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Traduit par
Sonia BROYART
Publié le
14 févr. 2020
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En Italie, l'inquiétude pèse sur le secteur de la chaussure

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Sonia BROYART
Publié le
14 févr. 2020

Lors de son intervention le 12 février dernier à l’occasion de la conférence de presse de présentation du salon Micam 89, le président d'Assocalzaturifici (la fédération italienne des acteurs de la chaussure), Siro Badon, n’a pas caché son inquiétude face aux données préliminaires relatives au marché de la chaussure en Italie en 2019, élaborées par le centre d'études de Confindustria Moda (Chambre italienne de l'industrie du textile).


Siro Badon, président de Assocalzaturifici

 
“Malgré un record dans les exportations qui ont dépassé les 10 milliards d’euros en valeur grâce aux griffes de luxe, beaucoup d'éléments sont peu rassurants, comme le ralentissement, bien que contenu, des volumes vendus, les difficultés de diverses natures, y compris politique, sur les marchés internationaux, la récession du marché intérieur, l’écart toujours plus accentué entre grandes et petites entreprises du secteur, les problématiques liées à l’emploi, a déclaré Siro Badon. La seule catégorie qui a enregistré des signaux positifs est celle des chaussures de sport, les sneakers”.
 
L’année dernière, les exportations de chaussures italiennes ont augmenté de 6,8 % en valeur, mais la production a chuté de 3,1 % en volume. “Six entreprises sur dix ont relevé une baisse de production”, a précisé Siro Badon. “Différents marchés historiquement importants pour le secteur sont en difficulté, à commencer par l’Allemagne, la Russie et l’ex-URSS."

Croissance des exportations de chaussures italiennes vers la France



Dans le détail, le marché russe a baissé de 15,3 % en volume lors des dix premiers mois de 2019, l’Allemagne de -9,3 %, conditionnée par le ralentissement de l'économie, le Moyen-Orient de -9,2 % et le Japon de -6,7 %, tout en affichant +6,8 % en valeur. Des résultats favorables en revanche en France : +6,4 % en volume et +9,3 % en valeur ; des hausses autour de +10 % en valeur aux USA et en Chine, et de presque +20 % en Corée du Sud, encore en croissance à deux chiffres.

En excluant les flux vers la Suisse (premier pays d'exportation aujourd’hui ayant gagné presque +27 % en valeur et +4,4 % en volume) et la France, qui représentent à elles deux un tiers des ventes à l’étranger en valeur puisque ce sont les principales destinations des productions en sous-traitance, la hausse enregistrée de l’export italien de chaussures lors des dix premiers mois serait passée de +7,1 % à +2,6 %, avec une baisse autour de 3 % en volume.
 
La tendance négative se poursuit aussi sur le marché intérieur italien, avec les achats des ménages qui enregistrent une chute en volume (-3,2 %) et en dépenses (-2,3 %). Du point de vue productif, les régions les plus touchées ont été les Marches (-15 %), l’Emilie-Romagne (-18 %), la Vénétie et la Toscane (-9 % pour les deux).
 
“Pour 2020, les inconnues sont nombreuses : des tensions géopolitiques, comme la guerre en Libye ou l’escalade militaire entre les Etats-Unis et l’Iran, aux conséquences du Brexit en passant par l’urgence sanitaire liée au coronavirus nous conduisent, entre autres, à prévoir une baisse entre 5 et 7 % des présences au salon Micam 89”, conclut Siro Badon.

“Les entrepreneurs interrogés ont souligné une prévision de ralentissement. Le nombre de commandes du premier trimestre est en baisse. Il n’y pas de signaux d’une reprise de la demande intérieure et des répercussions sont malheureusement à prévoir au niveau de l’emploi”.

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