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8 juin 2020
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En France, les ventes e-commerce d'habillement et textile ont bondi de 22% en avril

Publié le
8 juin 2020

En plein coeur du confinement, la consommation d'habillement et textile a subi en avril un repli global de 74,6 % par rapport au mois d'avril 2019, selon les chiffres définitifs relevés par l'observatoire de l'IFM.


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"En étant le seul mois complet frappé par le confinement, avril était certainement le pire mois de l'année, glisse Gildas Minvielle, directeur de l'observatoire économique de l'Institut Français de la mode. Sur les quatre premiers mois de l'année nous accusons un recul de 28 % de l'activité par rapport à l'an dernier". Une chute majeure, mais finalement moins importante que le repli de 85,5 % annoncé lors de l'étude "Flash", présentée mi-mai. A l'époque, l'observatoire analysait un recul des ventes des enseignes spécialisées de 87 %, de 88,4 % pour celles des grands magasins et magasins populaires et de 93,4 % pour celles des chaînes de grande diffusion.

Mais alors pourquoi ce redressement? Car l'étude définitive de l'observatoire intègre les chiffres de la Fevad pour les ventes de textile et habillement des spécialistes de la vente à distance et des pure-players internet.

Ceux-ci enregistrent par rapport au mois d'avril 2019 une croissance de 4,5 % de leurs ventes. Si bien que, en les ajoutant à la croissance des ventes des marques sur leur propre site internet qui ont bondi de 57 %, la croissance de l'ensemble des ventes sur le web a enregistré un bond de 22 % durant le confinement. Pourtant, au mois de mars, la consommation de mode avait reculé de 17 % par rapport à l'année précédente.

"Avec l'annonce du confinement, durant le mois de mars il y a eu de l'attentisme. Dans les enquêtes réalisées on a pu voir que la mode n'était pas la priorité des consommateurs. Et puis en termes logistiques, les premières semaines, il y a eu quelques difficultés pour réaliser les livraisons. Les acteurs ont dû s'adapter. Les achats se sont ensuite reportés. On a vu une meilleure résistance des hypers qui ont maintenu une activité de vente sur le prêt-à-porter. Et il y a eu une réorientation des ventes vers l'e-commerce. C'est le seul circuit positif. Et certains consommateurs se sont tournés pour la première fois vers internet. La question est de savoir ce qu'il va rester de cette période. Les magasins resteront très importants. Mais a-t-on assisté à un effet cliquet, un changement profond d'habitude de la consommation de mode par internet?"

Pour de nombreux acteurs, l'e-commerce a permis de maintenir un minimum d'activité et beaucoup ont accéléré leurs investissements en la matière. C'est valable pour les réseaux mais aussi pour certains indépendants qui ont su créer un lien digital avec leur clientèle locale. Un point positif, même s'il est encore difficile d'envisager la dynamique sur la seconde moitié de l'année. "Il y a encore des incertitudes avec la santé de certains réseaux déstabilisés et la réouverture tardive des grands magasins et de grands centres commerciaux. Il faudra analyser le niveau de consommation après ces réouvertures. Mais en septembre nous verrons quelle sera la relance. Bien sûr, il va y avoir des arbitrages de consommation mais je suis assez optimiste, annonce Gildas Minvielle.  Certains ont glissé que mes prévisions l'étaient trop. La plus pessimiste tablait sur -25 %. Nous sommes actuellement après quatre mois à -28 %. Je pense que cela va s'améliorer."
 

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