×
6 240
Fashion Jobs
Publicités

En Italie, les banques abandonnent le terrain et les financements du Made in Italy chutent

Par
Ansa
Publié le
today 16 oct. 2018
Temps de lecture
access_time 3 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

Les politiques français ont tendance à prendre l'Allemagne en référence. Mais regarder ce qu'il se passe de l'autre côté des Alpes peut aussi apporter des enseignements. En l'occurrence, l'expérience du financement des TPE-PME en Italie semble à prendre en compte. A l'heure où dans toute l'Europe le passage au numérique et au digital des entreprises fait figure de priorité pour la survie des sociétés, le concret et la proximité apparaissent des éléments encore plus fondamentaux si l'on en croit une étude de First CISL.


Facebook/Prada


Cette analyse laisse à penser que les banques fuient le made in Italy. En sept ans, les financements aux territoires spécialisés dans la mode, la lunetterie, le meuble, la joaillerie et l'agroalimentaire ont chuté de 57 milliards. Mais l'étude met en relief que ces territoires ont vu le nombre des agences bancaires fondre de 20 %.

« Les politiques bancaires se sont concentrées sur une réduction des coûts plutôt que sur la proximité du tissu local. On a préféré la vente précipitée des NPL à une gestion lente des crédits problématiques qui aurait permis à de nombreuses entreprises de se redresser, tout en relançant l’emploi », a commenté le secrétaire général de First CISL, Giulio Romani.

« Si en 2010 les filiales qui servaient les territoires du made in Italy étaient 9 889, elles étaient tombées à 7 912 fin 2017 », a expliqué Riccardo Colombani, responsable du cabinet d’études de First CISL. Il rappelle que « dans les zones des produits emblématiques du pays, 674 communes se retrouvent sans aucune agence bancaire, c’est-à-dire 27 % du total, et 125 d’entre elles ont vu fermer tous leurs guichets ».

Un contexte qui n'est pas sans rappeler les stratégies de rationalisation de leur parc opérées par les groupes bancaires dans l'Hexagone. Alors que la voilure a déjà été sensiblement réduite ces dernières années, le cabinet Sia Partners estimait au printemps dernier que 12,6 % des points de vente pourraient baisser leur rideau d'ici à 2020 en France. Si l'on en croit l'étude réalisée chez nos voisins italiens, cette baisse du réseau de proximité peut être particulièrement contraignante dans le cadre de l'accès au crédit pour le tissu d'entreprises français.

La réduction du service s’est accompagnée, souligne l'étude First CISL, d’une chute de 18 % des prêts alors que les dépôts ont augmenté (+32 %) depuis 2010. « Ce recul touche aussi les territoires les plus prospères », a encore souligné Riccardo Colombani. Selon le rapport sur les districts dressé par Intesa Sanpaolo, en tête de liste pour ses performances et sa rentabilité se trouve la lunetterie de Belluno qui en sept ans a perdu 25 % des agences.

Le tableau dépeint par la First CISL montre comment les dynamiques parfois compliquées de certains secteurs sont pour une part causées par des failles bancaires. La crise de la Popolare di Vicenza se reflète dans la baisse de 25 % des agences et de 29 % des prêts dans la région spécialisée dans l'orfèvrerie de Vicence alors que le district d'orfèvrerie de Arezzo, malgré la présence du siège de la Banca Etruria, enregistre la fermeture de 19 % des guichets et encaisse un repli de 24 % des financements.

La corrélation entre fermetures de guichets et obtention de prêts est aussi mise en relief dans le tannage avec Arzignano, dans la province de Vicence, qui subit une chute de 26 % de ses agences et de 23 % de ses financements. A l'inverse, l'étude met en avant le cas exceptionnel de la Solofra en Campanie, qui a conservé toutes ses agences bancaires et voit une hausse des prêts de 20 %, à l’inverse de la tendance nationale.

Avec Ansa