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11 déc. 2020
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5 minutes
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Edgard Schaffhauser (Fédération de la maroquinerie) : “L’Asie compense en partie la situation en Europe”

Publié le
11 déc. 2020

Emblème du luxe à la française, la maroquinerie n’a pas échappé au ralentissement causé à la filière mode par la crise sanitaire. Mais elle connu déjà une notable reprise d’activité via les consommateurs asiatiques, nous explique le délégué général de la Fédération française de la maroquinerie, Edgard Schaffhauser, à l’occasion d’un récent déplacement ministériel dédié à la contrefaçon aux douanes de l'aéroport Charles-de-Gaulle, à Roissy-en-France, au nord-est de Paris.


Edgard Schaffhauser - FFM



FashionNetwork: Comment le secteur de la maroquinerie a-t-il vécu cette année singulière?

Edgard Schaffhauser: La maroquinerie est une branche qui reprend. Et même plus vite que les autres. Nous avons suspendu durant l’année certaines productions car nous avons beaucoup fabriqué de masques. Nos maroquiniers ont contribué à l’effort commun national, avec le reste de la filière textile-habillement. Cela a permis de maintenir en partie l’activité, mais n’a pas empêché une certaine baisse d’activité.

En 2020, nous aurons une baisse d’activité globale de 20%, avec parfois des moins à -40% voire -50%. Ce qui est embêtant. Mais face à la reprise qui se manifeste aujourd’hui, nos maroquiniers travaillent, produisent, car la demande est bien là, avec des embauches prévues derrière. Il y a par exemple plus d’un millier d'embauches qui sont prévues dans la maroquinerie autour de Lyon et Grenoble pour 2021. Au total, s’il n’y a pas d’autres problèmes, il pourrait y avoir 3.000 nouveaux emplois au niveau national dans la filière, soit notre niveau d’embauches sur une année normale.

FNW: La reprise passe-t-elle aujourd'hui par l’Asie?

ES: Il est vrai que l’on souffre un peu de l'absence de touristes étrangers, qui ne se rendent évidemment pas cette année dans les corners de grands magasins. Mais ceci est partiellement contrebalancé par les achats effectués à l’étranger, et notamment en Chine et dans le Sud-Est asiatique. Le luxe et la maroquinerie profitent de ce phénomène qui compense en partie la situation en Europe. Si les touristes reviennent, ce qu’on espère avec l’arrivée des vaccins, il est évident que les ventes vont reprendre d’autant plus. Pour l’heure, nous sommes un secteur qui se maintient, même si le Covid-19 a évidemment un impact.  Et les maroquiniers souffrent certainement moins que les tanneurs.

FNW: Le rayonnement des productions françaises vous a protégé d’une certaine façon...

ES: La maroquinerie se développe grâce aux grandes maisons, qui entraînent derrière elles les sous-traitants, grands, moyens et petits. La maroquinerie française est reconnue comme ayant des produits iconiques qui sont réclamés par les marchés chinois et américain. Et c’était d’ailleurs une très bonne chose que la maroquinerie soit là pour soutenir le commerce français, notamment à l’international, alors même que l’on a bien vu tous les problèmes rencontrés par d’autres filières comme l’aéronautique. Au-delà de ses 26.000 emplois, il faut rappeler que la maroquinerie représentait, en 2019, 8,5 milliards d’euros de produits exportés contre 3 milliards d'importations. Le secteur aide la France à résorber son déficit commercial de 5,5 milliards d’euros.

FNW: La contrefaçon coûte 99 millions d’euros (11,4% de son marché) et 1.015 emplois à la maroquinerie française. Quel regard portez-vous sur cette lutte?

ES: Le phénomène de la contrefaçon est aujourd’hui très ciblé via les contrôles aux frontières. Ces contrôles existent, mais ils sont hélas 'fifrelinesques' par rapport au nombre de colis qui transitent aujourd’hui, notamment vers la France, et qui vont directement chez les particuliers. La mise en place d’une déclaration obligatoire pour les produits importés d’une valeur inférieure à 150 euros (nouvelle règle à partir du 1er septembre 2021, ndlr) devrait limiter les risques. Mais il est évidemment trop tôt pour en être certain. C’est l’histoire du canon et de la cuirasse: ils inventent un canon, nous renforçons notre cuirasse, mais ils développent un canon encore plus puissant en réponse... La contrefaçon, c’est un combat éternel.

FNW: Souhaitez-vous la mise en place de nouveaux dispositifs?

ES: Il faudrait déjà avoir des tribunaux spécialisés dans la contrefaçon. Car pour l’heure, ce sont souvent des magistrats qui opèrent dans des domaines différents et ne connaissent pas bien ces problématiques. Donc une étape serait qu’il y ait une spécialisation sur les biens contrefaits, afin qu’ils puissent juger en toute connaissance de cause. Il y a d’un autre côté déjà un renforcement des condamnations. On entend par ailleurs des gens nous dire que la protection des marques empêche le libre-échange. Sauf que si les produits ne sont plus protégés, plus personne ne voudra investir dans la création. Ces protections jouent donc un rôle important pour le commerce.

FNW: Et quid de l’e-commerce, par lequel circulent désormais massivement les faux?

ES : Il faut aussi que les Gafa jouent le jeu, remplissent leur rôle. En étant partenaires des marques. En retirant rapidement les produits contrefaits présents sur leurs sites dès qu’on les leur signale. Et qu’ils ne traînent pas pour le faire. Car si certains réagissent, d’autres moins. Il y a aussi les réseaux financiers et les banques qui profitent du système. Car ils prennent des frais sur les règlements. Il faudrait qu’ils puissent intervenir quand ils identifient des trafics, ou qu’ils interviennent quand on les informe d’un problème, en bloquant par exemple les paiements. A été également évoqué l’idée de faire comme au Canada, où les consommateurs de bonne foi ayant acheté de la contrefaçon sans le savoir sont remboursés. Et pourquoi pas, enfin, une autorité ministérielle claire et unique sur le sujet, plutôt que cela ne se perde entre plusieurs ministères. 

 

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