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4 nov. 2022
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Edouard Caraco (The Bradery): "En 2023, nous choisissons de proposer moins d'opérations qu'en 2022"

Publié le
4 nov. 2022

Lancé en 2018, le portail de vente événementielle de mode premium The Bradery a rejoint en début d'année le groupe ShowroomPrivé. Un rachat qui pose la question du devenir du site dans le sillage de sa maison-mère, avec laquelle des points techniques et commerciaux s'établissent progressivement. Son cofondateur, Edouard Caraco, indique à FashionNetwork.com qu'une démultiplication de l'offre n'est pas à l'ordre du jour. Bien au contraire, outre un développement de l'offre lifestyle, The Bradery entend resserrer sa sélection. Et volontairement restreindre le nombre d'opérations sur l'exercice 2023.


Edouard Caraco et Timothée Linyer, cofondateurs de The Bradery - The Bradery



FashionNetwork.com: Comment se traduit aujourd'hui l'intégration de The Bradery dans le groupe Showroomprivé ?

Edouard Caraco : Cela fait maintenant six mois que nous avons rejoint le groupe Showroomprivé. Nous travaillons en bonne intelligence. Nous avons des clients communs. Mais notre objectif principal est d'être forts chacun dans nos cœurs d'activité. Et aujourd'hui l'axe central de The Bradery, ce sont les jeunes clients et les marques premium. Nous essayons donc de voir quelles sont les marques de ce type présentes chez ShowroomPrivé et qui pourraient venir enrichir l'offre de The Bradery. Et inversement. Le tout en restant très différenciés, car l'idée n'est pas de faire de The Bradery un ShowroomPrivé bis. L'objectif est d'en faire le leader des destinations shopping premium pour les 18-35 ans. Et c'est ce que ShowroomPrivé nous permet, en établissant diverses passerelles.

FNW : Quels types de passerelles ?

EC: C'est principalement sur les métiers support et la logistique, qui vont nous permettre d'offrir une expérience encore meilleure à nos clients. Notamment en livrant plus rapidement, ou avec des tarifs plus attractifs. Cela nous permet également d'élargir l'échelle de notre activité via un outil logistique que le groupe développe et peaufine depuis vingt ans. L'idée n'est donc pas de fondre nos deux idées en une seule, mais bien de rester indépendants d'un point de vue positionnement. Et de mutualiser les ressources, en passant à terme une partie de notre logistique chez ShowroomPrivé, et en ayant des accords communs avec les transporteurs. Il y a des économies d'échelles fortes à aller chercher. Ça touche la logistique, mais aussi un projet de régie média mutualisée. A contrario, sur le marketing, nous restons très indépendants, et on considère que c'est ce qui fera notre force, en restant différenciant.

"La mode représente aujourd'hui 70% de notre activité"



FNW : Où en sont vos ambitions pour l'offre "lifestyle", incluant voyages et loisirs ?

EC: Dans cet univers, nous proposions par exemple récemment une retraite de yoga à Cheverny. Pour bien comprendre, il faut savoir que l'on est très fort sur la mode, on est fort en cosmétiques, et que nous voulons désormais nous rapprocher de plus en plus de nos clients en leur proposant des activités dans la vie réelle. C'est le cœur de notre partenariat avec la plateforme The Egde, qui va nous permettre de proposer de l'hôtellerie et de l'expérience à notre communauté. Cela vient compléter une offre premium pointue dans les cosmétiques et le prêt-à-porter, pour avoir à terme une offre qualitative à 360°. A terme, il faudrait que ce domaine pèse 10% de notre chiffre d'affaires.

FNW : Pour l'heure, comment se découpe votre activité, par catégories de produit ?

EC: La mode représente aujourd'hui 70% de notre activité. Les cosmétiques représentent 10%, et 10% pour la maison. Et encore 10% pour le reste, avec des ventes ponctuelles de vélos, de spiritueux, pass pour salles de sport et autres. Nous avons récemment pu faire une vente avec la marque Caravane, qui accompagne parfaitement notre positionnement premium et lifestyle, et qui a pu venir chez nous toucher une audience plus jeune. Car il ne s'agit pas de venir chez nous juste pour écouler d'anciennes collections, mais bien d'aller toucher un public nouveau, utiliser les anciens produits pour toucher de nouveaux clients. Nous sommes les seuls à pouvoir vendre pour 100.000 euros de marque premium à une audience de 27 ans en moyenne.

FNW : Quelle est votre stratégie pour capitaliser à terme sur ce positionnement?

EC: Nous considérons qu'il ne faut pas travailler avec toutes les marques, mais seulement les plus belles. Les clients sont inondés d'offres, il faut donc proposer une sélection de marques. Dans cette logique, en 2023, nous choisissons de proposer moins d'opérations qu'en 2022. Nous allons encore plus filtrer les marques avec lesquelles nous travaillons, pour seulement proposer les plus belles marques. Et travailler main dans la main avec celles-ci pour proposer une sélection qui va fonctionner auprès de notre communauté. Je pense que cela plait à la fois à nos marques partenaires et à nos clients. Nous ne sommes donc pas dans la logique d'aller chercher toujours plus de marques et de verticales. Nous voulons mieux travailler ce que nous proposons déjà.

"L'Espagne a une jeune clientèle aux comportements similaires à ceux de notre communauté française"



FNW: N'est-ce pas lié au fait que, à l'instar des grands déstockeurs, vous êtes confrontés à des stocks qui se sont raréfiés ?

EC: Non, nous ne sommes pas concernés par cela et, pour tout vous dire, le mois d'octobre 2022 a été le plus gros mois depuis la création de The Bradery. Nous sommes dans un dynamisme assez exceptionnel. On va faire une très belle croissance sur 2022. Nous ne sommes donc pas du tout dans une pénurie d'offre, par notre positionnement léché et la sélection précise et rigoureuse des marques avec lesquelles on travaille. Et c'est ça qui nous impose d'aller vers moins d'opérations. Faire moins, mais mieux.

FNW : Les grands déstockeurs de mode se sont progressivement ouverts aux collections actuelles. Y songez-vous ?

EC: Cela dépend… Aujourd'hui, notre promesse est aujourd'hui de mettre en relation nos marques avec notre audience. Pour que celle-ci se connecte tous les jours, il faut une offre exceptionnelle. Donc pourquoi pas aller vers des collections plus récentes. Mais il nous faudra alors proposer à notre communauté des avantages exceptionnels, et déterminer avec les marques comment y parvenir. Aujourd'hui, nous sommes dans des opérations très courtes de fins de soldes, ou sur des catégories très spécifiques de stocks. Mais nous voulons le faire en respectant notre philosophie propre.

FNW : Quelle est la place de l'internationalisation dans votre stratégie ?

EC: Nous sommes installés à Paris mais aussi à Barcelone. Là-bas, notre activité est d'aller sourcer des marques internationales via notre bureau d'achat local. Aujourd'hui, l'international représente 10% de notre activité, partagée à égalité entre le Benelux et l'Espagne. En 2023, nous visons les 15% de ventes à l'international. L'Espagne est intéressante du fait que s'y regroupent un grand nombre de marques intéressantes pour nous. Le pays a aussi une jeune clientèle aux comportements similaires à ceux de notre communauté française. Ce qui nous permet d'y utiliser les mêmes réseaux et méthodes pour toucher notre public.  Mais le marché français est exceptionnel pour notre métier. Nous y avons une vraie place à prendre, sur la génération que nous ciblons. Nous nous concentrons donc surtout sur la France.

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