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18 avr. 2022
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En Espagne, les acteurs de l'enfant font face à un marché qui se recompose

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18 avr. 2022

Le secteur de la mode enfantine et de la puériculture retrouve une activité normale. En Espagne, plus précisément, les 298 marques qui composent l'Asepri (Association espagnole des produits pour enfants) devraient connaître une croissance de 11% au cours de cette année, retrouvant ainsi le chiffre d'affaires global de 1,170 milliard d'euros d'avant la pandémie. Sur la production globale, 57% de la mode et des chaussures sont exportés, alors que seulement 38% des produits de puériculture sont exportés et les principaux marchés sont l'Italie, le Portugal, la Grèce, la France, le Royaume-Uni, la Russie et l'Allemagne.


Fimi + Babykid


L'état de la mode enfantine et du secteur de la puériculture post-pandémie interroge. "Le marché de la mode enfantine est en pleine réorganisation",explique Alicia Gimeno, directrice du salon valencian BabyKid+Fimi. La dirigeante souligne notamment que la fermeture d'entreprises historiques, avant même le début du Covid-19, était concomitante avec la naissance d'autres projets digital natives, au caractère plus durable dès leur fondation. Mais la responsabilité environnementale et l'adaptation aux nouvelles technologies ne sont pas les seuls défis que doit relever une industrie obligée de se transformer.

Si la directrice de l'événement, qui s'est déroulé du 17 au 19 février, a insisté sur la nécessité de mettre en œuvre des politiques favorisant la natalité, elle a surtout souligné la nécessité d'"éduquer les acheteurs du futur dès le plus jeune âge", de repenser les magasins physiques comme des points de rencontre expérientiels et de se former pour comprendre le client adolescent, agile sur les réseaux sociaux et enclin à consommer la fast fashion du géant chinois Shein.

Le dernier défi à ne pas perdre de vue ? L'étude de stratégies et de modèles d'affaires pour intégrer la vente d'occasion au sein des marques elles-mêmes. Actuellement, les marques n'ont pas la main sur leurs produits de seconde main... dans un secteur où les besoins des enfants évoluent de mois en mois et où les produits de puériculture ont un positionnement prix élevé, le potentiel semble pourtant intéressant. "Nous devons nous ressaisir", conclut Alicia Gimeno. Comme pour le défi de la pandémie ou celui du numérique, seules les entreprises capables de s'adapter aux nouvelles réalités réussiront.

Un redressement de l activité qui se concrétise également dans les événements professionnels, dont l'organisation revient progressivement dans un format physique. C'est notamment le cas de BabyKid+Fimi, qui a proposé une réunion des professionnels du monde de l'enfance, "avec une volonté renforcée de réactiver la dynamique du secteur".
 
"Nous avons dépassé les attentes", a déclarait au terme de l'évènement hivernal la directrice. "L'acheteur a vu se réduire ses opportunités de travail, compte tenu de l'annulation du salon du jouet de Nuremberg et de l'impact de la pandémie sur présence le Pitti Bimbo. Et notre bilan est très positif", a déclaré  la directrice, estimant que cette dynamique est aussi due au fait que l'évènement a retardé ses dates pour amortir l'impact négatif sur l'activité du variant Omicron durant les premiers mois de l'année.

BabyKid+Fimi, qui présentait les collections de 260 marques a expliqué avoir dépassé ses prévisions de fréquentation, avec plus de 3.600 inscriptions de multimarques venant de 40 pays. Les principaux visiteurs provenaient non seulement des marchés européens, comme l'Italie, le Portugal et la Pologne, mais aussi des États-Unis, de l'Amérique latine, des Émirats arabes unis, de la Jordanie, du Liban et d'Israël.


BabyKid+Fimi


 "L'internationalisation de l'événement doit être une priorité ", rappelait Alicia Gimeno qui a l'objectif de placer à la fois le salon et l'industrie espagnole de l'enfance sur la carte internationale afin de trouver des axes de développement commercial en dehors d'un marché espagnol limité. Avec ce regard porté vers l'étranger, l'événement a été soutenu par l'ICEX (Institut du commerce extérieur) et l'IVACE (Institut valencien pour la compétitivité des entreprises).

"Nous sommes revenus à la foire après plusieurs années et nous sommes sûrs que nous reviendrons. Tous les contacts s'avèrent fructueux", a célébré la firme française Orchestra, dirigée en Espagne par David Aucouturier. Un retour positif partagé par la marque espagnole de chaussures pour enfants Pisamonas, qui a fait le saut vers le BtoB l'année dernière :"C'est notre première fois, jusqu'à présent nous n'avions participé à des salons qu'en collaboration avec des défilés de mode ".

Si l'édition de février avait dû faire l'impasse sur les défilés de mode pour présenter les collections enfants, les shows vont revenir ce printemps à la Feria de Valencia lors de la 8e édition de Día Mágico by Fimi, du 13 au 15 mai. Un événement professionnel consacré à la mode de la communion qui réunira 60 marques de 26 pays et fera défiler des enfants vaccinés de plus de 12 ans. Pour sa part, la prochaine édition de Fimi Summer Experience reviendra au parc des expositions de Valence un mois plus tard, entre le 17 et le 19 juin.

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