Ecoalf monte en puissance avec son approche écoresponsable

Fondée en 2009 par Javier Goyeneche, la marque espagnole Ecoalf a réussi à se faire connaître dans le monde entier grâce à ses produits fabriqués à partir de déchets recueillis dans les océans. Les clés de son succès : des changements à la tête de l’entreprise à la suite de l’arrivée d’un nouvel investisseur au banc des actionnaires et le développement de son réseau de distribution. En Espagne, la firme dispose de corners au sein des grands magasins El Corte Inglés et ouvrira bientôt une boutique propre à Barcelone. Mais en France aussi la marque grandit. Elle a conclu un accord pour entrer dans le réseau Galeries Lafayette. Elle a aussi collaboré avec le concept store parisien Nous pour le lancement de son nouveau modèle de basket.


Intérieur de la boutique berlinoise d’Ecoalf - Ecoalf

« L’entreprise est en plein bouleversement, avec un remaniement de l’équipe de direction et une expansion rapide. Nous avons des agents dans toute l’Europe, disposons de 350 points de vente physiques et d’une présence dans quasi tous les pays du monde grâce à notre site Web », analyse Marisa Selfa pour FashionNetwork.com. Directrice générale d’Ecoalf depuis décembre 2017, elle a auparavant travaillé avec Levi Strauss, Adidas, Timberland, Cortefiel et même National Geographic. Un recrutement qui est intervenu peu de temps après la prise de participation du fonds d’investissement luxembourgeois Manor Group à hauteur de 65,9 % du capital.

Rafael Campos, ex-groupe Cortefiel, a récemment été nommé directeur financier et Marcos Pérez, ex-Lacoste et VF, a rejoint les rangs comme directeur commercial. Le président, Javier Goyeneche, revendique : « Nous voulons fabriquer la première génération d’articles de mode recyclés avec la même qualité, les mêmes propriétés et les mêmes designs que ceux qui ne le sont pas. »

Un pari ambitieux né, selon Marisa Selfa, de la recherche de matières durables. Une exploration qui a conduit le fondateur jusqu’à la mer, où on lui a dit que le meilleur nylon qu’il pourrait trouver était celui… qu’on trouve dans les filets de pêche ! La prise de conscience n’a pas tardé à suivre, après la découverte de la quantité alarmante de déchets qui polluent les eaux. Ecoalf collabore avec plus de 3 000 pêcheurs volontaires en Espagne et a commencé à travailler en Thaïlande, nettoyant une tonne de déchets par jour, dont 10 % sont recyclés : les bouteilles en plastique et les filets de pêche qui sont utilisés pour produire ses collections. 


Présentation du nouveau modèle de basket « Ocean Waste » au concept store Nous, à Paris - FashionNetwork

La société a ouvert sa première boutique à Madrid en 2012, mais la seconde a attendu novembre de l’année dernière pour ouvrir ses portes à Berlin. Une présence physique que la marque compte bien renforcer. « Nous venons de conclure un accord à Barcelone pour ouvrir début novembre », révèle la directrice. « À partir de septembre, nous mettrons en marche un plan de développement de corners avec El Corte Inglés ». Cet automne, la marque espagnole a fait son entrée aux Galeries Lafayette dans le cadre du projet de mode durable "Go for Good".

Une première étape qui devrait permettre d’ouvrir une boutique fixe à Paris. « Plus tard, nous aimerions vendre des collections homme et femme », affirme Marisa Selfa, qui révèle qu’un accord a déjà été signé pour la collection automne-hiver et que celle du printemps-été est en préparation. La capitale française a aussi été choisie par la marque espagnole pour le lancement exclusif de son nouveau modèle de basket "Ocean Waste", qui a eu lieu le 29 septembre au concept store Nous. Dédié aux baskets et à l’horlogerie, ce mutlimarque a été fondé par des ex-employés de Colette à la suite de la fermeture de la boutique en décembre dernier. Ce nouveau modèle de basket, le plus cher de l’offre chaussures de la marque, est proposé à 120 euros. 


Collaboration de la firme avec des pêcheurs pour le projet « Upcycling the Oceans » - Ecoalf

« Actuellement, le marché réclame une mode durable. C’est une macrotendance sur laquelle tout le monde essaye de surfer et qui répond à un désir des consommateurs », rappelle Marisa Selfa. « Javier Goyeneche est un excellent communicant et son histoire est tellement bonne et tellement crédible que nous avons obtenu une visibilité incroyable sans dépenses de marketing », explique-t-elle. Ainsi, les États-Unis sont devenus le deuxième marché de la société, sans même compter une boutique propre ni avoir investi dans la publicité.

Ecoalf ne communique pas ses résultats, mais pourrait atteindre un chiffre d’affaires de 7 millions d’euros, selon le journal El Confidencial. Aujourd’hui, la société emploie 38 personnes, sans compter les vendeurs en boutiques et en corners, et dispose de 350 points de vente dans le monde.

Traduit par Clémentine Martin

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