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Traduit par
Clémentine Martin
Publié le
17 avr. 2020
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En Italie, les poids lourds de la mode appellent Rome à lever les restrictions

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Clémentine Martin
Publié le
17 avr. 2020

Jeudi, les dirigeants du secteur de la mode italienne ont interpellé le gouvernement, cherchant à obtenir un assouplissement des restrictions imposées dans le cadre de la crise du coronavirus. Ils souhaitent pouvoir reprendre une partie de la production et avertissent de la possibilité de dommages irréparables causés au secteur par un confinement prolongé.


Photo: Reuters


« La mode est une industrie saisonnière, et certaines dates ne sont pas négociables. Si nous ne rouvrons pas rapidement, nous allons perdre près d’un an de chiffre d’affaires », avertit Carlo Capasa, le président le la Chambre Nationale de la Mode Italienne. Il a accordé une interview en ligne au quotidien Corriere della Sera.

Les mesures de confinement sont en vigueur jusqu’au 3 mai en Italie. Le pays se place en troisième position du nombre de cas confirmés après les États-Unis et l’Espagne. Les pouvoirs publics n’ont pas encore révélé comment et quand l’activité économique non essentielle du pays serait autorisée à reprendre. Les ateliers de confection et de textile sont actuellement fermés sur tout le territoire, la mode ne faisant pas partie des activités jugées essentielles. De nombreuses marques ont reconverti leurs installations de production dans la fabrication d’équipements médicaux, comme les masques et les combinaisons de protection, afin de répondre à une demande en pleine explosion pendant cette pandémie.

Avec un chiffre d’affaires de 95 milliards d’euros, l’industrie de la mode et du textile emploie 600 0000 personnes en Italie. Il s’agit du deuxième secteur d’activité le plus prospère du pays. Par ailleurs, l’Italie représente à elle seule 41 % du secteur en Europe, suivie de l’Allemagne avec seulement 11 % du total. Carlo Capasa demande une réouverture progressive des établissements de production à partir du 20 avril, afin de pouvoir livrer les collections automne-hiver à temps aux boutiques du monde entier, avant de commencer la production des collections printemps-été. « Nos centres de production sont fermés, mais d’autres pays comme la France, l’Espagne, le Portugal ou la Turquie commencent à rouvrir », s’inquiète Claudio Marenzi, spécialiste de la mode pour le lobby Confindustria. L’Italie est également un fournisseur mondial de mode et de textile.

« Cela pourrait pousser certaines marques à se tourner vers d’autres chaînes de production. En Italie, le secteur est principalement composé de petites entreprises. Et lorsque l’une d’entre elles ferme, on perd un savoir-faire que l’on ne retrouve jamais », regrette-t-il.

Confindustria Mode représente 65 000 entreprises dans les secteurs du textile, de la mode et des accessoires. La plupart d’entre elles sont des PME de 15 à 20 salariés, avec des ventes reposant principalement sur les acheteurs étrangers.

Claudio Marenzi a révélé la signature d’un accord entre Confindustria Mode et les syndicats afin de garantir le respect des mesures sanitaires et de sécurité sur les sites de production une fois ceux-ci autorisés à rouvrir. « [Cet accord] montre que les entrepreneurs et les travailleurs souhaitent tous reprendre leur activité et sauver l’industrie de la mode italienne », analyse-t-il.

« Une épidémie économique pourrait provoquer des dommages encore plus durables que la crise sanitaire. Si nous devons vivre avec ce virus pendant quelque temps, alors faisons-le », martèle Claudio Marenzi. Il s’interroge : « Si l’industrie est capable de produire des masques et des combinaisons de protection dans des conditions de sécurité satisfaisantes, pourquoi ne pourrait-elle pas reprendre la production de vêtements ?»

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