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1 déc. 2021
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Environnement: le rapport Climate Chance tacle les contradictions de l'industrie et du fret

Publié le
1 déc. 2021

Au lendemain d'une Cop 26 qui brille par sa vacuité, dixit l'ONU, l'observatoire Climate Chance publie son quatrième rapport "Retour vers le futur", qui relève que les émissions de gaz à effet de serre s'accélèrent en même temps que les engagements écologiques des pays et industries. Parmi les nombreux points documentés, le rapport de 215 pages pointe notamment le cas du recyclage, domaine dans lequel l'Occident ne pourra pas indéfiniment compenser son retard en s'appuyant sur les dispositifs asiatiques.


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"Des États-Unis à l’Europe, les restrictions à l’importation de déchets prononcées en Asie depuis 2018 ont révélé le manque de capacités de recyclage des pays exportateurs…", pointe ainsi le rapport, "mais aussi la dépendance des pays importateurs à l’apport de matières à recycler venues de l’étranger, dont certains, comme la Thaïlande et l’Indonésie, reviennent sur leurs décisions. Entre-temps, les pays du Nord ont trouvé de nouveaux points de chute où disposer des déchets qu’ils n’ont pas les capacités de traiter eux-mêmes, comme en Turquie, au mépris parfois des règles internationales."

Une affirmation qui prend tout son sens au regard des cimetières de vêtements du désert chilien d'Atacama, dont les photos ont récemment fait le tour du monde. Le rapport reprend les chiffres de la fondation MacArthur, qui établit que seulement 1% des textiles sont recyclés pour créer de nouveaux vêtements, auxquels s'ajoutent 12% qui sont "downcyclés" pour recréer des produits de valeur moindre. Parmi les initiatives liées, le rapport cite notamment le Canadian Plastics Innovation Challenges lancé en début d'année, avec 105 millions d'euros accordés à quatre projets dédiés au recyclage des textiles et contenants.

Le rapport cite l'initiative française de la loi Agec, qui vise à accélérer l'affichage environnemental sur les produits. Il évoque par ailleurs la stratégie de l'Union européenne "pour des textiles durables" qui s'inscrit dans cette même logique. Le document rappelle que les émissions de gaz à effet de serre dues à la production et utilisation de vêtements textiles et de chaussures sont estimées à 2,1 gigatonnes par an sur l’ensemble du cycle de vie, soit environ 4% des émissions mondiales. Le transport ne représente que 3% de cet ensemble.

Le fret face à ses propres contradictions



Un transport qui, en pleine flambée des prix des conteneurs, n'est pas oublié par Climate Chance, qui lui consacre une quarantaine de pages. Le document note que le transport maritime a chuté de 36% l'an passé, occasionnant une chute de 25% de ses émissions gaz à effet de serre. Mais "en pleine tempête commerciale, les ambitions climatiques des transporteurs maritimes restent un horizon lointain", déplore les auteurs. Les porte-conteneurs sont à eux seuls responsables de 23% des émissions de CO² du secteur du fret. Secteur qui a, entre 2012 et 2018, dopé de 150% ses émissions de méthane, au pouvoir de réchauffement global de 86% supérieur à celui du CO².


Climate Chance


"Le transport maritime revendique déjà depuis des années de grands gains en efficacité énergétique et en intensité carbone grâce à des mesures variées à l’impact exponentiel, comme la réduction de la vitesse de croisière des navires", pointe le rapport. Pour ce dernier, la position de force que connaissent actuellement les transporteurs en termes de tarification pourrait permettre de financer leurs engagements durables. "Des engagements qui révèlent parfois des incompatibilités lorsque les acteurs doivent déployer leurs stratégies pour les mettre en œuvre", prévient néanmoins les experts.

Deux solutions "faciles" s'offrent aux transporteurs maritimes souhaitant limiter les émissions. D'abord, le "scrubbing", qui nettoie les particules de soufre des fumées s'échappant des navires. Problème: les dispositifs les plus simples à installer rejettent directement les eaux de lavage dans la mer. Autre solution phare pour un transport moins polluant: les VLSFO, ces fuels à très faible teneur en soufre dont une récente étude pointe qu'ils augmentent de 10 à 85% les émissions de "black carbon", au pouvoir de réchauffement 460 à 1.500 fois supérieur à celui du CO².


Climate Chance


"Les principales options qui s’offrent aux compagnies maritimes pour dépolluer leurs activités s’avèrent donc à double tranchant pour la pollution atmosphérique, mais aussi en contradiction avec les objectifs climatiques fixés par l’OMI (Organisation maritime internationale)", conclut le rapport.

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