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14 déc. 2020
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Effacer la crise prendra plus de temps que prévu, prévient la Banque de France

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AFP
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14 déc. 2020

L'économie française mettra un peu plus de temps que prévu pour effacer les effets de la crise, selon la Banque de France, avec une reprise de l'activité qui sera progressive en 2021, après le choc historique subi cette année.


Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau et le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, lors d'une conférence à Paris le 16 juillet 2019. - AFP/Archives


Le produit intérieur brut (PIB) devrait ainsi rebondir de 5% l'an prochain, après une contraction historique de 9% cette année, prévoit la Banque de France dans ses projections macroéconomiques publiées lundi. Ce scénario "est sans doute plutôt prudent", a estimé le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, lundi matin sur France Inter.

L'Insee publiera mardi ses propres prévisions. Le gouvernement anticipe de son côté une croissance de 6% l'an prochain, après une contraction record de 11% cette année.

Si l'économie était un escalier, la France aurait dégringolé 31 marches au printemps. Après un redressement, elle resterait encore à huit marches du sommet, a expliqué le gouverneur. "Nous prévoyons une remontée très progressive de ces huit marches. Nous prévoyons que nous allons en remonter une au premier trimestre de l'an prochain (...) et qu'au total sur l'ensemble de l'année 2021 nous en remonterions cinq."

La Banque de France formule en effet l'hypothèse que l'épidémie va perdurer, avant un déploiement généralisé des vaccins fin 2021, impliquant que l'économie ne retrouve son niveau d'avant-crise que mi-2022. Ainsi, après le rebond de l'an prochain, la croissance poursuivra au même rythme de 5% en 2022, avant de se tasser à un niveau "moins inhabituel" légèrement supérieur à 2% en 2023, prévoit la banque centrale française.

Elle est ainsi moins optimiste sur la vigueur de la reprise qu'il y a trois mois, quand elle tablait sur une moindre contraction de l'économie cette année et un rebond nettement plus fort de 7,4% l'an prochain. La deuxième vague de l'épidémie et le deuxième confinement sont passés par là. Et même si ce dernier, moins strict qu'au printemps, a moins amputé l'activité car la plupart des entreprises ont pu poursuivre leur travail, il a quand même fait rechuter l'économie.


France : impact économique du Covid-19. - AFP/Archives



En novembre, l'activité est retombée à 11% en dessous de son niveau d'avant-crise, et elle devrait rester 8% en deçà de la normale en décembre. Et comme le déconfinement s'annonce plus lent que prévu, que les restrictions sanitaires devraient encore perdurer de longs mois début 2021, l'économie va rester en sous-régime.

Pic de chômage début 2021



Selon la Banque de France, la consommation des ménages va se redresser mais de manière progressive et "sur l'ensemble de 2021, ils ne toucheraient pas encore" aux 130 milliards d'euros d'épargne engrangés de manière plus ou moins forcée cette année. Il faudra ainsi attendre 2022 pour voir la consommation retrouver son niveau d'avant-crise, et peut-être même le dépasser temporairement.

Du côté des entreprises aussi, le retour au niveau d'investissement d'avant crise prendra du temps, même si le plan de relance et son importante baisse des impôts de production va leur permettre d'améliorer un peu leurs marges. Si la Banque de France ne donne pas de prévision sur les faillites, elle note que la situation financière des entreprises s'est nettement dégradée cette année, malgré les dispositifs massifs de soutien mis en place par l'Etat.

La France devrait ainsi connaître une montée rapide du chômage, qui atteindrait un pic proche de 11% au premier trimestre 2021, avant une décrue à 9% fin 2022.

Face aux incertitudes sur l'évolution de l'épidémie, la Banque de France présente aussi un scénario plus favorable d'un rebond du PIB de 7% en 2021 si la situation sanitaire s'améliore plus rapidement. A l'inverse, un scénario plus pessimiste de circulation toujours forte du virus entraînerait une nouvelle contraction du PIB de 1%.

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