E-commerce transfrontalier : Amazon contourne une taxe australienne

A partir du 1er juillet, l’Australie a décidé de taxer à hauteur de 10 % les achats de biens et services menés auprès de sites étrangers. En réponse, le géant américain Amazon, arrivé dans le pays en décembre dernier, annonce fermer l’accès de son site international aux cyberacheteurs australiens, qui devront se contenter du catalogue plus réduit d’Amazon Australia.


L'Australie taxera, à compter de juillet, à hauteur de 10% les achats menés sur des sites étrangers - AFP

« Bien que nous regrettions tout désagrément que cela pourrait causer aux consommateurs, nous avons dû évaluer l’applicabilité de cette législation en tant qu’entreprise internationale comptant plusieurs sites nationaux, indique un communiqué du géant américain. Cela nous permettra d’assurer à nos consommateurs un accès continu à notre sélection internationale tout en restant en règle vis-à-vis de la loi ».

Amazon officie en Australie depuis un entrepôt situé à Melbourne, un second devant voir le jour à Sydney. Les ventes de la déclinaison australienne du portail sont évaluées à 1 milliard de dollars australiens par Morgan Stanley, soit près de 650 millions d’euros.

L’affaire est particulièrement suivie par les professionnels internationaux du commerce, à l’heure où les géants du web et leur politique fiscale sont particulièrement critiqués, notamment en Europe et aux Etats-Unis. Car l’affaire touche également au commerce transfrontalier, identifié comme l’un des principaux relais de croissance par les professionnels de la vente en ligne.

Ainsi, l’Union européenne a voté en février l’interdiction du géoblocage, permettant ainsi aux consommateurs de passer commande dans n’importe quel pays de l’UE sans être bloqués ou redirigés automatiquement en fonction de leur lieu de résidence. Quelque 40 % des Européens auraient déjà commandé dans un autre pays, même si les portails de certains pays, dont la France, souffrent d’un retard dans l’internationalisation des ventes.

La Chine a également bien compris les enjeux du crossborder, et a mené une vaste opération de transition législative sur ce terrain. Alors que les ventes en ligne chinoises devraient s'élever à 1 000 milliards de dollars cette année, le commerce transfrontalier devrait de son côté peser 125 milliards. Autre grand marché, l’Inde avait vu ses ventes transfrontalières atteindre 8 milliards d’euros en 2016. La même année, l’e-commerce transfrontalier pesait quelque 350 milliards d’euros aux Etats-Unis, où les professionnels redoutent un encadrement accru sous l’administration Trump.

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