’est l’évolution du régime de responsabilité des marketplaces sur les produits et services vendus par leur intermédiaire qui est citée par les dirigeants. Ils sont 20% à juger cette question très préoccupante, et 39% à l’estimer assez préoccupante.

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